Cherry dreams

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Nostalgie d’une époque et d’une jeunesse dorée

Le Rockabilly est mort, vive le Rockabilly! Depuis une bonne décade maintenant, le rockabilly a le vent en poupe! Véritable résurrection des 50s, la génération des enfants nés dans les 70s ou 80s (ou encore plus tard!) ressent vivement la nostalgie de cette époque décrite par les grand-parents, période post-guerre d’abondance et de fête, de légèreté. C’est aussi dans les 50s que le culte de l’Amérique bat son plein en Europe et ailleurs, le jean devient archi-populaire, les pinups (images de femmes légèrement vêtues et séduisantes) envoûtent les soldats partis pour le Vietnam. Après le culte de la femme fatale dans les 40s, la femme devient plus légère, plus joueuse, plus libérée (cf Bettie Page!) Aujourd’hui, un tas d’évènements célèbre cette nostalgie des Fifties, j’avais défilé dans les superbes tenues de Daisy Cotton en novembre au Petit Brasseur, et tous les artisans venus exposer leur art célèbraient à leur manière cette période dorée.

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La  naissance de l’adolescence : des bagnoles et des filles

C’est aussi vers les 50s que le concept d’adolescence naît alors : les drive-in fleurissent, et pour pallier à l’ennui existentiel des jeunes, on va au cinéma, on boit des milkshakes, et on se roule des pelles à l’arrière des Buick et des Corvette.

Cette imagerie fut portée aux nues dans les années 70 et 80 dans des films comme American Graffiti (George Lucas), Rebel without a cause (Nicholas Ray), Cry Baby (John Waters), tous enrobés d’un relent nostalgique frappant.

Ce qu’il faut savoir c’est que le rockabilly est avant tout un style musical hybride, sous-genre du rock n’roll ; produit par le hillbilly, celui qui vit sur les collines, l’Américain average, dont les préoccupations principales toutes testostéronnées sont celles des voitures et des femmes. Elvis Presley demeure une des principales figures du rockabilly.

Always classy, never trashy, and a little bit sassy

Mais pour en revenir à la mode, côté femmes, on développe l’aspect burlesque, les couleurs marquées, le maquillage théâtral : trait épais d’eyeliner pour des yeux de féline, rouge à lèvres bien écarlate, boucles soignées, et couleurs sombres contrastées de rouge ou de bleu le soir. Du pastel, des chemisettes et des corsaires pour la journée. Le burlesque influence beaucoup la mode, et de nombreuses femmes portent des jupons pour accentuer les hanches, et des corsets pour affiner la taille.

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Au niveau des motifs, on retrouve souvent des fleurs, en particulier des roses, des pois, des carreaux (chemisettes), et des cerises. Les patterns rose et cerise étaient souvent utilisés par les marins et les soldats qui se faisaient tatouer dés les 20s. On pouvait les voir arborer des crânes, des oiseaux, des dagues et des coeurs… motifs que l’on retrouve à présent en abondance dans le commerce de niche rockabilly.

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La symbolique de la rose et de la cerise est intéressante, surtout replacée dans le contexte. Cette tenue a été pensée et créée par mon amie Daisy Cotton qui est actuellement en DTMS. C’est une tenue de soirée, une robe cocktail comme on aurait pu en voir dans les 50s. Ce qui est intéressant c’est d’imaginer la femme de l’époque, encore plutôt suffoquée par un patriarcat étouffant, et trouvant dans les sorties et la mode une forme de fantaisie et d’échappatoire réguliers. La rose (sur la tête) symbolise le désir romantique, sa couleur rouge ose peut-être esquisser une envie de passion? Les tulipes (la plupart du temps : des cerises) quant à elles, arborées en multitude sur la robe, signifient que le désir est à point, et que le fruit est mûr. Il n’y a plus qu’à le cueillir.

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J’ai voulu prolonger le registre 50s en chaussant mes stilettos à noeud vernies, 10cms de talon aiguille (chaussures que l’on peut trouver dans les shows burlesques) et  moderniser la tenue en apportant la fameuse pochette bisou pour rester dans une symbolique désirante et affichée. Enfin, les gants noirs, pour le mystère. La révélation se fait graduellement, point trop n’en faut.

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Si je n’évoque jamais la coiffure, c’est car je ne maîtrise absolument pas cet art, et le passe sous silence pour ne pas le massacrer !

Pourquoi au château?

On pourrait tout légitimement se demander pourquoi ce photoshoot sur le thème si folichon et léger des 50s se déroule au château? La raison nous en échappe un peu, mais je crois dans le fond qu’il s’y trouve la théâtralité nécessaire pour évoquer l’aspect tout dramatique renforcé par les couleurs, les formes et les poses. Nous parlons d’un style enterré il y a des décennies, mais qui revit depuis plusieurs années, comme les vieilles pierres de ce château revivent lorsqu’on les habite à nouveau… Rien ne se démode réellement, à partir du moment où l’on fait un effort de réadadaptation, et oui, j’ose le dire, si on sait incarner les valeurs et les idées propres à un style et une ère. En tout cas, voici ma vision de la lady des 50s qui profite de son moment hebdomadaire de gloire, toute vêtue de rouge et de noir, pensant secrètement aux idôles glamour de ces messieurs, mais n’en retirant que la sassiness, non la trashiness, voilà le mot d’ordre. Une plaisante récréation. Une invitation à venir faire éclore les fruits et les fleurs du printemps…

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Création
Robe, Jupon et Bibi confectionnés par Daisy Cotton

Accessoires
Escarpins Glitterati
Pochette Lesara
Gants Restyle

Photos
Frédéric Gentilleau

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