« I love Dick » ou comment trouver sa voie/x

« I Love Dick » décrit l’évolution d’un mariage, l’éveil d’un artiste et la déification d’un écrivain nommé Dick (Kevin Bacon, « The Following »). En adaptant le roman culte de Chris Kraus, Jill Soloway (« Transparent ») s’empare de la question du désir et du regard dans une oeuvre résolument mordante et féministe.

Photo Griffin Dunne, Kathryn Hahn

Le sypnosis

Chris est une cinéaste quarantenaire un peu en galère. Son dernier court-métrage ne sera pas diffusé, elle tente de percer dans l’art, mais c’est surtout aux côtés de son mari, Sylvère, qu’elle survit. Chercheur spécialisé dans l’esthétique du trauma, homme charismatique et plus âgé que Chris, elle vit un peu dans son ombre. Pourtant, lorsqu’un collectif d’artistes l’invite à Marfa dans le Texas, petite ville paumée mi-bobo mi-destroyed, elle décide de suivre son mari. Problème, elle est considérée comme « une distraction » et a un besoin existentiel de trouver sa voix, de la faire entendre, pour ne pas juste être une desperate housewife de plus.

Photo Kathryn Hahn, Kevin Bacon

Désir & Créativité

Lorsqu’un bel étalon au nom évocateur de Dick débarque (il n’est autre que le responsable du centre d’art et du collectif), Chris tombe littéralement sous le charme du cow-boy solitaire, et projette toute sa passion et son ardeur sur lui, après plusieurs années de perte totale de désir pour son mari. Le charmant Dick devient le réceptacle vivant de ses fantasmes. Sa sexualité dormante renaît de ses cendres, elle et Sylvère utilisent Dick pour rebooster leur vie intime, sans prendre la peine d’apprendre à le connaître. C’est alors que vient l’idée à Chris d’adresser des lettres d’amour, des lettres de désir à Dick. Libido et créativité fonctionnant ensemble, elle vit une période de total lâcher-prise et flow artistique continu, représenté par son étonnante capacité à être « wet » dés que l’art et le sexe s’entremêlent.

C’est une série sur le fantasme, l’objectification de l’incarnation de son désir, sur la muse masculine qui pose souvent bien des problèmes aux hommes (tellement pas habitués à être pris pour muses!), sur la créativité féminine, et surtout sur comment trouver sa voix/e en tant que femme artiste. Drôle, féministe, éclairante, cette série ne vous laissera pas insensible. (que vous aimiez ou non!)

Photo Kathryn Hahn

Une communauté artistique porteuse

Dans cette série, tous les personnages sont artistes, et l’on assiste à leurs questionnements, leurs méthodologies et cheminements propres en tant qu’êtres créatifs. C’est bien la première fois que je tombe sur une telle série, où l’on a réellement l’impression de faire pleinement partie de cette incroyable et bouillonnante communauté artistique. C’est tellement enthousiasmant et motivant que l’on se demande ce qui nous retenait jusque là de créer tellement cela semble être vital à chaque personnage. On va croiser une metteur en scène, une artiste-féministe-historienne-de-l’art-spécialiste-du-porno-hardcore, plusieurs chercheurs, des galeristes…

Je ne vous révèle pas la suite, il faut réellement aller voir cette première saison constituée de seulement 8 épisodes d’environ 25 minutes chacun (c’est binge watché en une soirée) !

Photo Kathryn Hahn, Lily Mojekwu, Roberta Colindrez

Quelques mots inspirants

Je vous laisse avec quelques superbes citations issues du livre de Chris Kraus I Love Dick. Je ne vous avais pas dit? Cette série est librement adapté d’un roman (lui même très autobiographique) de Chris ! Personnellement, je vais le dévorer !

 

“Female monsters take things as personally as they really are. They study facts. Even if rejection makes them feel like the girl who’s not invited to the party, they have to understand the reasons why.
… Every question, once it’s formulated, is a paradigm, contains its own internal truth. We have to stop diverting ourselves with false questions. And I told Warren: I aim to be a female monster too.” 

 

“According to Charles Olsen, the best poetry is a kind of schizophrenia. The poem does not « express » the poet’s thoughts or feelings. It is « a transfer of energy between the poet and the reader »

 

“It was written in the third person, the person most girls use when they want to talk about themselves but don’t think anyone will listen.” 

 

“Desire isn’t lack, it’s surplus energy – a claustrophobia inside your skin -.” 

Publicités

14 commentaires sur « « I love Dick » ou comment trouver sa voie/x »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s