Call me by your name

Call me by your name, c’est le nouveau film de Luca Guadagnino sorti le 28 février en France. Il raconte les amours éphémères de deux jeunes garçons le temps d’un idyllique été dans les années 80 en Italie. Elio a 17 ans et ses parents accueillent tous les ans de jeunes doctorants pour des stages d’été. Cette famille polyglotte est bercée par la culture : l’art, l’archéologie, la littérature, la musique, l’étymologie des mots les enveloppent et imprègnent leurs rapports au monde… Adapté du livre du même nom (que je n’ai pas encore lu !), apparemment Guadagnino réussit une très belle mise en scène, et son parti pris esthétique et sensible jette un voile de pudeur émouvant sur cette relation si spéciale.

L’hédonisme à l’italienne

– les repas en famille, l’Italie vivante

On retrouve tous les détails qu’on adore de l’Italie dans ce film : les petits villages sont plein de vie, la maison familiale accueille tous plein d’amis et de parents un peu alternatifs, esthètes originaux, très vivants, où l’on sent au milieu des années 80 une culture en transition : entre soif de liberté (les parents d’Elio sont très ouverts), et traditionalisme (la famille est servie par des domestiques qui incarnent un esprit  plus conservateur).

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– la nature

La nature y est superbe, verdoyante, les torrents, les rivières sont vivifiants… Cette nature a bien plus à offrir que sa seule beauté, elle est nimbée d’une signification philosophique et métaphysique…

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– l’abricot, la pêche, la sensualité

Il en est de même pour les éléments récurrents du film : les abricots, les pêches… autant de métonymies et de métaphores de la sensualité, de la jeunesse, de l’exploration sensorielle…

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Toile de fond esthétique & artistique

– découvertes archéologiques,  Praxitèle’s touch

C’est dans le sublime contexte de fouilles archéologiques dans le lac Garda que se déroule l’histoire : un couple est retrouvé, de rares statues antiques… Et ces corps parfaits symbolisent l’admiration d’Elio pour l’Adonis qu’est Oliver… représentation vivante du fantasme marmoréen de l’adolescent.

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– musique : Bach, Lizst…

La superbe musique classique jouée par Elio envahit la bande son, elle se retrouve mêlée aux hits pop italiens et français du début des années 80 et aux très belles chansons mélancoliques de Sufjan Stevens. La musique nimbe le film d’une délicatesse et d’une pudeur enchanteresse, qui se déposent doucement comme un voile de rosée sur ce bijou de sensualité.

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Toile de fond philosophique

– les lectures des Fragments d’Héraclite

Les lectures d’Oliver révèlent la psyché de son personnage : selon Héraclite, l’essence des choses se situe dans le changement, et non dans leur immobilisme. La métaphore de la rivière revient sans cesse, nous voyons les deux jeunes hommes se baigner au clair de lune, feindre la noyade quand la situation se bloque, etc. la rivière venant comme un prélude à l’acte amoureux, un préambule au changement prévu dans les scènes suivantes.

De même, ce fameux changement essentiel est une philosophie vécue par les personnages principaux. Elio expérimente plusieurs formes d’amours, Oliver change en profondeur mais sauve les apparences, un peu comme le père d’Elio (je n’en dis pas plus pour éviter les spoilers, mais le discours du père à la fin est juste magnifique et touchant…)

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– le mythe de l’androgyne chez Platon 

Mais pour moi le mythe qui enveloppe tout le film, c’est celui de la recherche de sa moitié, le mythe de l’androgyne chez Platon. Elio cherche à vivre « les choses importantes », ses connaissances de la vie ne sont pas suffisantes, il souhaite la vivre empiriquement cette fois. Le titre même est issu d’une citation : « Call me by your name and I’ll call you by mine » révèle cette envie de ne former qu’un, ce chiasme symbolise une forme de voeu, de mariage secret, où l’on ne s’échange pas d’anneaux, mais son nom, son identité, et l’on emporte une part de l’autre. Thimothée Chalamet joue très bien ce désir de fusion avec l’être aimé, comme s’il voulait ne former qu’un en l’agrippant, en l’étreignant, en se fondant en lui. Je crois que cette sensualité, ce contexte poétique et esthétique, m’a totalement envoûtée. Ce film est une pépite que je vous conseille d’aller savourer au plus vite !

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29 commentaires sur « Call me by your name »

  1. Je suis allée le voir 3 fois. Ce qui m’a permis de mieux l’apprécier car au 1er visionnage, je m’étais trop focalisé sur le bouquin à l’origine du film (que j’avais lu en anglais, excellent je le conseille) et du coup j’étais passé à côté de pleins de choses ! Timothée Chalamet est époustouflant, on comprend tout des sentiments de son personnage rien qu’à travers son regard !

    Aimé par 1 personne

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