Alternative School Girl : « I’m from the Ivy League »

Ici commence ma série de shootings en hommage à la ville qui m’a accueillie ces 5 dernières années. Mise à part ma ville de naissance, je ne suis jamais restée aussi longtemps où que ce soit. J’avais constamment une aventure à aller poursuivre ailleurs. J’ai toujours été une fervente citadine, toujours à vagabonder de jour comme de nuit, à m’enfoncer dans les caves, les bars et à rechercher l’insolite et l’inédit, souvent né de la friction avec l’inconnu, l’étrange et l’inhabituel. Ces rencontres ont fatalement été réduites en m’installant dans une petite ville en zone rurale, mais à ma grande surprise, elles ont aussi été plus solides et qualitatives. Alors aujourd’hui commence le début d’une petite série de shootings à la fois ootd et à la fois plus symboliques qui ont pour trait commun de tous prendre racine dans ma petite ville de campagne qui a été source de multiples rencontres et d’enseignements enrichissants.

Cette fois, j’avais envie de rendre hommage à une de mes maisons préférées, une sorte de grande longère aux volets rouges délavés et au lierre grimpant. L’endroit parfait pour m’inventer une histoire d’étudiante échappée de la Ivy League!

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L’alternative school girl est un mix entre Gossip Girl et Clueless qui rencontrent la star punk d’instagram Luanna. Un style preppy mâtiné de hardrock. Quand un étudiant de Harvard la journée joue aux Drag Queens le soir!

    

L’intérêt majeur de la mode est de pouvoir devenir absolument qui on veut. De faire de sa réalité interne une réalité externe qui devient alors visible aux yeux de tous. Une façon enfantine et séduisante de se faire croire tous les plus jolis mensonges en les faisant croire d’abord à autrui. Un talent de prestidigitateur!

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« Il y a là pour les philosophes eux-mêmes un vertige qui est le vertige de la dialectique. Parce que l’être est l’opposé de l’apparence, mais aussi n’est pas autre chose que l’apparence, une certaine modalité de l’apparence. C’est donc cette fragilité intrinsèque à l’être qui justifie l’invention d’un terme qui réunit l’être et l’apparence, le terme de semblant»
Miller

Lorsque quelqu’un m’octroie, séance tenante à la vue de quelques billets ootd, le qualificatif de « superficiel(le) », dans mon courroux justifié se loge aussi une forme de satisfaction. Pourquoi s’évertuer à tout scinder en terme de profond et superficiel, essentiel et superflu, quand les deux univers ne cessent de converger, et disent de l’un comme de l’autre, tout ce qu’il y a à savoir? Face à ce voile de constructions imaginaires qu’est l’apparence et la mode réside une interrogation : serez-vous prêts à le décrypter? Si le plaisir n’est pas au rendez-vous, autant passer votre chemin! Grand bien vous en fasse! La mode est avant tout une affaire de sémiotique. Et en chaque « spectateur » sommeille un sémioticien. Encore suffit-il d’avoir le désir de le réveiller. Quoiqu’il en soit, au mot « superflu », j’y apposerai implacablement et invariablement l’adjectif « essentiel ».

En guise de conclusion, un superbe résumé des raisons pour lesquelles lorsqu’on s’intéresse à la mode et au costume, plusieurs mondes s’ouvrent à nous, et notre personnalité, dans ce qu’elle a de plus enfantin, ludique et imaginatif, va pouvoir s’épanouir au plus haut point, de toutes les manières les plus créatives et profondes possibles.

« […] on retrouve ici la fonction rassérénante de tout système sémantique ; en nommant le jeu vestimentaire (jouer à la jardinière, un faux air scout), la Mode l’exorcise ; le jeu du vêtement n’est plus le jeu de l’être, la question angoissante de l’univers tragique : il est simplement clavier de signes, parmi lesquels une personne éternelle choisit l’amusement d’un jour ; c’est le dernier luxe d’une personnalité assez riche pour se multiplier, assez stable pour ne jamais se perdre ; ainsi voit-on la Mode « jouer » avec le thème plus grave de la conscience humaine (Qui suis-je ?) »
Barthes

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Lieu
Bressuire

Tenue
Pull volanté, H&M
Jupe en similicuir, Boohoo
Chaussures compensées, H&M
Bas en résille, Calzedonia
Boucle d’oreille Chauve-souris, A mon seul désir
Sac à dos fleuri, petite boutique à Saint Gilles Croix de Vie
Bagues, Claire’s & bague fait main
Croix, H&M

Photos
Pierre

Au croisement des éléments

A l’occasion des vacances s’approchant à grand pas et par grand besoin de décompresser pour certains, nous sommes partis une journée à Noirmoutier entre amis. Au-delà de la torride torpeur qui nous fit explorer avec d’autant plus d’ardeur la fraîche vasteté océanique pour ne faire qu’un avec TOUS les éléments, nous avons pu vadrouiller comme des touristos et expérimenter la marée montante. Un paysage et des sensations uniques (bien que moins épiques que ce que l’on peut se représenter puisque nous ne nous sommes pas frottés à la possibilité de se laisser emporter comme des méduses échouées).

Le blog a fêté il y a peu son premier anniversaire (such a baby), et c’est sans préméditation aucune que la boucle a été bouclée : je porte aujourd’hui la même tenue que lors des premiers shootings réalisés avec Jim à Perpignan. La synchronicité est au rendez-vous pour ceux qui la cherchent!

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Il s’agit ici de la robe foulard de chez Asos, toute en légèreté et en sophistication aux accents 70s. Coiffée d’une capeline noire, tartinée de crème indice 70, et me promenant avec mon immense parapluie, mes amis m’appellent « la Japonaise » ou « Claire-Mary Poppins »!! La diaphanéité est à la fois une bénédiction et une malédiction. Venant d’une contrée chaude et méditerranéenne, c’est un pur comble de craindre autant le soleil, mais il en a toujours été ainsi, et je ne tiens pas à partir en lambeaux dés les premiers jours d’été. Ceci dit, j’aime cultiver ma pâleur aussi, et sais que cela prendrait bien trop de temps pour moi de choper ce petit hâle doré qui sied si bien aux blonds ou aux yeux clairs. Alors je préfère rester sur des valeurs sûres! Pale & Proud!

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Pour ces photos, nous nous sommes aventurés là où la marée monte ostensiblement (jusqu’au niveau de ma tête) en prenant des airs de déesse du vent : Eole au féminin (Aura par exemple, la déesse de la brise). Il y a autre chose qui me fascine dans ce paysage :  c’est la verticalité de cette échelle qui pourrait évoquer le pole dance de la mer!

Face à la légèreté de la brise, l’aspect vaporeux du tissu qui flotte dans les airs et la chaleur intense du soleil qui darde ses rayons, j’ai eu envie de revenir sur les éléments naturels dont nous nous sentons les plus proches. Le feu et l’air sont deux éléments qui m’ont toujours portée. Le feu pour l’énergie, la flamme de la connaissance et de l’enthousiasme. L’air pour le désir d’expansion, la communication, la curiosité et l’attrait pour l’intellect et l’art. Le feu aussi pour le tempérament sanguin, colérique, impatient, trop intense, peu discret, sans compromis. L’air aussi pour la haute tendance à la dispersion, à la difficulté de finir les choses, au désir de rester à la surface et de simplement goûter à tout.

A l’orée de cette période estivale qui se profile mouvementée, je réserve quelques journées pour des shootings dans des lieux graphiques, sculpturaux et épiques. Je brainstorme actuellement sur les symboliques des endroits sélectionnés, les images qu’ils m’évoquent, et je réfléchis aux tenues les plus adéquates pour véhiculer au mieux les idées et les visions qui me traversent. Je me rends compte que la dimension poétique, psychanalytique et mystique est souvent présente, même si elle ne se perçoit parfois qu’en toile de fond. Tout ce que je fais aujourd’hui semble tendre vers l’équation parfaite de tout ce que j’ai appris et aimé les 25 premières années de ma vie. Depuis quelques temps, je brainstorme, mets en forme et accouche des concepts qui m’ont portée jusqu’ici. Autrefois ma faim pour le mystique était vive et dévorante. Depuis 5 ans, elle s’est comme amenuisée, je pense en partie car la mise en action des rêves et des concepts s’est inéluctablement produite au moment fatidique du passage à la vie active. Mais ces aspirations passées refont surface comme la marée ne cesse de regagner la rive : notre passé, depuis les premiers âges, est une source incommensurable d’inspiration qui forge les adultes que nous sommes. Même en panne d’inspiration, on peut toujours compter sur ce trésor inestimable qu’est l’enfance pour y trouver des pépites à exploiter, à développer, à magnifier. On grandit en pensant que les mondes ne se rencontrent jamais, que si l’on est scientifique, on ne sera jamais littéraire et vice-versa. On grandit en pensant que l’on ne peut être mystique et rationnel, poète et manuel, sensible et abrupt. Pourtant, ces univers se rejoignent en tout point et ne devraient jamais être séparés. La mise en mots initie implacablement la séparation des intentions et des émotions. La verbalisation est une étape qui prononce la fin de l’égocentrisme, du moi-noyau de la terre. Elle est vitale. Mais il est nécessaire que chacun s’évertue à reconquérir ce sentiment d’unité entre les choses et les idées, et cela passe souvent (me semble-t-il) par cette période de premier bilan de vie que font les hommes et femmes à l’approche de la trentaine. Où veux-je vivre? Quel style de vie me correspond le mieux? Est-ce que je veux fonder une famille ou continuer à explorer? Se poser ou être nomade dans sa tête? Quelles personnes m’influencent positivement? Quelles personnes doivent dégager? La trentaine est cash. La vingtaine est placée sous le signe de la découverte, de la recherche personnelle. Mais la trentaine c’est le premier vrai couperet qui tombe. C’est aussi la confiance gagnée avec les foirades cumulées de la vingtaine. Les premières « grandes » leçons de vie tirées. A 20 ans on croit, à 30 ans on sait. (On pense savoir!) En tout cas, à 30 ans, on ouvre sa gueule, on trace son territoire. Le premier voile des illusions a été levé. Les rides commencent à apparaître, à se creuser, mais on se sent délesté. Délesté du regard d’autrui, de son jugement, on n’y accorde presque plus d’importance. Notre flèche de feu se réveille, et on la pointe dans la direction souhaitée. Ce n’est plus de l’ordre catégorique et naïf de « je veux être écrivain, je veux être docteur ». L’identité n’est pas préalable à la construction, elle s’acquiert graduellement. A 30 ans on se demande davantage de quoi on a envie : « la mer? trois gosses? la campagne? un gosse? la ville? l’ovarectomie? » et on compose sur le tas, sachant que ce sont nos envies si particulières, si précises, qui vont faire de nos vies des vies uniques et originales.

Photos
Shems & Cassandra

L’image de la femme dans la culture POP

En 10 ans la notion de « Pop Feminism » a totalement été démocratisée dans le monde de la musique. Le corps de la femme a été grandement exploité dans les clips musicaux. Je ne dirais pas révélé, car les années 80 ont fait tout le boulot de ce côté là… Mais depuis moins d’une dizaine d’années règnent plusieurs courants divergents au sein même de la culture pop : d’un côté le corps de la femme est prostitué, totalement objectifié, et souvent auto-objectifié, d’un autre, on revendique un vrai pouvoir à travers l’étalage de ses atouts corporels. Au coeur même de cette ambivalence est né le concept de pop feminism.

Un message simpliste mais libérateur 

Lorsque des artistes comme Beyoncé &co chantent « Who run the world », soudain ce message over simple devient un hymne, une façon de populariser la question de la place de la femme. Non, elle ne sert pas qu’à agiter sa gelée. Big move quand même depuis la fin des 90s quand on y pense. Beyoncé présageait déjà de ce désir d’affirmation dans des chansons comme « Survivor » ou « Independent women » avec feu son groupe les Destiny’s Child.

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Beyoncé, « Who run the world »

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L’illusion (auto-entretenue) du triomphe féminin 

Adulées par les jeunes filles et jeunes femmes, Beyoncé, Katy Perry et tant d’autres représentent souvent des modèles à suivre. Lorsque Beyoncé exhorte les filles à s’affirmer (notamment en reprenant les termes d’Adichie, essayiste et romancière activiste luttant pour les droits de la femme, lors d’un de ses concerts), on voit ça comme une forme d’assertion pop féministe, qui ma foi, ne fera pas de mal aux jeunes femmes engluées dans des considérations populaires et souvent très commerciales. Cependant, certaines jouent avec une certaine polysémie visuelle qui peut être facteur de confusion pour de nombreux spectateurs. Prenons l’exemple ultra flagrant de « California Gurls » de Katy Perry. Dans le clip, Snoop Dogg joue le rôle d’un personnage omniscient, un dieu ou Dieu lui-même pour faire court. Au-dessus des nuages, il s’essaye à une partie d’un jeu de société pop et coloré. Lorsqu’il lance les dés, nous entrons dans le microcosme du jeu, et les personnages prennent alors vie. L’équipe des « garçons » s’oppose ainsi à celle des filles.

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Les femmes débarquent de plusieurs manières : dans des bulles de chewing gum, emprisonnées dans de la gelée… Dans tous les cas, il appert qu’elles ne sont pas libres, et nécessitent l’aide de Katy pour les délivrer…
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Mais Snoop joue avec leurs destins et sème leurs cheminements d’embûches! Tour à tour, Katy et Snoop se volent le pouvoir en grignotant métaphoriquement et matériellement du terrain. Katy et ses copines dévorent notamment un bonhomme en pain d’épice pour asseoir leur puissance. Le code est celui de la gourmandise, de qui mange qui et comment.
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Lorsque Katy s’aventure à l’extérieur pour atteindre les nuages, elle doit grimper le long d’un immeeeeense sucre d’orge en forme de serpent… Les métaphores liées à la masculinité sont très présentes, et peuvent toutes être associées à une idée de verticalité, de pouvoir, de tentation, de connaissance, de maîtrise, d’ascendance et de souveraineté. Les métaphores liées au monde féminin convergent autour de l’emprisonnement, du plastique / de la plastique parfaite, toutes corollaires de l’archétype de la jolie petite fille perdue à guider.
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La scène fatidique demeure celle de la grande battle avec le rappeur. Katy Perry, vêtue d’une tenue des plus hot, s’arme de deux bombes chantilly qu’elle clipse sur sa voluptueuse poitrine et assène son adversaire de jets mortels de crème fouettée. Snoop s’avoue vaincu et on voit les filles secouer leur gambettes, bikinis/ventres contre sable, sur une plage de sucre (ou de coke?) immaculée où Snoop Dogg est enterré jusqu’au cou, incapable de bouger mais pas si mécontent, pas si mal entouré.
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Revenons sur la richesse visuelle de cette scène finale. D’un côté, la victoire féminine semble obvie : les femmes paradent, on l’a vu, Dogg est à terre, plus bas que terre ; clairement assiégé par ces belliqueuses (sexy) amazones. D’un autre côté : avec quelles armes Katy Perry vient-elle à bout du Dieu rappeur? Avec des putain de bombes chantilly. Dans le registre phallique subtil, je crois qu’on pouvait pas trouver mieux. Ce qui semble être a priori ses armes féminines (boobs) sont en fait le support accueillant l’extension masculine. Si les femmes ont le dessus sur les hommes, c’est juste pour rigoler, le temps d’un jeu rappelons-le. Les vraies armes, on le sent bien, sont masculines. La teub est reine et les femmes s’y soumettent (cette plage immaculée était peut-être une grande étendue de foutre?)
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KP révèle dans ses clips sa relation ambiguë à l’autorité et aux hommes dans le cadre des jeux de pouvoir genrés. Son dernier clip témoigne aussi de cette ambivalence que je trouve fascinante : « Bon Appétit » est la métaphore de la consommation masculine du corps de la femme. Elle est objectifiée, touchée, pétrie, consommée à loisir. Elle offre sans broncher sa plastique irréprochable aux hommes sur son chemin, à l’instar des gamins se faisant bouffer par la machine à saucisses dans « The Wall » de Pink Floyd. On lui coupe sa chevelure comme on ôte la force à Samson. On la domestique, on la soumet aux désirs du mâle. Mais le final prouve le contraire : de cette coupe masculine, elle tire son nouveau pouvoir et sa puissante féminité qui envoûte les hommes assistants à son show. Elle chevauche le pole comme on chevauche le tigre. Les dernières secondes révèlent un aperçu rapide du massacre. Dommage que cette partie ait été « censurée » / non développée. Là où dans « California Gurls » elle gigotait son boul, toute excitée à l’idée d’avoir vaincu son ennemi mâle (lui même pas mécontent de s’être fait pécho), dans « Bon Appétit », elle ose enfin une rébellion sensée et violente, à l’image de la violence subie tout au long du clip.
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Entre mercantilisme et féminisme : l’ambiguïté intriguante

Ce que j’aime chez Katy ces dernières années, on peut aussi le retrouver chez Lady Gaga, à l’apogée de sa carrière. Dans « Bad Romance », elle incarne diverses figures de la femme qui se font d’une manière ou d’une autre, toutes sauvagement exploitées par l’homme : une Marilyn Monroe/Barbie aux grands yeux de biche inoffensive, prisonnière de sa baignoire et qui finit par se faire droguer, un ange déchu qui contemple le désarroi en pleurant, une prostituée de haut rang piégée dans un écrin de diamants flottants vendue pour 1 000 000 $ aux enchères.
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Sa revanche face au comportement carnassier de l’homme 2.0, c’est l’épouser, le dompter (les métaphores autour de la domination pullulent) et lui foutre le feu. Métaphoriquement comme physiquement. Cette fois-ci en utilisant une véritable arme féminine de séduction et de destruction : les seins lance-flammes.
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La relation entre prostitution, argent et pouvoir est assez nébuleuse et montre que la femme est soumise aux mêmes désirs que l’homme en un sens. Au niveau méta, outre le placement de produit pour de la vodka, Gaga est nue 90% du temps dans le clip. Pas nue de manière à attiser le désir masculin, sauf dans la scène de chasse prénuptiale (vente aux enchères où elle se vend pour mieux se venger), mais nue ou légèrement vêtue à la Gaga, c’est-à-dire de manière étrange, extraterrestre presque, au-delà de la notion de féminité, quasi monstrueuse. Ne sort-elle pas d’un cercueil en pvc blanc, aveugle et dansant comme un monstre aux membres disloqués au début? Conséquemment, l’idée souveraine ici est que la femme peut et doit utiliser ses charmes pour arriver à ses fins, même si dans le fond ce n’est pas une vraie « salope », juste une femme souillée en mal de vendetta. Le seul problème c’est que jouer de ses atouts est souvent la seule issue présentée par les chanteuses « pop féministes »…
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Evocation de l’intime : instauration d’une nuance essentielle

Alors que Katy Perry et Lady Gaga jouent le jeu du mâle dominant, adoptent ses codes mais les détournent habilement tout en laissant s’infuser l’idée que le sexe est un champ de bataille, et qu’il est temps de prendre les armes, FKA Twigs adopte un tout autre discours qui me touche tout autant si ce n’est plus. Elle évoque la confusion et la fragilité des affects au coeur des entrelacements amoureux. Il n’y a pas toujours un bourreau et une victime, même si nos relations semblent parfois imprégnées par un schéma social tout à fait binaire. FKA se penche dans « Pacify » sur la porosité des frontières entre souffrance et plaisir, soumission volontaire et involontaire. Le clip en noir et blanc dramatise la relation entre elle et un homme (mastodonte qui pourrait la pulvériser comme une noix) qui oscillent en permanence entre l’étreinte et l’étranglement.
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Elle est assujettie à cette étreinte létale et ne semble pas pouvoir/vouloir s’en défaire. Je crois que la nuance se situe justement dans le pouvoir/vouloir qui demeure, et soyons assez honnêtes pour l’accorder, si brumeux pour la plupart. Nombre de couples rêvent d’une prison dorée, et ce besoin primaire de sécurité n’est pas à prendre à la légère. Cependant, il entre souvent en interaction avec celui de la possession et l’amour ne pourra jamais être défini par cette dernière. C’est au contraire être capable de libérer autrui. Derrière ces comportements réside la peur de tout perdre, de se retrouver seul. Mais c’est une phase nécessaire pour conquérir le territoire physique et psychique qui nous appartient. Si MIA dans « Bad Girls » roule comme une dingue avec ses copines au milieu du désert en se targuant d’être une « bad girl » et d’accélérer comme elle le souhaite à tout moment quitte à mourir jeune, (autant mourir bien), elle souligne l’importance de prendre ses propres décisions comme une femme indépendante (qui n’a pas nécessairement besoin  de marchander son corps pour ce faire). En reprenant tous les codes des gangsters, des hommes conquérants, elle s’affiche comme une femme de pouvoir, la voiture étant la métaphore de son libre arbitre, et de sa liberté de changer de direction à tout moment, même de manière extravagante. Ce sera au mec de la suivre s’il le désire.
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Pour finir, je ne suis pas opposée à l’idée de gagner du pouvoir en utilisant ses agréments féminins. Bien au contraire, je ne pense pas que ce soit particulièrement plus dégradant qu’une autre activité. Pourquoi faire du corps et de la séduction un tel tabou? Les deux partis auront bien ce qu’ils veulent à la fin. Que les bigots et les bégueules calment leurs ardeurs pudibondes sur le champ! Mais penser que SEUL le pouvoir du corps peut permettre à la femme de réaliser tout son potentiel charismatique / décisionnel, c’est une idée tant réductrice et limitative qu’elle me fout de l’urticaire. Autant pour les hommes et leur vision de la femme que pour les femmes et leur vision d’elles-mêmes. Réduire son pouvoir d’action sur le monde à son cul, c’est juste une insulte à la vie. Décider que son cul a du pouvoir, oui. Décider que seul son cul a du pouvoir, plutôt crever.

18 ans, une caisse, un pel, la définition du bonheur?

Suite à de nombreuses conversations avec des collègues profs et des réflexions personnelles mises bout à bout, je me suis dit qu’il était grand temps de pondre un article résumant une certaine ambiance que je ressens ici depuis quelques années, comme une sale présence méphitique, un nauséabond changement de paradigme. Pardonnez tout de suite les accents vieille conne que cet article pourra prendre de temps à autre, cela s’explique par mes frustrations personnelles et ma tristesse face à la grande vacuité laissée par l’admiration de bébés mares sans profondeur que l’on appelle réseaux sociaux, culte de l’image, et superficialité des relations. Je m’explique.

Des générations de plus en plus matérialistes

Je suis prof depuis 5 ans et je note depuis ces quelques dernières années une progressive évolution dans le sens d’un conformisme rampant et d’un matérialisme de plus en plus prégnant. Vous allez me dire : qu’est-ce que tu racontes la vieille, tu peux parler avec ton addiction aux réseaux sociaux, à l’image, et aux pompes extravagantes (notamment). Avant de me faire houspiller, je veux évoquer ici la relation au matérialisme dans ce qu’il a pour moi de plus puant, c’est à dire, une relation de confort avec une grosse couche bien trop serrée pour les gros bébés que nous sommes et dans laquelle nous pataugerions dans nos excréments de peur face à l’immensité et la poésie du monde prête à s’offrir à nous et qui n’attend que nos yeux, notre sensibilité et notre vivacité d’esprit. (les pompes extravagantes c’est de la poésie ambulante pour moi).

J’ai fait plusieurs constats, que l’on pourrait regrouper en plusieurs sous-parties :

– l’extinction graduelle de la folie (corporelle et mentale)
– face à l’immensité du monde à présent dévoilée : le refuge dans le cloisonnement (la culture de l’avoir, l’accès à la propriété)
– l’inpopularité montante des formats littéraires confessionnels 

– les outils d’apparente libération à double tranchant (la voiture, la paye régulière)

– L’extinction graduelle de la folie (corporelle et mentale)

Il y a 5 ans, je débarquais dans un lycée d’art un peu foufou avec des tags superbes arborés sur les murs, des jeunes gens habillés de manière excentrique et détonnante face au sérieux des professeurs : des goths, des punks, des hippies, des normaux, des trashy, des slutty, des bobo, des catho, bref de tout. Et je trouvais ça génial! Dans les années 2000 c’était encore plus accentué, on osait les expérimentations artistico-vestimentaires, et on était portés par des idées et des idéaux. Pas tous, mais quelques uns remarquables, et c’était déjà bien. Je me souviens il y a 5 ans d’une incroyable classe que j’ai eue, avec des élèves aux personnalités et aux univers très marqués, très ecclectiques, et certains fous de l’esprit, qui s’aventuraient à des expériences osées et rebelles dans ce qu’il y a de plus noble. Je me rappelle encore d’un after profs et élèves après un bal de promo ou un élève fut assez dingue pour tenter un lapdance. Je ne me suis jamais dit qu’il était mal élevé, inconscient, irrespectueux. Après avoir explosé de rire, je me suis dit qu’il avait de sacrés balls de tenter un truc pareil, et que l’autorité et le sérieux pouvaient bien aller se faire voir, que laisser parler ses envies et sa folie, c’était certainement le plus important. Je n’ai plus jamais vu une telle folie réémerger depuis. C’est comme si la seule attitude viable face aux tabous sociaux et aux interdits était le râle, le renâclement, et la fuite. Aujourd’hui, les attitudes ont énormément changé. Très peu de jeunes (15-20 ans let’s say) semblent porter leurs balls. Ils naissent vieux. Ils naissent avec le monde à leurs pieds, le monde entre leurs mains. Alors face à la pluralité des choix, ils préfèrent certainement l’assise matérielle. Je pense que cette attitude assez populaire aujourd’hui reflète un vrai besoin existentiel de rattachement à la matière, à un lieu, à une fonction, un garde-fou face à l’eventuelle dispersion que le monde offert sur un plateau pourrait susciter en nous.

– Face à l’immensité du monde à présent dévoilée : le refuge dans le cloisonnement (la culture de l’avoir, l’accès à la propriété)

Mais ce n’est qu’une image. Le monde offert sur un plateau reste à conquérir. Il ne demeure qu’un fantasme lointain. Mais pour beaucoup, entrevoir son immensité peut provoquer le vertige. Ils ne désirent certainement pas aller plus loin, se réfugiant alors dans l’avoir et dans la sédentarité, rassurante mais sclérosante. Nombre d’entre eux ne semblent désirer que du pur matérialisme : le téléphone haut de gamme, la bagnole (et si possible pas trop dégueu), bavent devant un machinMAC ou MACmachin, seraient-ils devenus les prostituées des MACquereaux de l’Avoir? L’Avoir pour se diluer dans la question de l’Être c’est bien connu. Mais corrélé à ce cumul d’objet hightech (l’avoir pour être, ou l’avoir car l’être ne semble pas faire partie du paysage), se trouve la négation de toute forme de culture de l’Être. La réflexion, la poésie, la confession et l’écoute, le questionnement personnel semblent être exclus de nos modes de vie actuels. Il n’y a plus de place pour ça, l’injonction à la consommation est bien trop prévalente. Et si en plus de l’absence de place pour cultiver ses réflexions, on y attache la peur de sortir de cette bulle d’avoir, on est sûrs de se forger une prison dorée pour la vie. Pour moi il y a une forme de « piège » à l’accès à la propriété. Je pense qu’il faut être prêt à cela, et il faut être surtout aux aguets. Une fois installés, beaucoup s’enlèvent automatiquement une salve de permissions, car ils se retrouvent pieds et poings liés à quatre murs. A payer. A entretenir. A vénérer. La maison représente à outrance une forme de divinité pour beaucoup. Elle rassure (comme la prière du soir), elle abrite (le royaume divin), elle empêche d’explorer plus avant les territoires inconquis. (les oeillères du culte) Territoires physiques, mais bien sûr territoires psychiques aussi.

– L’inpopularité montante des formats littéraires confessionnels

Ainsi, bercés par la sphère de l’avoir, ensevelis sous des kms d’images, l’attention portée au Verbe, à la pensée et au raisonnement semble s’être évaporée. Ecrire, réfléchir, oser réfléchir différemment, perturber un peu son schéma d’apprentissage et de vision du réel, lire, écouter d’autres interprétations, au moins les entendre… ce n’est plus du tout en vogue. Cela n’a jamais vraiment fédéré la jeunesse, mais il est clair que ça se perd de plus en plus. Il y a 12 ans, je tenais un blog de nature littéraire / poétique et confessionnel. A l’époque, peu de gens « avaient » un blog, et les réseaux sociaux n’existaient pas encore réellement. Je me souviens qu’il n’y avait quasiment pas de photo (je venais de m’acheter un réflex argentique, je ne voulais absolument pas d’un portable, et je ne savais pas me servir d’un scanner!), et quasiment que du texte : surtout de la poésie, quelques courtes nouvelles et des billets d’humeur un peu extravagants sur le fait de se retrouver à apprendre par coeur des textes de Pline et d’autres joyeusetés en latin à l’approche du bac. Ce blog un peu « brut » mais arborant des teintes crépusculaires (bleu nuit et violet je me souviens), attirait un petit public qui commentait, rebondissait sur les idées, engageait des débats… Tout cela sans l’aide des réseaux sociaux et des forums. Juste de la barre de recherche Google. A présent les blogs confessionnels ou pire de poésie sont totalement évités, oubliés, moqués, rangés au placard. Plus personne ne lit de la poésie, alors encore moins de la poésie sur des blogs! Il faut dire qu’un moment donné, poésie et blog rimaient avec niaiserie et analphabétisme… no wonder! (#skyblog) Aujourd’hui je vois bien qu’une énorme majorité des jeunes se contrefout de ces questions, et ne semble rêver qu’à travers l’acquisition d’une chose. L’immatérialité, la poésie sous toutes ces formes, le laisser-aller à quelque chose de plus grand, de plus transcendant que notre quotidien, est perçu comme une forme d’extravagance. Les rêveurs sont mis au bûcher, crucifiés par une horde de petits gestes insignifiants mais qui finissent par peser comme d’énormes clous rouillés : regards en biais, rires narquois, total désintérêt affiché saupoudré d’un jugement ontologique : il ou elle est bizarre. Il ou elle ne sait pas ce qu’est la « vraie » vie. La poésie et la rêverie finissent tout simplement par mourir, par être enterrées par ces micro-jugements quotidiens, ces bébés lacérations de nos soupapes personnelles et de nos aspirations spirituelles. Au final, il n’y a plus d’oxygène. Juste un monoxyde délétère que des cons respirent depuis toujours et qu’ils condamnent l’univers à respirer aussi. Si moi je n’ai pas accès au transcendant (parce que je ne sais pas comment, parce que je ne suis pas encore assez mal, parce que je suis un bon teubê de base) alors toi tu n’y auras certainement pas accès non plus.

– Les outils d’apparente libération à double tranchant (la voiture, la paye régulière)

Décès de la liberté. Echec des alternatives. Dans un monde où la matière et le corporel sont maîtres, la liberté n’est vue que sensoriellement. Et quel moyen permet d’atteindre cette sensation de liberté mieux que tout? La voiture bien sûr. La voiture, si pratique, si belle, si poétique aussi, devient rapidement un piège. Elle condamne des milliers de personnes à se contenter de ce qu’elles ont. A rester là où elles sont. A accepter des jobs pourris, mais accessibles en voiture, pour ne pas changer d’air, pas changer de ville, de paysage. La voiture, c’est une bonne grosse illusion de liberté. C’est la liberté de rester con surtout. C’est l’assurance que les fossés culturels, géographiques, esthétiques et ontologiques ne seront jamais dépassés, car il n’y aura jamais confrontation. Jamais frottement entre deux plaques, jamais érosion et transformation. C’est la crasse intellectuelle roulante maquillée de liberté sensorielle. Et souvent la voiture vient avec le job. Le job parfois loin, encore plus asservissant par là même, le job débilisant, le job répétitif, mais le job qui paye. Et la paye, c’est les barreaux de la prison dorée.

Rester dans les pattes de nos parents quand on a 18 ans, rester proches de cet univers de lessive et de plats préparés en s’asujettissant à un emploi dégradant qui ne demande en rien d’utiliser son cerveau ou sa créativité pour mieux entretenir quatre murs qui nous entravent et nous lient 30 ans minimum à un lieu, c’est de la folie. De la folie dissimulée sous le voile bienséant collectivement posé de la dite Raison. C’est du meurtre. De l’assassinat de rêves de gosses et je dis NON.

Les réseaux sociaux : responsables? 

L’univers à portée de main. L’univers dans ce qu’il a de plus vaste et vertigineux. La peur face à cette pluralité de choix. Alors au lieu de proactivement choisir ses centres d’intérêt, on se laisse aller à ce que nous propose la facilité : l’environnement proche et les médias proches (la tv proche physiquement, les contacts proches même via réseaux sociaux). On assiste à l’ère de la glorification des plus gros connards de l’humanité, des plus gros naz et nazes qui n’ont qu’à agiter leurs seins et leurs biceps gonflés, qu’à brandir la turgescence qui leur sert de personnalité. C’est le retour des freak shows. Vilipendés, raillés mais secrètement admirés. Les neurones s’amoindrissent alors. Le bleu du ciel ne semble même plus accessible. Sauf derrière un écran. Il n’y a plus de place, plus de temps pour explorer nos envies, nos peurs, nos folies. Plus assez d’audace. Le temps c’est de l’argent, et le temps manque. Le job débilisant nous prend notre temps. Après il faut se reposer le cerveau. Oublier qu’on nique sa vie. Qu’on doit rembourser un ou plusieurs crédits. Que du coup, s’oxygéner, prendre des risques, s’aventurer devient de plus en plus rare, difficile. Mais on peut encore admirer ceux qui le font… Alors ça devient assez. Quand est-ce que nos exigences envers la vie et nous-mêmes sont devenues si basses? Si piètres? La fainéantise finira par nous enterrer. Bien plus tôt que prévu. Et merci mais non merci, je préfère être une éternelle insatisfaite, une rêveuse invétérée qui n’a sûrement pas les pieds sur terre qu’une réaliste qui a perdu l’espoir et qui a une image si triste de la vie qu’elle n’inclut aucune forme de création et d’audace.

La robe dans les étoiles

Pour moi, la robe étoilée correspond à deux catégories de filles : la fêtarde et la poétesse. La première fait de sa vie une série de mini explosions, de pétulances et de pétillements divers qu’elle porte sur elle : let there be light!

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La deuxième cherche dans le défilement des astres (tel un fashion show improvisé et hasardeux) une réponse et un écho à ses questionnements. Sa came c’est le cosmos.

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Je suis à la croisée des deux catégories, et j’aime l’imprimé étoiles pour des tas d’autres raisons que j’explique plus ici (« L’avènement de l’imprimé étoilé).

Ce que j’aime dans cette robe : la fluidité et la transparence des manches qui confèrent un aspect doux et romantique à la robe ; les sequins étoilés qui  selon la distance et l’angle auquel on les observe, brillent ou resplendissent, jusqu’à une fois loin, ne se résumer plus qu’ à de petits points de lumière. J’apprécie de même la coupe flatteuse, l’aspect « lose » du bas que l’on peut faire voleter et ondoyer à loisir. C’est autant une robe du soir (accompagnée de jolis escarpins) qu’une robe de jour (avec des bottines  et un gilet par exemple). 

Le sac doré et son design épuré permet de finir la tenue. Enfin, la déclinaison or se poursuit même jusque dans le choix du parfum. Moi qui suis accro aux parfums boisés et orientaux, assez masculins (à l’instar de ceux là), j’aime ce superbe EROS de Versace, beaucoup plus citronné, floral, et qui conserve cependant une note boisée ; il est parfait pour le printemps et l’été.

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La fête est déjà terminée, mais on se retrouve très vite!
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Tenue 

Robe, French Connection (FCUK) : le haut fait d’un tissu similaire est trouvable chez Asos et pour shopper une robe dans le même esprit : Rosegal
Sac, Mango (dans le même esprit)
Parfum, Eros pour Femme de Versace

Inspiration


La Nuit Etoilée, Vincent Van Gogh

Cette oeuvre est souvent vue comme confirmatoire de l’état dépressif et suicidaire du peintre, mais je n’aime pas cette vision trop caricaturale à mon goût… peut-être était-ce le reflet d’une « psychologie perturbée » (cette expression inonde la toile et m’énerve), mais j’y vois quelque chose de beaucoup plus beau que cela : ce paysage nocturne était ce qu’il apercevait depuis l’asile dans lequel il séjournait dans le sud. Et cette vision avait quelque chose de transcendant. Soudain, on sent que le royaume de la nuit prend le dessus sur celui du jour, et le village endormi se retrouve baigné dans une lumière surnaturelle et cosmique. Les étoiles éclatent dans des formes de spirales enroulées sur elles-mêmes et projettent toute leur luminescence sur la petite ville. Le cyprès prend des formes totalement burlesques de flamme noire puissante et mystérieuse. Il crée un pont entre la terre et le ciel, et ce ciel se veut sublime. Pour moi, ce tableau c’est se confier aux mystères de la nuit, c’est désirer l’au-delà, désirer le sublime, et laisser son esprit galoper quand l’enfermement est notre lot.
Je pense que nous devrions à travers tous les aspects de nos vies, désirer le sublime autant que possible. La mode fait partie des moyens que nous avons à notre disposition pour élever notre âme, et quêter le symbolique et le poétique dans les moindres détails. A travers cette robe étoilée, je rends autant hommage à la magnificence de la nuit, qu’au désir d’embellir mon quotidien en l’enrichissant de poésie visuelle. Je crois sincèrement que le classicisme n’est pas toujours la réponse : il est tellement plus aisé et confortable de se conformer, mais le réel a cruellement besoin de notre imagination pour ne pas finir par s’effacer dans l’insignifiance et la répétitivité.

L’Homme-Muse

Le rapport entre l’artiste et la muse est souvent vu de manière unilatérale comme étant un rapport homme-femme. La femme exerce un pouvoir incroyable sur l’homme, il ressent le vif besoin de l’immortaliser, de l’explorer de manière multi-dimensionnelle, de lui donner une aura sublime… L’homme lui forge son identité de muse et de femme, la femme l’inspire et chacun se lie via ce cordon invisible, ineffable et puissant. Ils s’influencent l’un l’autre, sont dépendants l’un de l’autre parfois. Un peu à la manière de la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave, l’homme artiste devient vite dépendant de la femme, de sa muse ; et de ce fait, on transcende un tant soit peu les habituelles relations dominant / dominé que l’on retrouve dans de nombreuses représentations homme/femme dans l’histoire de l’art. Heureusement, si l’on est curieux et motivés, on peut trouver pléthore d’artistes femmes qui ont elles aussi contribué à forger l’histoire de l’art. La révolutionner? Je pense que c’est en cours. Ainsi pour cet article, j’ai envie d’explorer de manière théorique les liens qui unissent non pas l’homme artiste à la femme muse, mais à l’inverse, la femme artiste si peu plébiscitée et si peu populaire, à son homme muse. Retrouve-t-on le même genre de relation à première vue sujet-objet qu’à l’habitude? Nait-il de cette performance féminine inspirée par le masculin, une nouvelle écriture, une nouvelle façon de dessiner, de peindre, de photographier? Peut-on parler d’une écriture féminine face à son sujet viril? Et cette nouvelle relation, va-t-elle changer le statut de la femme?

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Visions of Fashion, Karl Lagerfeld

Cet été, je fus littéralement charmée par mon voyage en Italie. Et pour moi la surprise et le clou du séjour fut la visite du Palazzo Pitti et de l’exposition « Visions of Fashion » de Karl Lagerfeld. Cette expo fut un réel enchantement.

Tout d’abord, il y a cette grande salle blanche de style Renaissance, où flottent d’immenses photos de mannequins éclairées par un sublime lustre. Face à ces silhouettes longilignes qui se balancent au gré de la brise Lire la suite de « Visions of Fashion, Karl Lagerfeld »

Before the Party / 2017 L’Année Magique

A l’approche du réveillon, situé dans l’espace entre la préparation et le passage à 2017 se trouvent le rêve, l’attente, et introspection et bilans mis à part, les fantasmes projetés sur la nouvelle année.

J’aime l’idée des bilans pour sonner le glas d’une année écoulée et en entamer une autre, mais avant toute chose, je crois que je préfère la projection de rêves tous plus fous et réalistes les uns que les autres pour l’année à venir. Je crois en une forme de pensée magique, que plus on projette des choses belles et positives sur un lieu, une situation, une personne, plus ces choses sont à même de se réaliser. D’où la multiplication de synchronicités ou « d’actes magiques ». Lire la suite de « Before the Party / 2017 L’Année Magique »

Diktat quotidien et délégation de pouvoir personnel : réquisitoire contre l’auto-esclavage

Pourquoi est-ce que je ne respecte jamais les horaires, les échéances, et autres consignes limitées par un impératif (tout subjectif) temporel et spatial?

Car pour moi, le temps n’existe pas, j’ai décidé de bannir les objets de diktat quotidien (comprendre = réveil), car le temps devrait être avant toute chose du désir converti en moments passionnants. Lire la suite de « Diktat quotidien et délégation de pouvoir personnel : réquisitoire contre l’auto-esclavage »