Alternative School Girl : « I’m from the Ivy League »

Ici commence ma série de shootings en hommage à la ville qui m’a accueillie ces 5 dernières années. Mise à part ma ville de naissance, je ne suis jamais restée aussi longtemps où que ce soit. J’avais constamment une aventure à aller poursuivre ailleurs. J’ai toujours été une fervente citadine, toujours à vagabonder de jour comme de nuit, à m’enfoncer dans les caves, les bars et à rechercher l’insolite et l’inédit, souvent né de la friction avec l’inconnu, l’étrange et l’inhabituel. Ces rencontres ont fatalement été réduites en m’installant dans une petite ville en zone rurale, mais à ma grande surprise, elles ont aussi été plus solides et qualitatives. Alors aujourd’hui commence le début d’une petite série de shootings à la fois ootd et à la fois plus symboliques qui ont pour trait commun de tous prendre racine dans ma petite ville de campagne qui a été source de multiples rencontres et d’enseignements enrichissants.

Cette fois, j’avais envie de rendre hommage à une de mes maisons préférées, une sorte de grande longère aux volets rouges délavés et au lierre grimpant. L’endroit parfait pour m’inventer une histoire d’étudiante échappée de la Ivy League!

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L’alternative school girl est un mix entre Gossip Girl et Clueless qui rencontrent la star punk d’instagram Luanna. Un style preppy mâtiné de hardrock. Quand un étudiant de Harvard la journée joue aux Drag Queens le soir!

    

L’intérêt majeur de la mode est de pouvoir devenir absolument qui on veut. De faire de sa réalité interne une réalité externe qui devient alors visible aux yeux de tous. Une façon enfantine et séduisante de se faire croire tous les plus jolis mensonges en les faisant croire d’abord à autrui. Un talent de prestidigitateur!

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« Il y a là pour les philosophes eux-mêmes un vertige qui est le vertige de la dialectique. Parce que l’être est l’opposé de l’apparence, mais aussi n’est pas autre chose que l’apparence, une certaine modalité de l’apparence. C’est donc cette fragilité intrinsèque à l’être qui justifie l’invention d’un terme qui réunit l’être et l’apparence, le terme de semblant»
Miller

Lorsque quelqu’un m’octroie, séance tenante à la vue de quelques billets ootd, le qualificatif de « superficiel(le) », dans mon courroux justifié se loge aussi une forme de satisfaction. Pourquoi s’évertuer à tout scinder en terme de profond et superficiel, essentiel et superflu, quand les deux univers ne cessent de converger, et disent de l’un comme de l’autre, tout ce qu’il y a à savoir? Face à ce voile de constructions imaginaires qu’est l’apparence et la mode réside une interrogation : serez-vous prêts à le décrypter? Si le plaisir n’est pas au rendez-vous, autant passer votre chemin! Grand bien vous en fasse! La mode est avant tout une affaire de sémiotique. Et en chaque « spectateur » sommeille un sémioticien. Encore suffit-il d’avoir le désir de le réveiller. Quoiqu’il en soit, au mot « superflu », j’y apposerai implacablement et invariablement l’adjectif « essentiel ».

En guise de conclusion, un superbe résumé des raisons pour lesquelles lorsqu’on s’intéresse à la mode et au costume, plusieurs mondes s’ouvrent à nous, et notre personnalité, dans ce qu’elle a de plus enfantin, ludique et imaginatif, va pouvoir s’épanouir au plus haut point, de toutes les manières les plus créatives et profondes possibles.

« […] on retrouve ici la fonction rassérénante de tout système sémantique ; en nommant le jeu vestimentaire (jouer à la jardinière, un faux air scout), la Mode l’exorcise ; le jeu du vêtement n’est plus le jeu de l’être, la question angoissante de l’univers tragique : il est simplement clavier de signes, parmi lesquels une personne éternelle choisit l’amusement d’un jour ; c’est le dernier luxe d’une personnalité assez riche pour se multiplier, assez stable pour ne jamais se perdre ; ainsi voit-on la Mode « jouer » avec le thème plus grave de la conscience humaine (Qui suis-je ?) »
Barthes

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Lieu
Bressuire

Tenue
Pull volanté, H&M
Jupe en similicuir, Boohoo
Chaussures compensées, H&M
Bas en résille, Calzedonia
Boucle d’oreille Chauve-souris, A mon seul désir
Sac à dos fleuri, petite boutique à Saint Gilles Croix de Vie
Bagues, Claire’s & bague fait main
Croix, H&M

Photos
Pierre

How to be a Party Girl in the 1920s

1927.
La fête bat son plein, tous les invités sont dans le living-room en train de danser, de rire et d’échanger des regards plein d’étincelles. Le champagne coule à flot et le gramophone hurle « Let’s misbehave » de Cole Porter. Le manoir d’en face n’attend que moi! Du pêche sur les paupières et sur les joues, des lèvres grenat, un trait d’eyeliner, un turban pour domestiquer les cheveux en bataille (il est 18h du matin, je me réveille tout juste, je suis un oiseau de nuit!). Des talons vernis, du rouge sur les ongles, j’ai presque fini… Ah oui, ma robe! Je me pare de quelques étoffes veloutées légèrement osées (OMG on ne voit que mes jambes!) et saisis la bouteille d’un sirupeux alcool italien aromatisé à la rose… J’arrive!

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There’s something wild about you child
That’s so contagious
Let’s be outrageous–let’s misbehave!!!

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Tenue
Robe en velours vert Boohoo (le modèle est ici en noir et ici en vert émeraude, version longue)
Boa en fausse fourrure Ebay
Kimono fleuri H&M dans le même style
Escarpins Glitterati
Turban acheté à un particulier
Collants couture Calzedonia
Bracelet/Bagues Newlook & Claire’s

Bouteille de moscato à la rose « Al Vino dell’ Amore » (excellent!)

Photos
Pierre

Poison Lady

« Entre une empoisonneuse et une mauvaise cuisinière il n’y a qu’une différence d’intention » (Desproges)

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Opprimée dans la sphère privée et la sphère publique / L’invention d’une arme typiquement féminine à la hauteur de la violence ressentie

Cela fait plusieurs années que je m’intéresse aux personnages féminins forts dans la littérature comme dans l’histoire. En réalité, je m’y étais toujours intéressée, mais la conscientisation d’un tel attrait s’est faite sur le tard, quand j’ai entamé l’écriture de mon mémoire de master 2 à 22 ans. Je me suis penchée sur une écrivaine anglaise qui me fascine de par son oeuvre protéiforme et si dense : Angela Carter. S’en est donc suivie une kyrielle de coups de coeur et de coups de colère face à mes lectures et mes rencontres. Au fur et à mesure se dessine mon idéal de femme, celui vers lequel j’aimerais tendre. Mais cet idéal est régulièrement en proie à des questionnements et re-définitions perpétuelles : entre débats féministes, questions du genre, désir de conquête et capitalisme. La sphère publique et la sphère privée sont de toutes manières intrinsèquement liées. Et une réflexion propre à un domaine ne se fait pas sans l’autre. Il y a étroite corrélation quoiqu’on en dise ou pense. Et il est un royaume qui m’a toujours intriguée : celui de la violence, et plus particulièrement pour les besoins du sujet aussi, celui de la femme violente. Créatures incomprises, d’un côté admirées, de l’autre rejetées, elles ne laissent personne indifférent. On s’interroge sur leurs motifs, leurs actes et leurs moyens. Elles me fascinent dans le sens où pour moi, elles sont le reflet d’une société extrêmement violente à leur égard. Elles renvoient en pleine face toute la véhémence et la condescendance voire la violence de l’indifférence qu’on a pu leur témoigner.

Il existe une pluralité de violences féminines : violence meurtrière, coup de folie, violence quotidienne, sadisme des vieilles institutrices des années 50, violence de la frustration et des rêves avortés, violence verbale, physique, psychologique…

Celle qui m’intéresse aujourd’hui c’est la violence cachée, la violence qu’on distille tous les jours comme un venin, qui s’insinue dans le foyer telle une vipère dans un berceau… la violence secrète qui fourmille d’un millier de raisons vengeresses… Je veux parler des empoisonneuses. Lire la suite de « Poison Lady »

Roman Photo Film Noir

Pour ce shooting un peu spécial avec Pierre, je crois que je n’ai pas envie d’analyser ou d’évoquer les références qui nous animaient, tant nous avons adoré nous prendre au jeu et que l’ambiance alors recréée dans ce petit roman photo fut enivrante et mystérieuse. J’espère que vous apprécierez notre travail et en particulier celui de Pierre qui a totalement assuré ! ❤

1_3 Lire la suite de « Roman Photo Film Noir »

Like in a fairy tale

En ce moment, les températures négatives font tomber tout le monde malade, nous confinant dans nos chaumières avec nos états grippaux. Ne m’approchez pas! J’en profite pour arpenter les rues désertes et faire quelques photos dans ces paysages féeriques et éphémères!

J’aime la coupe 50s de ce long manteau allié au design vintage de la pochette recouverte de dentelles noires. Je crois que l’esthétique des 50s m’a toujours fascinée. Les coupes flatteuses, l’aura mystérieuse, un peu dramatique Lire la suite de « Like in a fairy tale »

Soldier Freak [Street Style]

Pour l’intitulé de ce look, je n’arrivais pas à choisir entre l’évocation du petit soldat en bois et le performer de cirque au temps des Freaks (rappelons le, et Diane Arbus le disait si bien « Most people go through life dreading they’ll have a traumatic experience. Freaks were born with their trauma. They’ve already passed their test in life. They’re aristocrats. ») alors j’ai tout simplement choisi les deux! Lire la suite de « Soldier Freak [Street Style] »

Evil Queen

Pour ce nouveau shooting, Sandrine, Jim et moi, les comparses perpignanais, avons investi le magnifique Hôtel Pams situé dans le vieux centre de Perpignan. Cet hôtel particulier datant de la fin du XIXème regorge de joyaux : le parc et ses statuts de divinités (Venus et Pan), le superbe escalier de marbre et d’onyx, et évidemment les peintures de Paul Gervais qui ornent les murs. C’est une petite pépite art nouveau, une pierre précieuse que trop peu de gens connaissent!

Nous avons profité du cadre sublime pour travailler sur différents thèmes qui nous sont apparus évidents de par le choix de nos tenues d’abord, et de par nos affinités et questionnements personnels. Sous l’égide de la déesse Vénus, nous avons exploré avec Sandrine différentes visions de la beauté. La beauté naturelle, la beauté quêtée, inlassablement poursuivie et maintenue, l’obsession voire même l’asservissement au beau, à travers l’instrument qui bâtit l’égo : le miroir. Lire la suite de « Evil Queen »