Bye Bye Childhood

J’aime me laisser gouverner par mes envies. Parfois mes meilleures décisions sont celles que je prends à l’instinct, sur l’instant. On a l’impression qu’elles découlent d’une incroyable spontanéité, mais c’est juste que le moteur se met en marche, après avoir longtemps macéré dans un liquide amniotique composé d’inspirations, de délices visuels et de désirs d’agir. Un jour, sans crier garde, le désir vous prend et il n’y a qu’une chose à faire : le matérialiser!

Cette après-midi de mai, je repensais à Irina Ionesco, et je me suis replongée dans les livres que je chéris tellement (parmi mes plus grands précieux) et qui sont très difficilement trouvables aujourd’hui ou excessivement chers. Je n’avais qu’à prendre exemple sur elle et construire mon petit temple façon studio décadent!

Le décor

J’ai rassemblé tous les tissus que je possédais : tulle blanc, satin noir, velours violet, coton de velours à brocarts… Et je les ai accrochés de façon négligée au mur. J’ai viré ma table, mes chaises, j’ai recouvert le canapé de velours et de satin, et j’ai disposé au centre mon petit fauteuil crapaud chéri.  Quelques lampes pour la lumière. Une lumière supplémentaire pour éclairer davantage le visage aurait été parfaite, mais techniquement ça allait être compliqué… Next time!

L’histoire

Une jeune Alice guidée par le lapin en peluche de son enfance quitte les doux rivages de l’âge tendre pour s’aventurer vers les contrées plus escarpées de l’âge adulte. Une poupée comme réplique miniature de son moi, et un rappel du Petit Poucet en arrière plan, elle se transforme en femme vénéneuse, pétrie de vanité, et d’érotisme mystique.
Plus bas, je développe les influences artistiques qui m’ont bercée ici.

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Tenue 

Robe, Crazyinlove
Escarpins, True Decadence, Asos
Perruque + Couronne, Amazon

Inspirations

Irina Ionesco
Gustave Doré, Le petit poucet
Blanche Neige et le Chasseur, Evil Queen
Vanités
Mylène Farmer, Plus Grandir
Alice aux Pays des Merveilles, le lapin blanc

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Renan Pollès, Vanité dans le style ancien

Anecdotes backstage 

Ne possédant pas de trépied adaptable à mon petit hybride, j’ai posé l’appareil photo… sur la litière du chat ! Parfaite car légèrement basse et me permettant  ainsi une petite contre-plongée qui agrandit le sujet, lui donne plus d’importance. Ensuite, c’est avec mon portable et la commande à distance que je prenais les photos! Bien pratique!
C’est aussi extrêmement pénible de faire une séance photo qui implique des couches de tissus accrochées de manière négligée et incertaine et… avoir un chat! Avant de pouvoir shooter dans de bonnes conditions, elle a détruit le décor 4 fois… puis a fini par se calmer, et on peut même l’apercevoir sur une photo… oops!

Soldier Freak [Street Style]

Pour l’intitulé de ce look, je n’arrivais pas à choisir entre l’évocation du petit soldat en bois et le performer de cirque au temps des Freaks (rappelons le, et Diane Arbus le disait si bien « Most people go through life dreading they’ll have a traumatic experience. Freaks were born with their trauma. They’ve already passed their test in life. They’re aristocrats. ») alors j’ai tout simplement choisi les deux! Lire la suite de « Soldier Freak [Street Style] »

Dentelles noires

Pour ce look, j’ai choisi un style très gothique, aux tendances victoriennes. C’est vrai que je ne suis pas sortie de la bichromie mais je trouve que pour un style gothique/chic, ça fonctionne bien. Je pense qu’une de mes couleurs préférées est le bordeaux. Le velours bordeaux est si intense! Marié à la dentelle noire, je suis au paradis. Lire la suite de « Dentelles noires »

From Misfit to Fatale

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“Si la littérature n’est pas pour le lecteur un répertoire de femmes fatales et de créatures de perdition, elle ne vaut pas qu’on s’en occupe.”
Julien Gracq 

De l’antiquité jusqu’à American Horror Story, les misfits, les exclus, les rejets de la société ont toujours été représentés. Qu’il s’agisse de Lilith, de Médée, de Médusa dans la Bible ou la mythologie, ces personnages couvaient un secret, ne pouvaient entrer dans le moule et refusèrent d’être inféodés aux hommes. Mais aujourd’hui ces personnages si controversés sont devenus de véritables antihéroïnes admirées et adulées par le plus grand nombre.

Tim Burton a consacré son œuvre aux outcasts, représentant sans cesse leur différence par l’utilisation d’un locus précis (le Château gothique d’Edward aux mains d’argent surplombant la ville bariolée de Suburbia), d’outils de contraste (couleurs vives versus noir), de tropes et d’archétypes (la demoiselle en détresse, la tentatrice, le savant fou…) qui ont réellement contribué à glorifier la « différence » en devenant un référent populaire aimé par les masses. Autre exemple de l’évolution très positive du Misfit : American Horror Story encense les exclus dans chacune de ses saisons un peu plus (Freak Show incarnant une forme d’apogée laudative du rebut de la société), on assiste vraisemblablement à la démocratisation des icônes marginalisées, en passant par la production de masse d’objets ou de vêtements qui il y a 30 ans symbolisaient un réel choix politique, une marginalisation qui à présent est devenue ‘mainstream’ !

La Femme Fatale, l’icône du misfit

Si l’on croise l’archétype du Misfit avec celui de la Femme Fatale, on peut trouver de nombreuses ressemblances. La Femme Fatale pourrait être une sirène, une vampiresse, une veuve noire, une fée… Elle est mue par des motifs qui lui sont propres, qu’elle ne révélera sous aucun prétexte. Elle attire les proies dans sa toile d’ araignée venimeuse et enchaîne les victimes, étant elle-même victime de son insatiabilité. Lire la suite de « From Misfit to Fatale »