Histoire du corps

En voici un bien étrange titre. J’espère qu’il aura su éveiller votre curiosité. Tout corps, de même que tout objet, tout bâtiment, toute entité vivante ou inanimée possède une histoire. Aujourd’hui, j’aimerais me positionner du point de vue de mon corps pour le ton de cet article. Mon cerveau prend toujours le dessus, mais c’est au nom de l’ensemble de mon corps que je souhaiterais parler.

Titre de l’histoire de mon corps :

Le moins d’efforts possible et l’élégance rafistolée : histoire d’une rencontre. 

Fin 1987

Quelques jours avant Noël, une famille s’impatiente et a très envie de rentrer fêter Noël à la maison. Deux garçons jouent dans les couloirs d’une clinique avec des voitures télécommandées. Pourvu que le paquet soit délivré aujourd’hui, on en peut plus d’attendre!

Le paquet est délivré en fin d’après-midi. Ouf! La chose encore un peu informe a les Lire la suite de « Histoire du corps »

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Poison Lady

« Entre une empoisonneuse et une mauvaise cuisinière il n’y a qu’une différence d’intention » (Desproges)

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Opprimée dans la sphère privée et la sphère publique / L’invention d’une arme typiquement féminine à la hauteur de la violence ressentie

Cela fait plusieurs années que je m’intéresse aux personnages féminins forts dans la littérature comme dans l’histoire. En réalité, je m’y étais toujours intéressée, mais la conscientisation d’un tel attrait s’est faite sur le tard, quand j’ai entamé l’écriture de mon mémoire de master 2 à 22 ans. Je me suis penchée sur une écrivaine anglaise qui me fascine de par son oeuvre protéiforme et si dense : Angela Carter. S’en est donc suivie une kyrielle de coups de coeur et de coups de colère face à mes lectures et mes rencontres. Au fur et à mesure se dessine mon idéal de femme, celui vers lequel j’aimerais tendre. Mais cet idéal est régulièrement en proie à des questionnements et re-définitions perpétuelles : entre débats féministes, questions du genre, désir de conquête et capitalisme. La sphère publique et la sphère privée sont de toutes manières intrinsèquement liées. Et une réflexion propre à un domaine ne se fait pas sans l’autre. Il y a étroite corrélation quoiqu’on en dise ou pense. Et il est un royaume qui m’a toujours intriguée : celui de la violence, et plus particulièrement pour les besoins du sujet aussi, celui de la femme violente. Créatures incomprises, d’un côté admirées, de l’autre rejetées, elles ne laissent personne indifférent. On s’interroge sur leurs motifs, leurs actes et leurs moyens. Elles me fascinent dans le sens où pour moi, elles sont le reflet d’une société extrêmement violente à leur égard. Elles renvoient en pleine face toute la véhémence et la condescendance voire la violence de l’indifférence qu’on a pu leur témoigner.

Il existe une pluralité de violences féminines : violence meurtrière, coup de folie, violence quotidienne, sadisme des vieilles institutrices des années 50, violence de la frustration et des rêves avortés, violence verbale, physique, psychologique…

Celle qui m’intéresse aujourd’hui c’est la violence cachée, la violence qu’on distille tous les jours comme un venin, qui s’insinue dans le foyer telle une vipère dans un berceau… la violence secrète qui fourmille d’un millier de raisons vengeresses… Je veux parler des empoisonneuses. Lire la suite de « Poison Lady »