How to be a Party Girl in the 1920s

1927.
La fête bat son plein, tous les invités sont dans le living-room en train de danser, de rire et d’échanger des regards plein d’étincelles. Le champagne coule à flot et le gramophone hurle « Let’s misbehave » de Cole Porter. Le manoir d’en face n’attend que moi! Du pêche sur les paupières et sur les joues, des lèvres grenat, un trait d’eyeliner, un turban pour domestiquer les cheveux en bataille (il est 18h du matin, je me réveille tout juste, je suis un oiseau de nuit!). Des talons vernis, du rouge sur les ongles, j’ai presque fini… Ah oui, ma robe! Je me pare de quelques étoffes veloutées légèrement osées (OMG on ne voit que mes jambes!) et saisis la bouteille d’un sirupeux alcool italien aromatisé à la rose… J’arrive! Lire la suite de « How to be a Party Girl in the 1920s »

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Poison Lady

« Entre une empoisonneuse et une mauvaise cuisinière il n’y a qu’une différence d’intention » (Desproges)

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Opprimée dans la sphère privée et la sphère publique / L’invention d’une arme typiquement féminine à la hauteur de la violence ressentie

Cela fait plusieurs années que je m’intéresse aux personnages féminins forts dans la littérature comme dans l’histoire. En réalité, je m’y étais toujours intéressée, mais la conscientisation d’un tel attrait s’est faite sur le tard, quand j’ai entamé l’écriture de mon mémoire de master 2 à 22 ans. Je me suis penchée sur une écrivaine anglaise qui me fascine de par son oeuvre protéiforme et si dense : Angela Carter. S’en est donc suivie une kyrielle de coups de coeur et de coups de colère face à mes lectures et mes rencontres. Au fur et à mesure se dessine mon idéal de femme, celui vers lequel j’aimerais tendre. Mais cet idéal est régulièrement en proie à des questionnements et re-définitions perpétuelles : entre débats féministes, questions du genre, désir de conquête et capitalisme. La sphère publique et la sphère privée sont de toutes manières intrinsèquement liées. Et une réflexion propre à un domaine ne se fait pas sans l’autre. Il y a étroite corrélation quoiqu’on en dise ou pense. Et il est un royaume qui m’a toujours intriguée : celui de la violence, et plus particulièrement pour les besoins du sujet aussi, celui de la femme violente. Créatures incomprises, d’un côté admirées, de l’autre rejetées, elles ne laissent personne indifférent. On s’interroge sur leurs motifs, leurs actes et leurs moyens. Elles me fascinent dans le sens où pour moi, elles sont le reflet d’une société extrêmement violente à leur égard. Elles renvoient en pleine face toute la véhémence et la condescendance voire la violence de l’indifférence qu’on a pu leur témoigner.

Il existe une pluralité de violences féminines : violence meurtrière, coup de folie, violence quotidienne, sadisme des vieilles institutrices des années 50, violence de la frustration et des rêves avortés, violence verbale, physique, psychologique…

Celle qui m’intéresse aujourd’hui c’est la violence cachée, la violence qu’on distille tous les jours comme un venin, qui s’insinue dans le foyer telle une vipère dans un berceau… la violence secrète qui fourmille d’un millier de raisons vengeresses… Je veux parler des empoisonneuses. Lire la suite de « Poison Lady »

Miami Art déco

Petite planche d’ambiance de toutes les perles art déco que j’aimerais voir une fois dans ma vie à Miami, à côté du mythique Ocean Drive…

Couleurs vives, courbes épurées, typographies superbes, néons, palmiers, océan azur et voitures des années 50… les ingrédients parfaits pour me faire rêver éveillée! Je crois que le retour aux USA s’impose avec un passage obligatoire à Miami! Lire la suite de « Miami Art déco »

Soieries florales

Pour ce shooting avec ma talentueuse amie Elsa, nous sommes allées au Grand Travers faire virevolter nos jupes légères!

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Cette jupe a une histoire, je l’ai trouvée lors de mon voyage à Florence en Italie dans une petite boutique vintage absolument merveilleuse : Lady Jane B! Je recommande absolument cette pépite, et sa propriétaire est tout aussi délicieuse que les pièces originales et sublimes qu’elle vend!

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C’est simple, Florence n’a été qu’une succession d’évidences : tout, absolument tout, y était parfait, sublime, raffiné… Qu’il s’agisse d’art, de sculpture, de mode, de cosmétique, de gastronomie et de bons vins… J’ai été séduite par la ville, et je remporte avec moi quelques parfums floraux et cette merveilleuse jupe qui ressemble à une tapisserie florentine à la coupe des jupes corolles des années 50… Lorsque je l’ai vue dans la vitrine, c’était comme une évidence, le « colpo di fulmine » 😉

Merci à Elsa pour les photos, la créativité et les gifs!

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 Rapide histoire du motif floral en Europe

Importé depuis la Chine, le motif floral s’est réellement imposé en Europe comme un signe de richesse autour du XIV et XVè siècles. Les villes italiennes raffolaient des pans floraux de velours tout droit venus de l’Empire Ottoman.

Avec la révolution industrielle, le motif floral a réellement « explosé » outre manche, l’Angleterre connut l’apogée du tissu liberty autour du XIXè siècle.

Cette jupe pour moi correspondrait davantage au design de William Morris, célèbre penseur préraphaëlite :

Et au design de certaines fleurs de natures mortes du XVIIè, avec ce fond noir comminatoire et ces gros pétales flamboyants ouverts perdant progressivement de leur superbe…

Détail d’un tableau de Jan van Huysum
Natures mortes de Willem van Aelst

Ouverture

J’aimerais faire une ouverture artistique vers celle qui photographie à mon sens le mieux les femmes et les fleurs : Kirsty Mitchell. Ses photos sont inspirées d’atmosphères de contes de fées, regorgent de brumes mystérieuses et reprennent le code préraphaëlite du langage des fleurs. Chaque fleur a une signification bien précise, et permet de faire passer des messages subtils sans les verbaliser…

From Misfit to Fatale

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“Si la littérature n’est pas pour le lecteur un répertoire de femmes fatales et de créatures de perdition, elle ne vaut pas qu’on s’en occupe.”
Julien Gracq 

De l’antiquité jusqu’à American Horror Story, les misfits, les exclus, les rejets de la société ont toujours été représentés. Qu’il s’agisse de Lilith, de Médée, de Médusa dans la Bible ou la mythologie, ces personnages couvaient un secret, ne pouvaient entrer dans le moule et refusèrent d’être inféodés aux hommes. Mais aujourd’hui ces personnages si controversés sont devenus de véritables antihéroïnes admirées et adulées par le plus grand nombre.

Tim Burton a consacré son œuvre aux outcasts, représentant sans cesse leur différence par l’utilisation d’un locus précis (le Château gothique d’Edward aux mains d’argent surplombant la ville bariolée de Suburbia), d’outils de contraste (couleurs vives versus noir), de tropes et d’archétypes (la demoiselle en détresse, la tentatrice, le savant fou…) qui ont réellement contribué à glorifier la « différence » en devenant un référent populaire aimé par les masses. Autre exemple de l’évolution très positive du Misfit : American Horror Story encense les exclus dans chacune de ses saisons un peu plus (Freak Show incarnant une forme d’apogée laudative du rebut de la société), on assiste vraisemblablement à la démocratisation des icônes marginalisées, en passant par la production de masse d’objets ou de vêtements qui il y a 30 ans symbolisaient un réel choix politique, une marginalisation qui à présent est devenue ‘mainstream’ !

La Femme Fatale, l’icône du misfit

Si l’on croise l’archétype du Misfit avec celui de la Femme Fatale, on peut trouver de nombreuses ressemblances. La Femme Fatale pourrait être une sirène, une vampiresse, une veuve noire, une fée… Elle est mue par des motifs qui lui sont propres, qu’elle ne révélera sous aucun prétexte. Elle attire les proies dans sa toile d’ araignée venimeuse et enchaîne les victimes, étant elle-même victime de son insatiabilité. Lire la suite de « From Misfit to Fatale »