« I love Dick » ou comment trouver sa voie/x

« I Love Dick » décrit l’évolution d’un mariage, l’éveil d’un artiste et la déification d’un écrivain nommé Dick (Kevin Bacon, « The Following »). En adaptant le roman culte de Chris Kraus, Jill Soloway (« Transparent ») s’empare de la question du désir et du regard dans une oeuvre résolument mordante et féministe.

Photo Griffin Dunne, Kathryn Hahn

Le sypnosis

Chris est une cinéaste quarantenaire un peu en galère. Son dernier court-métrage ne sera pas diffusé, elle tente de percer dans l’art, mais c’est surtout aux côtés de son mari, Sylvère, qu’elle survit. Chercheur spécialisé dans l’esthétique du trauma, homme charismatique et plus âgé que Chris, elle vit un peu dans son ombre. Pourtant, lorsqu’un collectif d’artistes l’invite à Marfa dans le Texas, petite ville paumée mi-bobo mi-destroyed, elle décide de suivre son mari. Problème, elle est considérée comme « une distraction » et a un besoin existentiel de trouver sa voix, de la faire entendre, pour ne pas juste être une desperate housewife de plus. Lire la suite de « « I love Dick » ou comment trouver sa voie/x »

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Les affres de l’adolescence dans les films d’horreur

A quel meilleur support songer que le cinéma d’horreur lorsque l’on souhaite transposer à l’écran l’agonie adolescente de la transformation corporelle et psychologique, la pression des deux mondes, celui de l’enfance que l’on quitte, et celui de l’âge adulte et ses codes incompréhensibles dans lequel on fait son entrée?

A travers cette sélection personnelle, je vais aborder plusieurs thématiques en lien avec cette période pubère complexe : le rapport à l’autre, le désir de plaire, le déchirement entre curiosité et peur de l’inconnu. Ce sont des sujets qui me passionnent, j’ai par ailleurs pris beaucoup de plaisir à faire des recherches littéraires et cinématographiques sur la question du trauma adolescent. C’est une période tellement clé, où nos mécanismes internes propres se consolident, se structurent et parfois se cristallisent autour d’évènements précis. L’enfance est évidemment cruciale, mais l’adolescence me fascine d’autant plus que j’ai souvent l’impression lorsque je parle à des adolescents, de parler à des esprits adultes qui occupent simplement des corps inachevés. Et ce décalage terrible entre adolescents-adultes et adolescents-enfants crée souvent des dissonances dans leurs rapports. Ce que j’aime aussi à cette période, c’est la remise en question de l’autorité, la remise en question de ce qui, jusque là, structurait tout leur univers. Etre adolescent c’est forcément embrasser le risque et l’aventure, car on sait que tout doit péter. C’est une question de survie. Et les films d’horreur à travers leurs tendances hyperboliques, leurs métaphores sanguinolentes, savent mieux que quiconque illustrer les multiples questionnements de cette période si sensible. Lire la suite de « Les affres de l’adolescence dans les films d’horreur »

Les Nuits Fauves de mes 30 ans

Aujourd’hui, je fête mes 30 ans, et en feuilletant de vieux journaux intimes pour relire mes idées de thèse (j’ai toujours eu envie d’en démarrer une, j’ai juste besoin du bon sujet), je suis tombée sur les impressions que j’avais couchées du film de Cyril Collard Les Nuits Fauves qui m’avait totalement bouleversée quand je l’avais vu pour la première fois.

Ce film a été adapté d’un livre plutôt autobiographique écrit par Cyril lui-même vers la fin des années 80. Le film est sorti en 1992. Voici le synopsis :

1986. Jean a 30 ans, il est chef opérateur, reconnu, doué, curieux de tout. Mais il est séropositif et sait qu’il sera un jour exclu de cette vie qu’il traque avec avidité à travers sa caméra. Au cours d’un casting pour une publicité, il rencontre Laura, jeune, belle, vivante. Lire la suite de « Les Nuits Fauves de mes 30 ans »

L’expression du trauma dans les films/livres adolescents (USA)

La littérature « coming of age » connaît un franc succès aux Etats-Unis. L’un des premiers livres phare The Catcher in the Rye de Salinger a ouvert la voie à toute une génération adolescente en quête de sens et d’identité. La culture adolescente est née aux Etats-Unis dans les années 50 environ, après la seconde guerre mondiale. Avec l’essor de cette nouvelle culture, un espace de parole fut alors créé pour une génération ni enfant ni adulte, détachée des croyances magiques de l’enfance, ébranlée par les doutes et peurs de l’âge adulte.

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L’adolescence se trouve donc au confluent des âges, des questionnements et des constructions. Au creux de ce carrefour générationnel se niche un terreau émotionnel bouillonnant : premières vraies expériences Lire la suite de « L’expression du trauma dans les films/livres adolescents (USA) »