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18 ans, une caisse, un pel, la définition du bonheur?

Suite à de nombreuses conversations avec des collègues profs et des réflexions personnelles mises bout à bout, je me suis dit qu’il était grand temps de pondre un article résumant une certaine ambiance que je ressens ici depuis quelques années, comme une sale présence méphitique, un nauséabond changement de paradigme. Pardonnez tout de suite les accents vieille conne que cet article pourra prendre de temps à autre, cela s’explique par mes frustrations personnelles et ma tristesse face à la grande vacuité laissée par l’admiration de bébés mares sans profondeur que l’on appelle réseaux sociaux, culte de l’image, et superficialité des relations. Je m’explique.

Des générations de plus en plus matérialistes

Je suis prof depuis 5 ans et je note depuis ces quelques dernières années une progressive évolution dans le sens d’un conformisme rampant et d’un matérialisme de plus en plus prégnant. Vous allez me dire : qu’est-ce que tu racontes la vieille, tu peux parler avec ton addiction aux réseaux sociaux, à l’image, et aux pompes extravagantes (notamment). Avant de me faire houspiller, je veux évoquer ici la relation au matérialisme dans ce qu’il a pour moi de plus puant, c’est à dire, une relation de confort avec une grosse couche bien trop serrée pour les gros bébés que nous sommes et dans laquelle nous pataugerions dans nos excréments de peur face à l’immensité et la poésie du monde prête à s’offrir à nous et qui n’attend que nos yeux, notre sensibilité et notre vivacité d’esprit. (les pompes extravagantes c’est de la poésie ambulante pour moi).

J’ai fait plusieurs constats, que l’on pourrait regrouper en plusieurs sous-parties :

– l’extinction graduelle de la folie (corporelle et mentale)
– face à l’immensité du monde à présent dévoilée : le refuge dans le cloisonnement (la culture de l’avoir, l’accès à la propriété)
– l’inpopularité montante des formats littéraires confessionnels 

– les outils d’apparente libération à double tranchant (la voiture, la paye régulière)

– L’extinction graduelle de la folie (corporelle et mentale)

Il y a 5 ans, je débarquais dans un lycée d’art un peu foufou avec des tags superbes arborés sur les murs, des jeunes gens habillés de manière excentrique et détonnante face au sérieux des professeurs : des goths, des punks, des hippies, des normaux, des trashy, des slutty, des bobo, des catho, bref de tout. Et je trouvais ça génial! Dans les années 2000 c’était encore plus accentué, on osait les expérimentations artistico-vestimentaires, et on était portés par des idées et des idéaux. Pas tous, mais quelques uns remarquables, et c’était déjà bien. Je me souviens il y a 5 ans d’une incroyable classe que j’ai eue, avec des élèves aux personnalités et aux univers très marqués, très ecclectiques, et certains fous de l’esprit, qui s’aventuraient à des expériences osées et rebelles dans ce qu’il y a de plus noble. Je me rappelle encore d’un after profs et élèves après un bal de promo ou un élève fut assez dingue pour tenter un lapdance. Je ne me suis jamais dit qu’il était mal élevé, inconscient, irrespectueux. Après avoir explosé de rire, je me suis dit qu’il avait de sacrés balls de tenter un truc pareil, et que l’autorité et le sérieux pouvaient bien aller se faire voir, que laisser parler ses envies et sa folie, c’était certainement le plus important. Je n’ai plus jamais vu une telle folie réémerger depuis. C’est comme si la seule attitude viable face aux tabous sociaux et aux interdits était le râle, le renâclement, et la fuite. Aujourd’hui, les attitudes ont énormément changé. Très peu de jeunes (15-20 ans let’s say) semblent porter leurs balls. Ils naissent vieux. Ils naissent avec le monde à leurs pieds, le monde entre leurs mains. Alors face à la pluralité des choix, ils préfèrent certainement l’assise matérielle. Je pense que cette attitude assez populaire aujourd’hui reflète un vrai besoin existentiel de rattachement à la matière, à un lieu, à une fonction, un garde-fou face à l’eventuelle dispersion que le monde offert sur un plateau pourrait susciter en nous.

– Face à l’immensité du monde à présent dévoilée : le refuge dans le cloisonnement (la culture de l’avoir, l’accès à la propriété)

Mais ce n’est qu’une image. Le monde offert sur un plateau reste à conquérir. Il ne demeure qu’un fantasme lointain. Mais pour beaucoup, entrevoir son immensité peut provoquer le vertige. Ils ne désirent certainement pas aller plus loin, se réfugiant alors dans l’avoir et dans la sédentarité, rassurante mais sclérosante. Nombre d’entre eux ne semblent désirer que du pur matérialisme : le téléphone haut de gamme, la bagnole (et si possible pas trop dégueu), bavent devant un machinMAC ou MACmachin, seraient-ils devenus les prostituées des MACquereaux de l’Avoir? L’Avoir pour se diluer dans la question de l’Être c’est bien connu. Mais corrélé à ce cumul d’objet hightech (l’avoir pour être, ou l’avoir car l’être ne semble pas faire partie du paysage), se trouve la négation de toute forme de culture de l’Être. La réflexion, la poésie, la confession et l’écoute, le questionnement personnel semblent être exclus de nos modes de vie actuels. Il n’y a plus de place pour ça, l’injonction à la consommation est bien trop prévalente. Et si en plus de l’absence de place pour cultiver ses réflexions, on y attache la peur de sortir de cette bulle d’avoir, on est sûrs de se forger une prison dorée pour la vie. Pour moi il y a une forme de « piège » à l’accès à la propriété. Je pense qu’il faut être prêt à cela, et il faut être surtout aux aguets. Une fois installés, beaucoup s’enlèvent automatiquement une salve de permissions, car ils se retrouvent pieds et poings liés à quatre murs. A payer. A entretenir. A vénérer. La maison représente à outrance une forme de divinité pour beaucoup. Elle rassure (comme la prière du soir), elle abrite (le royaume divin), elle empêche d’explorer plus avant les territoires inconquis. (les oeillères du culte) Territoires physiques, mais bien sûr territoires psychiques aussi.

– L’inpopularité montante des formats littéraires confessionnels

Ainsi, bercés par la sphère de l’avoir, ensevelis sous des kms d’images, l’attention portée au Verbe, à la pensée et au raisonnement semble s’être évaporée. Ecrire, réfléchir, oser réfléchir différemment, perturber un peu son schéma d’apprentissage et de vision du réel, lire, écouter d’autres interprétations, au moins les entendre… ce n’est plus du tout en vogue. Cela n’a jamais vraiment fédéré la jeunesse, mais il est clair que ça se perd de plus en plus. Il y a 12 ans, je tenais un blog de nature littéraire / poétique et confessionnel. A l’époque, peu de gens « avaient » un blog, et les réseaux sociaux n’existaient pas encore réellement. Je me souviens qu’il n’y avait quasiment pas de photo (je venais de m’acheter un réflex argentique, je ne voulais absolument pas d’un portable, et je ne savais pas me servir d’un scanner!), et quasiment que du texte : surtout de la poésie, quelques courtes nouvelles et des billets d’humeur un peu extravagants sur le fait de se retrouver à apprendre par coeur des textes de Pline et d’autres joyeusetés en latin à l’approche du bac. Ce blog un peu « brut » mais arborant des teintes crépusculaires (bleu nuit et violet je me souviens), attirait un petit public qui commentait, rebondissait sur les idées, engageait des débats… Tout cela sans l’aide des réseaux sociaux et des forums. Juste de la barre de recherche Google. A présent les blogs confessionnels ou pire de poésie sont totalement évités, oubliés, moqués, rangés au placard. Plus personne ne lit de la poésie, alors encore moins de la poésie sur des blogs! Il faut dire qu’un moment donné, poésie et blog rimaient avec niaiserie et analphabétisme… no wonder! (#skyblog) Aujourd’hui je vois bien qu’une énorme majorité des jeunes se contrefout de ces questions, et ne semble rêver qu’à travers l’acquisition d’une chose. L’immatérialité, la poésie sous toutes ces formes, le laisser-aller à quelque chose de plus grand, de plus transcendant que notre quotidien, est perçu comme une forme d’extravagance. Les rêveurs sont mis au bûcher, crucifiés par une horde de petits gestes insignifiants mais qui finissent par peser comme d’énormes clous rouillés : regards en biais, rires narquois, total désintérêt affiché saupoudré d’un jugement ontologique : il ou elle est bizarre. Il ou elle ne sait pas ce qu’est la « vraie » vie. La poésie et la rêverie finissent tout simplement par mourir, par être enterrées par ces micro-jugements quotidiens, ces bébés lacérations de nos soupapes personnelles et de nos aspirations spirituelles. Au final, il n’y a plus d’oxygène. Juste un monoxyde délétère que des cons respirent depuis toujours et qu’ils condamnent l’univers à respirer aussi. Si moi je n’ai pas accès au transcendant (parce que je ne sais pas comment, parce que je ne suis pas encore assez mal, parce que je suis un bon teubê de base) alors toi tu n’y auras certainement pas accès non plus.

– Les outils d’apparente libération à double tranchant (la voiture, la paye régulière)

Décès de la liberté. Echec des alternatives. Dans un monde où la matière et le corporel sont maîtres, la liberté n’est vue que sensoriellement. Et quel moyen permet d’atteindre cette sensation de liberté mieux que tout? La voiture bien sûr. La voiture, si pratique, si belle, si poétique aussi, devient rapidement un piège. Elle condamne des milliers de personnes à se contenter de ce qu’elles ont. A rester là où elles sont. A accepter des jobs pourris, mais accessibles en voiture, pour ne pas changer d’air, pas changer de ville, de paysage. La voiture, c’est une bonne grosse illusion de liberté. C’est la liberté de rester con surtout. C’est l’assurance que les fossés culturels, géographiques, esthétiques et ontologiques ne seront jamais dépassés, car il n’y aura jamais confrontation. Jamais frottement entre deux plaques, jamais érosion et transformation. C’est la crasse intellectuelle roulante maquillée de liberté sensorielle. Et souvent la voiture vient avec le job. Le job parfois loin, encore plus asservissant par là même, le job débilisant, le job répétitif, mais le job qui paye. Et la paye, c’est les barreaux de la prison dorée.

Rester dans les pattes de nos parents quand on a 18 ans, rester proches de cet univers de lessive et de plats préparés en s’asujettissant à un emploi dégradant qui ne demande en rien d’utiliser son cerveau ou sa créativité pour mieux entretenir quatre murs qui nous entravent et nous lient 30 ans minimum à un lieu, c’est de la folie. De la folie dissimulée sous le voile bienséant collectivement posé de la dite Raison. C’est du meurtre. De l’assassinat de rêves de gosses et je dis NON.

Les réseaux sociaux : responsables? 

L’univers à portée de main. L’univers dans ce qu’il a de plus vaste et vertigineux. La peur face à cette pluralité de choix. Alors au lieu de proactivement choisir ses centres d’intérêt, on se laisse aller à ce que nous propose la facilité : l’environnement proche et les médias proches (la tv proche physiquement, les contacts proches même via réseaux sociaux). On assiste à l’ère de la glorification des plus gros connards de l’humanité, des plus gros naz et nazes qui n’ont qu’à agiter leurs seins et leurs biceps gonflés, qu’à brandir la turgescence qui leur sert de personnalité. C’est le retour des freak shows. Vilipendés, raillés mais secrètement admirés. Les neurones s’amoindrissent alors. Le bleu du ciel ne semble même plus accessible. Sauf derrière un écran. Il n’y a plus de place, plus de temps pour explorer nos envies, nos peurs, nos folies. Plus assez d’audace. Le temps c’est de l’argent, et le temps manque. Le job débilisant nous prend notre temps. Après il faut se reposer le cerveau. Oublier qu’on nique sa vie. Qu’on doit rembourser un ou plusieurs crédits. Que du coup, s’oxygéner, prendre des risques, s’aventurer devient de plus en plus rare, difficile. Mais on peut encore admirer ceux qui le font… Alors ça devient assez. Quand est-ce que nos exigences envers la vie et nous-mêmes sont devenues si basses? Si piètres? La fainéantise finira par nous enterrer. Bien plus tôt que prévu. Et merci mais non merci, je préfère être une éternelle insatisfaite, une rêveuse invétérée qui n’a sûrement pas les pieds sur terre qu’une réaliste qui a perdu l’espoir et qui a une image si triste de la vie qu’elle n’inclut aucune forme de création et d’audace.

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Bye Bye Childhood

J’aime me laisser gouverner par mes envies. Parfois mes meilleures décisions sont celles que je prends à l’instinct, sur l’instant. On a l’impression qu’elles découlent d’une incroyable spontanéité, mais c’est juste que le moteur se met en marche, après avoir longtemps macéré dans un liquide amniotique composé d’inspirations, de délices visuels et de désirs d’agir. Un jour, sans crier garde, le désir vous prend et il n’y a qu’une chose à faire : le matérialiser!

Cette après-midi de mai, je repensais à Irina Ionesco, et je me suis replongée dans les livres que je chéris tellement (parmi mes plus grands précieux) et qui sont très difficilement trouvables aujourd’hui ou excessivement chers. Je n’avais qu’à prendre exemple sur elle et construire mon petit temple façon studio décadent!

Le décor

J’ai rassemblé tous les tissus que je possédais : tulle blanc, satin noir, velours violet, coton de velours à brocarts… Et je les ai accrochés de façon négligée au mur. J’ai viré ma table, mes chaises, j’ai recouvert le canapé de velours et de satin, et j’ai disposé au centre mon petit fauteuil crapaud chéri.  Quelques lampes pour la lumière. Une lumière supplémentaire pour éclairer davantage le visage aurait été parfaite, mais techniquement ça allait être compliqué… Next time!

L’histoire

Une jeune Alice guidée par le lapin en peluche de son enfance quitte les doux rivages de l’âge tendre pour s’aventurer vers les contrées plus escarpées de l’âge adulte. Une poupée comme réplique miniature de son moi, et un rappel du Petit Poucet en arrière plan, elle se transforme en femme vénéneuse, pétrie de vanité, et d’érotisme mystique.
Plus bas, je développe les influences artistiques qui m’ont bercée ici.

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Tenue 

Robe, Crazyinlove
Escarpins, True Decadence, Asos
Perruque + Couronne, Amazon

Inspirations

Irina Ionesco
Gustave Doré, Le petit poucet
Blanche Neige et le Chasseur, Evil Queen
Vanités
Mylène Farmer, Plus Grandir
Alice aux Pays des Merveilles, le lapin blanc

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Renan Pollès, Vanité dans le style ancien

Anecdotes backstage 

Ne possédant pas de trépied adaptable à mon petit hybride, j’ai posé l’appareil photo… sur la litière du chat ! Parfaite car légèrement basse et me permettant  ainsi une petite contre-plongée qui agrandit le sujet, lui donne plus d’importance. Ensuite, c’est avec mon portable et la commande à distance que je prenais les photos! Bien pratique!
C’est aussi extrêmement pénible de faire une séance photo qui implique des couches de tissus accrochées de manière négligée et incertaine et… avoir un chat! Avant de pouvoir shooter dans de bonnes conditions, elle a détruit le décor 4 fois… puis a fini par se calmer, et on peut même l’apercevoir sur une photo… oops!

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La robe dans les étoiles

Pour moi, la robe étoilée correspond à deux catégories de filles : la fêtarde et la poétesse. La première fait de sa vie une série de mini explosions, de pétulances et de pétillements divers qu’elle porte sur elle : let there be light!

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La deuxième cherche dans le défilement des astres (tel un fashion show improvisé et hasardeux) une réponse et un écho à ses questionnements. Sa came c’est le cosmos.

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Je suis à la croisée des deux catégories, et j’aime l’imprimé étoiles pour des tas d’autres raisons que j’explique plus ici (« L’avènement de l’imprimé étoilé).

Ce que j’aime dans cette robe : la fluidité et la transparence des manches qui confèrent un aspect doux et romantique à la robe ; les sequins étoilés qui  selon la distance et l’angle auquel on les observe, brillent ou resplendissent, jusqu’à une fois loin, ne se résumer plus qu’ à de petits points de lumière. J’apprécie de même la coupe flatteuse, l’aspect « lose » du bas que l’on peut faire voleter et ondoyer à loisir. C’est autant une robe du soir (accompagnée de jolis escarpins) qu’une robe de jour (avec des bottines  et un gilet par exemple). 

Le sac doré et son design épuré permet de finir la tenue. Enfin, la déclinaison or se poursuit même jusque dans le choix du parfum. Moi qui suis accro aux parfums boisés et orientaux, assez masculins (à l’instar de ceux là), j’aime ce superbe EROS de Versace, beaucoup plus citronné, floral, et qui conserve cependant une note boisée ; il est parfait pour le printemps et l’été.

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La fête est déjà terminée, mais on se retrouve très vite!
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Tenue 

Robe, French Connection (FCUK) : le haut fait d’un tissu similaire est trouvable chez Asos et pour shopper une robe dans le même esprit : Rosegal
Sac, Mango (dans le même esprit)
Parfum, Eros pour Femme de Versace

Inspiration


La Nuit Etoilée, Vincent Van Gogh

Cette oeuvre est souvent vue comme confirmatoire de l’état dépressif et suicidaire du peintre, mais je n’aime pas cette vision trop caricaturale à mon goût… peut-être était-ce le reflet d’une « psychologie perturbée » (cette expression inonde la toile et m’énerve), mais j’y vois quelque chose de beaucoup plus beau que cela : ce paysage nocturne était ce qu’il apercevait depuis l’asile dans lequel il séjournait dans le sud. Et cette vision avait quelque chose de transcendant. Soudain, on sent que le royaume de la nuit prend le dessus sur celui du jour, et le village endormi se retrouve baigné dans une lumière surnaturelle et cosmique. Les étoiles éclatent dans des formes de spirales enroulées sur elles-mêmes et projettent toute leur luminescence sur la petite ville. Le cyprès prend des formes totalement burlesques de flamme noire puissante et mystérieuse. Il crée un pont entre la terre et le ciel, et ce ciel se veut sublime. Pour moi, ce tableau c’est se confier aux mystères de la nuit, c’est désirer l’au-delà, désirer le sublime, et laisser son esprit galoper quand l’enfermement est notre lot.
Je pense que nous devrions à travers tous les aspects de nos vies, désirer le sublime autant que possible. La mode fait partie des moyens que nous avons à notre disposition pour élever notre âme, et quêter le symbolique et le poétique dans les moindres détails. A travers cette robe étoilée, je rends autant hommage à la magnificence de la nuit, qu’au désir d’embellir mon quotidien en l’enrichissant de poésie visuelle. Je crois sincèrement que le classicisme n’est pas toujours la réponse : il est tellement plus aisé et confortable de se conformer, mais le réel a cruellement besoin de notre imagination pour ne pas finir par s’effacer dans l’insignifiance et la répétitivité.

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Toujours Toi !

Le look d’aujourd’hui est composé d’un camaïeu de gris et de bleu assorti d’une pointe de fantaisie. Deux pièces fortes se retrouvent côte à côté : jupe noire à sequins verts et bleus et tee-shirt graphique/spatial/tigre, adoucis par le gros gilet gris. En bas : collants noirs et bottines noires cloutées.

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Je mets rarement du vernis clair, mais ce bleu lavande m’évoque un printemps pluvieux, et je l’adore. Niveau bijoux, on reste dans les tons gris / bleu : bracelet argenté de Chloé, bague double perle, cabochon lapis-lazuli, grosse bague aigle et collier bleu irisé.

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La manucure est simple : base top coat, vernis bleu lavande, soin durcisseur. Une fois par semaine, oindre les ongles d’huile de ricin permet de foritifier les ongles de manière naturelle.

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Tenue au complet

Tee-shirt, H&M
Jupe à sequins H&M (2 ans), trouvable ici aussi 
Gilet H&M

Collier H&M
Bracelet Dailyaboutclo
Bagues diverses

Vernis bleu lavande Kiko
Soin fortifiant à l’huile de ricin de chez Monde Bio

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Quatre artistes qui mêlent désir, angoisses, mort & au-delà, quatre inspirations fondatrices

Au quotidien, une myriade d’images et de visions nous hantent, provoquent de réguliers cauchemars, stimulent notre imaginaire et forgent notre prisme de perception. Mon attrait pour les arts visuels a toujours été présent, même si je creuse cet intérêt seulement depuis que j’enseigne en filière artistique, comme si une retenue voire presque un tabou avait été levé par le devoir professionnel. A présent, j’ai l’impression de passer le plus clair de mon temps en quête d’inspirations visuelles, conceptuelles, à imaginer des compositions, à repérer les lumières, les ombres, les atmosphères, et tout ce qui évoque le monstrueux. J’ai décidé de faire une petite sélection, une tétralogie totalement subjective de ce qui a pu conditionner mon univers intérieur, même si nombre de mes articles aujourd’hui se veulent plus frivoles et consensuels peut-être, je n’oublie pas l’essence du blog qui est d’aller farfouiller au-delà du miroir… Ce n’est pas aisé d’insérer cette valeur « méta » dans tout ce que l’on fait, dans un simple ootd, mais je m’y évertue parfois, en faisant une ouverture sur l’ancrage culturel, artistique et psychanalytique d’une couleur, d’un motif, d’un vêtement. Pour moi, la mode et les arts visuels travaillent ensemble invariablement, et chaque vêtement raconte de multiples histoires : une vérité historique et une vérité plus personnelle que l’on s’approprie et que l’on construit au fur et à mesure que le vêtement est porté, pensé, appairé avec de nouvelles tenues, enterré puis ressuscité.

Aujourd’hui si mes questionnements sont ceux que je présente sur le blog, c’est en grande partie dûe à mes obsessions principales :

– questionner la prégnance de nos peurs sur nos vies en les revisitant de manière esthétisée, en les sublimant
– mettre en lumière les liens si mystèrieux qui unissent l’amour à la mort, l’érotisme à la finitude, la construction à la destruction
– développer une vision d’ensemble nourrie de toutes ces pièces du puzzle complètement dépareillées
– tisser des liens entre ces éclats et tisser un lien avec autrui dans le but de reprendre à nouveau tous ces questionnements, les asseoir, les ébranler, les détruire, les oublier et se rendre compte que plusieurs années plus tard, ils continuent et continueront toujours à nous hanter.

Quand ma mère me demande pourquoi j’aime autant les monstres, je sais que c’est pour toutes ces raisons, et qu’imaginer et métaphoriser le pire me permet de l’incorporer au meilleur, de ne plus en faire un tabou.

Ma sélection des 4 artistes suivants évoquent tous à leur manière ces questions qui sous-tendent les interrogations existentielles, charnelles, spirituelles de l’homme. Elles mettent en avant ce qu’il y a de plus reptilien, animal, et mental chez l’homme. Je ne me lasserai jamais de ces petits contes horrifiques visuels, ils ne cesseront jamais de m’inspirer, de m’effrayer, de me charmer, et de m’apaiser.

1. John Kenn Mortensen

Celui qui me trouble le plus. Il y a une telle justesse dans ses métaphores visuelles, de tels uppercuts répétés que les images me hantent littéralement. Tout est là : les traumas de l’enfance, la dépression, les angoisses du quotidien, la mort qui rôde à chaque coin de rue déguisée en gentil monstre aux yeux vitreux.

Ce qui m’inspire chez cet artiste : 

Le forme enfantine digne d’un Burton qui sert un propos terriblement effrayant digne d’un Lovecraft, doux contraste nécessaire pour évoquer la violence des obsessions et du désarroi humain.

Son blog ~ ici ~ 
Son instagram ~ ici ~ 

2. Bill Crisafi 

Une approche plus paganisante qui interroge la place de la femme dans le cycle de la vie et dans le cosmos. La mort y est féminine, presque douce et précieuse, les femmes y sont représentées autant carnassières et effrayantes que divines. Elles ont le pouvoir de donner la vie autant que la mort, et en chaque femme sommeille une sorcière qui s’ignore.

Ce qui m’inspire chez cet artiste : 

Ces visages dignes d’un film expressionniste allemand, qui portent dans leurs traits les germes de la mort, le sourire du diable, l’empreinte de l’occulte.

Son site ~ ici ~ 
Son instagram ~ ici ~ 

3. Rik Garrett 

Rik Garrett me fascine. Sa relation à la photographie est purement magique : il shoote dans les forêts environnantes des créatures nues qui semblent tout droit sorties de la scène d’introduction du film Lords of Salem, Haxan ou le final de THE VVITCH :

Il utilise un vieil appareil photo argentique qui a plus de 100 ans et il doit se balader avec une chambre noire portative pour développer ses clichés juste après la prise de vue! Etant donné la difficulté des conditions sur le terrain et la vêtusté de l’appareil, les photos sortent avec énormément de « défauts » qui font tout leur charme et leur mystère.

Ce qui m’inspire chez cet artiste :

Son attrait pour les forêts, les sorcières et la déformation des corps dans des actes sauvages, primitifs. Son travail des contrastes et sa relation avec le hasard en tant que prise de risques créative.

Son site ~ ici ~ 
Son instagram ~ ici ~ 

4. Brittany Markert

George Bataille hante cette demoiselle. Le rapport entre Eros et Thanatos est constant, et le rapport à la douleur est diffus ou carrément explicite dans de nombreuses photographies. Mêlez à cela les cauchemars claustrophobiques de l’enfance et la peur de disparaître ; d’où la nécessité de marquer le monde et conséquemment, le corps de l’autre, vous obtenez le concept « Inrooms » de la jeune photographe.

Ce qui m’inspire chez cette artiste :

Son attachement au spectral qui côtoie si naturellement l’érotisme et la finitude. Ses superpositions révélantes, et l’intimité pétrifiante de ces pièces cloisonnées où le drame intérieur est théâtralisé.

Son site ~ ici ~ 
Son instagram ~ ici ~ 

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Balenciaga, l’oeuvre au noir

Le lieu

Le choix du Musée Bourdelle provoque un vrai dialogue entre les créations de Balenciaga et les statues de Bourdelle, offrant des contrastes dramatiques et toute la dimension épique et tragique que méritent les robes du créateur.

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Le style Balenciaga

Rappelant l’Espagne traditionnelle et son folklore, l’utilisation du noir chez Balenciaga explore toutes les nuances et les lumières de cette couleur mystique. Couturier acharné, il n’a jamais cédé au chant des sirènes américaines et de leurs machines. Adepte des coupes dramatiques, il accompagne, structure et accentue la carrure et la silhouette féminine. Laissant souvent un pan de crêpe voguer au vent, l’effet obtenu sur un corps en mouvement en est cinématographique. Les manches melons, le taffetas chiffonné et boursouflé donnent un résultat plein de volume et confèrent au modèle un charisme unique, digne d’une Cruella d’Enfer.

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Lumières et Transparences

Plis et déchiquetures permettent de créer des jeux d’ombre et de lumière et d’accentuer encore davantage le caractère graphique des tenues. La profondeur du velours, la brillance du satin et du taffetas provoquent de saisissants contrastes qui font du noir une couleur si intense, plurielle et riche qui frise parfois la coruscation : le ruissellement des sequins noirs sur les robes droites éblouissent et font oublier l’existence d’autres couleurs sur le spectre. Le noir se fait charme puissant et implacable envoûtement des sens. L’oeuvre au noir, la dernière étape alchimique, est alors un succès…

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La scénographie

Instaurer un dialogue entre les sculptures et les robes permet de mettre en lumière tout ce qu’il y a de plus graphique, architectural, dramatique et majestueux dans les créations de Balenciaga. Les robes sont tantôt mêlées aux gigantesques statues, tantôt dissimulées dans la discrétion d’isoloirs les protégeant du soleil. Soulever le rideau pour apercevoir la ligne de la robe, les plis et les contours tient de l’expérience esthétique, sensorielle et même érotique. Ce charme du voilé-dévoilé opère à merveille, et enflamme l’imagination en la pimentant d’un goût de revenez-y.

Le clou du spectacle est à découvrir au sous-sol du musée, dans une immense pièce où les ombres semblent danser, et les robes parler entre elles ou faire monstration de leur charme infini dans des one-dress-shows! Sous un éclairage théâtral, la magnificence des étoffes se déploie sous nos yeux, nous invitant à pénétrer dans un royaume pétri de mystères, aux lignes rigoureuses, comme découpées par la lumière…

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Minnie-Rock

Pour cette tenue de mi-saison, j’ai adopté la robe légère rouge à pois blancs du style Minnie, que j’ai décalée avec une petite veste en jean cloutée et délavée, des collants en résille noir ainsi que des bottines noires cloutées. Ces éléments apportent la touche rock à la robe et brisent son côté un peu pop.

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J’aime vraiment cette petite robe légère et efficace, bien coupée, pas chère, le genre d’intemporel qui fait du bien!

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Tenue
Robe, H&M
Veste, Pimkie (old)
Bottines, Can’t remember!!! (too old)
Collants, Calzedonia
Collier, H&M

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Flatlay Printannier

Voici une invocation au Printemps! Du vert, de l’efflorescence, de la dentelle, et du matou. Tous les éléments sont là pour faire venir le soleil!

Même si la couleur globale tire vers le vert amande, tous les verts sont beaux et évoquent les élans printanniers que nous ressentons actuellement. On passe du vert pomme, au vert métallisé tirant sur le bleu en naviguant jusqu’au turquoise.

Pour les bijoux, il y a tout d’abord Artisans du Monde, foyer du commerce équitable, chez qui j’ai trouvé ce superbe bangle feuillagé, et mon amie Chloé qui a réalisé ces très belles boucles d’oreilles. Chloé est bloggeuse et créatrice de bijoux graphiques parés de pierres semi-précieuses gagnant sérieusement à être connus!

Enfin, il est impossible pour moi de faire un flatlay sans le chat qui squatte, donc elle restera sur les photos!

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Flatlay
Sous-vêtements, Darjeeling
Sandales, Eram
Pochette, Maisons du Monde
Boucles d’oreilles, Dailyaboutclo
Bracelet, Artisans du Monde de Bressuire

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Artémis

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Look Loïs Lane

Avec les caprices du mois d’avril viennent les joies vestimentaires! J’ai retrouvé ce trench coat dans mon armoire d’enfance : je l’avais acquis quand j’étais en licence il y a trèèès longtemps, et ne l’avais jamais ramené ici où j’ai 99% de mes accoutrements de l’année. Quelle belle surprise que de tomber dessus à nouveau! Il n’a pas pris une ride, et sa couleur me permet de porter cette robe près du corps que je ne porte plus très souvent d’ailleurs non plus, assortie d’une ceinture-bijou pour bien marquer la taille (mon obsession!). Le drapé du haut contrastant avec l’aspect moulant du bas donne un côté très élégant à l’ensemble, et le trench vient apporter la touche de « urban class »!

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Des épaulettes structurantes

Ce que j’adore dans les trench, les blazer ou les perfecto c’est le fait qu’ils structurent si bien les épaules et étoffent la carrure lorsqu’elle en a besoin, surtout lorsque les hanches sont voluptueuses!


Des escarpins précieux pour la note d’originalité

Ces petits escarpins, ça faisait très longtemps que je les convoitais (avec quasiment autant d’ardeur religieuse que pour les Louboutin) ! Couverts de feutre bleue, ils sont surmontés d’une superbe broche de cristaux d’un bleu roi très profond. Le talon et la semelle arborent des tons or rosé / cuivré qui confèrent à cette paire d’escarpins élégance et originalité. Je ressens les influences renaissance dans cette paire de souliers, les influences plus modernes à la Blahnik, avec cette petite broche brillante qui apporte le raffinement et la préciosité. Je ne pouvais pas rêver mieux!
Manolo Blahnik:  Manolo Blahnik

Le powersuit du XXIème siècle

J’ai vraiment l’impression que le combo robe moulante + trench est devenu le nouveau powersuit, suite à l’acmé du tailleur pour femme dans les 80s. On retrouve la structuration au niveau des épaules, le côté urbain chic et habillé propre au tailleur, mais dans une version beaucoup plus féminisée. Un ami m’a dit qu’il y avait un côté trés Loïs Lane dans cette tenue, je conserve l’idée de la reporter effrontée, téméraire mais féminine pour compléter l’aura de ce look!

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Tenue

Robe, H&M
Trench coat, Jennyfer
Ceinture, Amazon
Escarpins, Ted Baker

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How to be a Party Girl in the 1920s

1927.
La fête bat son plein, tous les invités sont dans le living-room en train de danser, de rire et d’échanger des regards plein d’étincelles. Le champagne coule à flot et le gramophone hurle « Let’s misbehave » de Cole Porter. Le manoir d’en face n’attend que moi! Du pêche sur les paupières et sur les joues, des lèvres grenat, un trait d’eyeliner, un turban pour domestiquer les cheveux en bataille (il est 18h du matin, je me réveille tout juste, je suis un oiseau de nuit!). Des talons vernis, du rouge sur les ongles, j’ai presque fini… Ah oui, ma robe! Je me pare de quelques étoffes veloutées légèrement osées (OMG on ne voit que mes jambes!) et saisis la bouteille d’un sirupeux alcool italien aromatisé à la rose… J’arrive!

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There’s something wild about you child
That’s so contagious
Let’s be outrageous–let’s misbehave!!!

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Tenue
Robe en velours vert Boohoo (le modèle est ici en noir et ici en vert émeraude, version longue)
Boa en fausse fourrure Ebay
Kimono fleuri H&M dans le même style
Escarpins Glitterati
Turban acheté à un particulier
Collants couture Calzedonia
Bracelet/Bagues Newlook & Claire’s

Bouteille de moscato à la rose « Al Vino dell’ Amore » (excellent!)

Photos
Pierre

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Printemps timide

En ce début printannier tout à fait timoré, je porte une tenue qui fait idéalement la jonction entre les saisons. D’un point de vue chromatique, petit clin d’oeil à la grisaille hivernale et à l’efflorescence du mois de Mars!

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L’Homme-Muse

Le rapport entre l’artiste et la muse est souvent vu de manière unilatérale comme étant un rapport homme-femme. La femme exerce un pouvoir incroyable sur l’homme, il ressent le vif besoin de l’immortaliser, de l’explorer de manière multi-dimensionnelle, de lui donner une aura sublime… L’homme lui forge son identité de muse et de femme, la femme l’inspire et chacun se lie via ce cordon invisible, ineffable et puissant. Ils s’influencent l’un l’autre, sont dépendants l’un de l’autre parfois. Un peu à la manière de la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave, l’homme artiste devient vite dépendant de la femme, de sa muse ; et de ce fait, on transcende un tant soit peu les habituelles relations dominant / dominé que l’on retrouve dans de nombreuses représentations homme/femme dans l’histoire de l’art. Heureusement, si l’on est curieux et motivés, on peut trouver pléthore d’artistes femmes qui ont elles aussi contribué à forger l’histoire de l’art. La révolutionner? Je pense que c’est en cours. Ainsi pour cet article, j’ai envie d’explorer de manière théorique les liens qui unissent non pas l’homme artiste à la femme muse, mais à l’inverse, la femme artiste si peu plébiscitée et si peu populaire, à son homme muse. Retrouve-t-on le même genre de relation à première vue sujet-objet qu’à l’habitude? Nait-il de cette performance féminine inspirée par le masculin, une nouvelle écriture, une nouvelle façon de dessiner, de peindre, de photographier? Peut-on parler d’une écriture féminine face à son sujet viril? Et cette nouvelle relation, va-t-elle changer le statut de la femme?

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Poison Lady

« Entre une empoisonneuse et une mauvaise cuisinière il n’y a qu’une différence d’intention » (Desproges)

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Opprimée dans la sphère privée et la sphère publique / L’invention d’une arme typiquement féminine à la hauteur de la violence ressentie

Cela fait plusieurs années que je m’intéresse aux personnages féminins forts dans la littérature comme dans l’histoire. En réalité, je m’y étais toujours intéressée, mais la conscientisation d’un tel attrait s’est faite sur le tard, quand j’ai entamé l’écriture de mon mémoire de master 2 à 22 ans. Je me suis penchée sur une écrivaine anglaise qui me fascine de par son oeuvre protéiforme et si dense : Angela Carter. S’en est donc suivie une kyrielle de coups de coeur et de coups de colère face à mes lectures et mes rencontres. Au fur et à mesure se dessine mon idéal de femme, celui vers lequel j’aimerais tendre. Mais cet idéal est régulièrement en proie à des questionnements et re-définitions perpétuelles : entre débats féministes, questions du genre, désir de conquête et capitalisme. La sphère publique et la sphère privée sont de toutes manières intrinsèquement liées. Et une réflexion propre à un domaine ne se fait pas sans l’autre. Il y a étroite corrélation quoiqu’on en dise ou pense. Et il est un royaume qui m’a toujours intriguée : celui de la violence, et plus particulièrement pour les besoins du sujet aussi, celui de la femme violente. Créatures incomprises, d’un côté admirées, de l’autre rejetées, elles ne laissent personne indifférent. On s’interroge sur leurs motifs, leurs actes et leurs moyens. Elles me fascinent dans le sens où pour moi, elles sont le reflet d’une société extrêmement violente à leur égard. Elles renvoient en pleine face toute la véhémence et la condescendance voire la violence de l’indifférence qu’on a pu leur témoigner.

Il existe une pluralité de violences féminines : violence meurtrière, coup de folie, violence quotidienne, sadisme des vieilles institutrices des années 50, violence de la frustration et des rêves avortés, violence verbale, physique, psychologique…

Celle qui m’intéresse aujourd’hui c’est la violence cachée, la violence qu’on distille tous les jours comme un venin, qui s’insinue dans le foyer telle une vipère dans un berceau… la violence secrète qui fourmille d’un millier de raisons vengeresses… Je veux parler des empoisonneuses. Lire la suite de « Poison Lady »

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Red velvet

YAY un nouvel ootd! Avant de commencer la lecture détaillée des vêtements et accessoires, il faut évoquer la pièce-maîtresse, la source, le moteur du look!
Le point de départ de cette tenue c’était les bottines en velours bordeaux (une vraie obsession).

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A partir de là, on construit le look en remontant. J’avais envie d’une vague impression de continuité au niveau de la jambe, quelque chose d’un peu couture, et le seul élément que j’avais dans les tons bordeaux, c’était ces collants qu’on m’a donnés il y a des années de ça! Ca peut paraître étrange, mais ça fonctionne! Et puis, j’aime assez le mix de motifs, entre les losanges en bas et les pois en haut, let’s go! Lire la suite de « Red velvet »

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Cherry dreams

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Nostalgie d’une époque et d’une jeunesse dorée

Le Rockabilly est mort, vive le Rockabilly! Depuis une bonne décade maintenant, le rockabilly a le vent en poupe! Véritable résurrection des 50s, la génération des enfants nés dans les 70s ou 80s (ou encore plus tard!) ressent vivement la nostalgie de cette époque décrite par les grand-parents, période post-guerre d’abondance et de fête, de légèreté. C’est aussi dans les 50s que le culte de l’Amérique bat son plein en Europe et ailleurs, le jean devient archi-populaire, les pinups (images de femmes légèrement vêtues et séduisantes) envoûtent les soldats partis pour le Vietnam. Après le culte de la femme fatale dans les 40s, la femme devient plus légère, plus joueuse, plus libérée (cf Bettie Page!) Aujourd’hui, un tas d’évènements célèbre cette nostalgie des Fifties, j’avais défilé dans les superbes tenues de Daisy Cotton en novembre Lire la suite de « Cherry dreams »

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Flowery Dandy / Morphodécryptage

Pour ce look du jour, ma pièce-maîtresse était cette chemise assez printannière de Boohoo! Je ne savais pas trop comment l’associer, je pensais jupe mais rapidement j’avais l’impression de ressembler à une mémé, et puis large en haut, évasé en bas, ça le faisait pas du tout. Avec une jupe crayon carrément! Mais pour aujourd’hui, je m’en suis tenue au jean (le slim n’est pas vraiment la meilleure des coupes pour moi, mais je voulais que mes chaussettes soient apparentes!)

L’association derbies/chemise fleurie / blazer bien cintré bleu nuit en velours et le slim donne un côté dandy printannier à la tenue. Je voulais montrer mes petites chaussettes en lurex bleu assorties à la veste 🙂 Et puis j’avais envie de célébrer le retour du soleil, les jours qui s’allongent et en dépit du froid mordant, ce beau ciel bleu m’inspirait totalement. Lire la suite de « Flowery Dandy / Morphodécryptage »

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Starry night ou l’avènement de l’imprimé étoilé

J’aime donner des noms à mes tenues alors celle-ci s’appellera « Starry Night / Vibrant Dusk » pour évoquer le mariage du bleu nuit et du prune/fushia, deux couleurs qui pour moi fonctionnent bien ensemble.

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Pour ce look, je suis restée assez sage mais j’aime les coupes newlook et les jupes et robes évasées, donc je suis partie sur une association Lire la suite de « Starry night ou l’avènement de l’imprimé étoilé »

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Miami Art déco

Petite planche d’ambiance de toutes les perles art déco que j’aimerais voir une fois dans ma vie à Miami, à côté du mythique Ocean Drive…

Couleurs vives, courbes épurées, typographies superbes, néons, palmiers, océan azur et voitures des années 50… les ingrédients parfaits pour me faire rêver éveillée! Je crois que le retour aux USA s’impose avec un passage obligatoire à Miami! Lire la suite de « Miami Art déco »

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Couleurs de l’Andalousie

Une sélection de photos personnelles de Séville, Grenade et Tolède. J’ai adoré mon séjour il y a deux ans en Andalousie. C’était un rêve que je chérissais depuis très longtemps, étant totalement éprise de cette architecture riche de plusieurs influences mudéjar, islamique, nasride, art nouveau, baroque… J’ai eu un véritable coup de coeur pour les portes, les cours et les couleurs! Malheureusement, je n’avais pas un bel appareil photo avec moi, donc cela ne retransmet pas fidèlement la beauté que j’ai pu admirer lors de mon séjour.

Un mix de portes et de voûtes mémorables :

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Visions of Fashion, Karl Lagerfeld

Cet été, je fus littéralement charmée par mon voyage en Italie. Et pour moi la surprise et le clou du séjour fut la visite du Palazzo Pitti et de l’exposition « Visions of Fashion » de Karl Lagerfeld. Cette expo fut un réel enchantement.

Tout d’abord, il y a cette grande salle blanche de style Renaissance, où flottent d’immenses photos de mannequins éclairées par un sublime lustre. Face à ces silhouettes longilignes qui se balancent au gré de la brise Lire la suite de « Visions of Fashion, Karl Lagerfeld »

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La journée parfaite à Florence

Ah Florence! Le fameux « musée à ciel ouvert » (ah ah l’expression qu’on retrouve dans tous les guides, sur tous les sites…) il n’empêche, hormis l’atroce répétitivité de l’expression que j’ai immédiatement envie de rénover, cette réputation n’est pas du tout usurpée! C’est assez dingue de vivre cela même. Je n’avais jamais vu une telle concentration d’art et de beauté où que ce soit!

Je vous mets en garde direct, une journée ne serait jamais nécessaire pour faire tout ce que vous souhaiteriez faire dans la ville, prenez minimum 3 jours. Mais lorsque j’y suis allée cet été, mes journées ressemblaient à peu près à ce que je vais décrire ici-bas. Il faut être prêt à braver la fatigue (et la chaleur!), mais il y a tant de choses à voir et à faire qu’on oublie vite son corps. Bref, partez légers comme l’air et remplissez-vous de magnificence et d’idées!

1. Une touche de luxe en arrivant

Pas loin de la gare se trouve la pharmacie de la Reine! Si vous arrivez par la gare, il faut absolument faire un détour par l’Officina di Santa Maria Novella. Il s’agit d’une sublime pharmacie / apothicaire où la reine d’angleterre vient régulièrement se fournir. L’entrée magistrale débouche sur des pièces sublimes, des vitrines qui laissent rêveur et un superbe petit salon de thé. N’hésitez pas à ramener un petit souvenir! Tout n’est absolument pas hors de prix.

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Nude tones

Aujourd’hui, je travaille sur trois couleurs principales pour le look : noir, aubergine et nude mais c’est vraiment sur le haut que je souhaite attirer l’attention car les bijoux dans leurs teintes opale, or rose, ou translucide s’accordent bien avec les tons nudes que j’ai adoptés pour le haut à dentelles.

J’adore le fini de ce top que je trouve absolument divin. Délicatement ajouré, il est absolument transparent et révélant… Il est essentiel de porter du nude en-dessous pour ne pas gâcher la vue de la dentelle! Lire la suite de « Nude tones »

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Dentelles noires

Pour ce look, j’ai choisi un style très gothique, aux tendances victoriennes. C’est vrai que je ne suis pas sortie de la bichromie mais je trouve que pour un style gothique/chic, ça fonctionne bien. Je pense qu’une de mes couleurs préférées est le bordeaux. Le velours bordeaux est si intense! Marié à la dentelle noire, je suis au paradis. Lire la suite de « Dentelles noires »

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Nuances de vert

Aujourd’hui j’avais envie de partager les couleurs ultra saturées des différents tons de vert dont j’étais parée et dont je suis tellement fan. Je pense panacher ce Blog de plusieurs « outfits of the day » pour varier les plaisirs. C’est vrai que j’aime passer du temps à écrire mes articles, à faire des recherches et surtout j’aime publier les superbes photos de mes proches ! Mais je crois que publier un look de temps à autres, avec simplement quelques photos de détails et couleurs peut aussi contenter un besoin esthétique compulsif. Un BEC quoi 😂

Mais je ne veux pas quitter des yeux le but premier de ce Blog qui est évidemment de fournir des articles qui « catch » et qui explorent les problématiques psycho/socio/littéraro/artistiques liées à la mode. J’ai encore plein d’idées et d’envies, certaines pas encore réalisées parce que je suis une brêle techniquement parlant et que je vais avoir besoin de sculpter un truc… mais deux séances photo assez « majeures » sont en projet et j’ai sous le coude deux très chouettes articles accompagnés de superbes photos à vous faire découvrir !

Bref j’ai dit que je ferais simple et court, foutez moi au coin j’arrête de babiller, voici les photos des Shades of Green :

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Evil Queen

Pour ce nouveau shooting, Sandrine, Jim et moi, les comparses perpignanais, avons investi le magnifique Hôtel Pams situé dans le vieux centre de Perpignan. Cet hôtel particulier datant de la fin du XIXème regorge de joyaux : le parc et ses statuts de divinités (Venus et Pan), le superbe escalier de marbre et d’onyx, et évidemment les peintures de Paul Gervais qui ornent les murs. C’est une petite pépite art nouveau, une pierre précieuse que trop peu de gens connaissent!

Nous avons profité du cadre sublime pour travailler sur différents thèmes qui nous sont apparus évidents de par le choix de nos tenues d’abord, et de par nos affinités et questionnements personnels. Sous l’égide de la déesse Vénus, nous avons exploré avec Sandrine différentes visions de la beauté. La beauté naturelle, la beauté quêtée, inlassablement poursuivie et maintenue, l’obsession voire même l’asservissement au beau, à travers l’instrument qui bâtit l’égo : le miroir. Lire la suite de « Evil Queen »

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La journée parfaite à Barcelone

Si vous avez l’occasion d’aller à Barcelone, premier conseil, passez-y au moins 3 jours pour admirer la ville, son architecture incroyable et profiter de tous les délices que vous rencontrerez le long du chemin! Mais si l’on devait imaginer une journée parfaite à Barcelone, voilà ce que j’y ferais, en 7 points! Lire la suite de « La journée parfaite à Barcelone »

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Before the Party / 2017 L’Année Magique

A l’approche du réveillon, situé dans l’espace entre la préparation et le passage à 2017 se trouvent le rêve, l’attente, et introspection et bilans mis à part, les fantasmes projetés sur la nouvelle année.

J’aime l’idée des bilans pour sonner le glas d’une année écoulée et en entamer une autre, mais avant toute chose, je crois que je préfère la projection de rêves tous plus fous et réalistes les uns que les autres pour l’année à venir. Je crois en une forme de pensée magique, que plus on projette des choses belles et positives sur un lieu, une situation, une personne, plus ces choses sont à même de se réaliser. D’où la multiplication de synchronicités ou « d’actes magiques ». Lire la suite de « Before the Party / 2017 L’Année Magique »

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Collioure, berceau artistique

Inspiration pour Matisse, Picasso, Dali, Maillol ou encore Mucha et certaines théories fantasques et intéressantes (le clocher de Collioure serait hermaphrodite), Collioure est un puissant vivier esthétique et artistique.


Ce qui interpelle ici, ce sont les couleurs chatoyantes des maisons, des portes et des volets qui se mêlent harmonieusement au bleu de la mer allée avec le soleil, définition rimbaldienne de l’éternité. Il y a définitivement quelque chose de Lire la suite de « Collioure, berceau artistique »

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Diktat quotidien et délégation de pouvoir personnel : réquisitoire contre l’auto-esclavage

Pourquoi est-ce que je ne respecte jamais les horaires, les échéances, et autres consignes limitées par un impératif (tout subjectif) temporel et spatial?

Car pour moi, le temps n’existe pas, j’ai décidé de bannir les objets de diktat quotidien (comprendre = réveil), car le temps devrait être avant toute chose du désir converti en moments passionnants. Lire la suite de « Diktat quotidien et délégation de pouvoir personnel : réquisitoire contre l’auto-esclavage »

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L’Oeil et la Méduse

Le contexte

Pour cette séance photo (avec Frédéric Gentilleau) improvisée au Lieu Unique à Nantes à l’occasion de l’envoûtante exposition « Le Vide et la Lumière » de Evelina Domnitch et Dmitry Gelfand, j’ai eu envie de créer de nombreux parallèles artistiques et mode, qui j’espère, vous intrigueront et vous feront peut-être Lire la suite de « L’Oeil et la Méduse »

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MTP / MJ

Pour cet article, j’avais envie de rendre hommage à un de mes aliens préférés, Michael Jackson! Ces photos ont été prises cet été à la nouvelle mairie d’Antigone à Montpellier par mon amie Elsa. (cette nouvelle mairie est assez dingue, vertigineuse, pleine de lumière et permet les jeux optiques! j’adore!)

(je ne sais pas comment j’ai fait pour bondir aussi haut sur la première!)

Inspirations 

Ce look est vraiment simple, mais la pièce maîtresse, ce sont ici les chaussures! J’ai déniché ces derbies à Milan, ce sont des cult shoes, très résistantes et ultra originales. Lire la suite de « MTP / MJ »

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Le Contre-article Beauté avec 3 mois de retard

Bon déjà bronzer ça me fait chier. Faire du sport pour perdre du poids, me faire un fessier callipyge instagramable sur fond de voilier, j’ai la flemme.

Au delà de tout ça, -et je ne remets pas en cause la valeur de ces raisons- j’en ai marre que tous les étés on me lobotomise avec les squats, le bronzage, les crèmes contre le lard, le mou, les vergetures.

Qui est ce on? Oui, les magazines, oui les publicités.
Mais en fait, je les regarde quasi jamais. C’est plus mon feed instagram, facebook qui finit par me fatiguer. Pas les gens. Mais les photos de leurs activités. De leurs bouts de corps qui seraient potentiellement photographiables (cf les cuisses saucisses / les fesses abricot / les boobs et les bouches cerise). Je suis comme tout le monde, ça me fait rêver jusqu’à ce que ça me fasse sincèrement profondément chier. Pour plusieurs raisons. Lire la suite de « Le Contre-article Beauté avec 3 mois de retard »

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Devenir Fantôme

////(les textes sans auteur identifié proviennent de mes carnets personnels)

« There’s a ghost of a dream that you don’t even try to shake free off because you’re too in love with the way she haunts you. » Kamila Shamsie, Kartography

L’absence de l’être aimé : rêve de fusion, distanciation du regard

« Mais c’est mon unique aspiration, m’acheminer jusqu’à la boîte de Pandore que tu gardes comme un îlot de solitude, et boire toute l’eau qui nous sépare, divulguer nos secrets à la lune, faire d’Hécate notre maîtresse, nager dans les bras d’une mer oubliée vêtus de désirs, fumer le doux opium de ton âme ancienne, dormir au creux d’une épaisse canopée, communiquer par tirades sibyllines, nous observer à travers des toiles adamantines, y percer nos peurs ancestrales, faire pousser de nouveaux sens nés du partage absolu, et recréer un univers à partir de nos fusions lunaires. »

La rêverie débute toujours par une absence. Lire la suite de « Devenir Fantôme »

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Soieries florales

Pour ce shooting avec ma talentueuse amie Elsa, nous sommes allées au Grand Travers faire virevolter nos jupes légères!

WOOP

Cette jupe a une histoire, je l’ai trouvée lors de mon voyage à Florence en Italie dans une petite boutique vintage absolument merveilleuse : Lady Jane B! Je recommande absolument cette pépite, et sa propriétaire est tout aussi délicieuse que les pièces originales et sublimes qu’elle vend!

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C’est simple, Florence n’a été qu’une succession d’évidences : tout, absolument tout, y était parfait, sublime, raffiné… Qu’il s’agisse d’art, de sculpture, de mode, de cosmétique, de gastronomie et de bons vins… J’ai été séduite par la ville, et je remporte avec moi quelques parfums floraux et cette merveilleuse jupe qui ressemble à une tapisserie florentine à la coupe des jupes corolles des années 50… Lorsque je l’ai vue dans la vitrine, c’était comme une évidence, le « colpo di fulmine » 😉

Merci à Elsa pour les photos, la créativité et les gifs!

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 Rapide histoire du motif floral en Europe

Importé depuis la Chine, le motif floral s’est réellement imposé en Europe comme un signe de richesse autour du XIV et XVè siècles. Les villes italiennes raffolaient des pans floraux de velours tout droit venus de l’Empire Ottoman.

Avec la révolution industrielle, le motif floral a réellement « explosé » outre manche, l’Angleterre connut l’apogée du tissu liberty autour du XIXè siècle.

Cette jupe pour moi correspondrait davantage au design de William Morris, célèbre penseur préraphaëlite :

Et au design de certaines fleurs de natures mortes du XVIIè, avec ce fond noir comminatoire et ces gros pétales flamboyants ouverts perdant progressivement de leur superbe…

Détail d’un tableau de Jan van Huysum
Natures mortes de Willem van Aelst

Ouverture

J’aimerais faire une ouverture artistique vers celle qui photographie à mon sens le mieux les femmes et les fleurs : Kirsty Mitchell. Ses photos sont inspirées d’atmosphères de contes de fées, regorgent de brumes mystérieuses et reprennent le code préraphaëlite du langage des fleurs. Chaque fleur a une signification bien précise, et permet de faire passer des messages subtils sans les verbaliser…

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Les Remparts Rouges

“Faire rêver les hommes est souvent le moyen le plus sûr de les tenir endormis – précisément parce que le rêve leur donne l’illusion d’être éveillés.” Gustave Thibon

Un lieu, une symbolique conformiste

Pour cette série de photos intitulée « Les Remparts Rouges » prise par Jim, je voulais trouver une belle maison du sud qui puisse avoir quelque chose d’hollywoodien dans le style (blanc, minimaliste, rappelant le désir conformiste du « white picket fence », symbole de réussite sociale aux USA). Ces photos ont été prises non loin des remparts de Perpignan, et pour moi les « Remparts Rouges » évoquent toute une symbolique très spéciale, faite de l’agrégat de plusieurs éléments esthétiques, cinématographiques et psychologiques.

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Le costume, un reflet des fantasmes
Lire la suite de « Les Remparts Rouges »

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La Femme des 50s : l’incomplète silencieuse

Si en tant qu’épouse, elle n’est pas un individu complet, elle le devient en tant que mère : l’enfant est sa joie et sa justification.
Le Deuxième Sexe (1949), Simone de Beauvoir

Un malaise passé sous silence

On assiste dans les 50s à l’émergence de la seconde vague féministe. En France, Simone de Beauvoir ouvre la voie aux multiples combats de la femme, aux USA c’est Betty Friedan qui crève l’abcès en 1963 avec The Feminine Mystique, la femme et son « problem that has no name », ou la mystification du malaise féminin dans la société. Soumise à la très forte injonction sociale de se marier et de procréer pour devenir un individu complet, de plus en plus de femmes ressentent un mal-être que personne n’avait encore jamais vraiment démystifié.

Friedan ose mettre des mots sur cette crise profonde que vit la ménagère des 50s. Sa comparaison est extrême, mais peut-être contribue-t-elle à éveiller enfin les consciences :

« Il n’est que temps de comprendre que l’état de ménagère à lui seul crée chez les femmes un sentiment de vide, de non-existence, de néant. (…) Il n’est pas exagéré d »affirmer que la femme qui s’adapte au rôle de ménagère, qui grandit dans la seule ambition de n’être « qu’une ménagère », court le même danger que ceux qui par millions entrèrent dans les camps de concentration pour y trouver la mort – et que ceux qui, par millions, refusèrent de croire à l’existence de ces mêmes camps. » Lire la suite de « La Femme des 50s : l’incomplète silencieuse »

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Garage Art Déco / Pinup Rétro

Pour commencer cette série sur les 50s, Jim et moi avons choisi une localisation quelque peu étonnante dans un quartier proche (Vernet) de Perpignan. Cette première série est consacrée purement à la mode, aux couleurs, aux superbes compositions graphiques de Jim, mais il n’y aura pas de commentaire social ou satirique… pas encore ! Une deuxième série va suivre et je ferai un point sur les auteurs importantes (pour moi) des 50s ainsi que sur quelques poétesses que je chéris particulièrement aux parcours de vie assez complexes…

En attendant, voici les premières images de notre remontée dans le temps !

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Le lieu : à l’image des 50s

Le garage art déco un peu vieillot et le rose cuisse de nymphe de la porte alliés à la lumière de fin d’après-midi nous ont permis de jouer avec l’ombre et le soleil et de donner un rendu très doux, dans l’esprit pastel et tout simplement Fifties !

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La pièce maîtresse

J’aime composer mes looks en partant d’une pièce maîtresse, dont le reste de la tenue découlera tout naturellement. Il peut s’agir d’un vêtement ou même d’un simple accessoire, mais à partir de cette pièce, le reste n’est que composition d’un tableau dont on se veut le maître ! La pièce maîtresse et moi avons une histoire bien particulière : il s’agit de la jupe, qui n’est autre que la jupe de ma grand-mère née au début des années 20. Jupe qu’elle portait donc dans les années 40/50… Elle est en excellent état, s’attache avec des sortes d’agrafes, et le tissu est doublé, un peu lourd mais fluide. A partir de la jupe, qui a été pour moi comme un cadeau précieux hérité de ma famille paternelle, j’y ai ajouté un tout simple chemisier rouge pour rappeler le rouge ardent des roses, une paire de chaussures à talon vertigineux et puis la paire de lunettes « Lolita » qui me rappelle tellement l’époque d’American Graffiti, avec ce petit clin d’oeil Nabokovien… Quant à la coiffure, simple mais efficace, chignon/bun et petit nœud dans les cheveux.

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Jupe des années 50 Riechers & Fils – Chemise Pimkie – Sandales Mango – Lunettes Amazon

« Des femmes-fleurs, aux épaules douces, aux bustes épanouis, aux tailles fines comme des lianes et aux jupes larges comme des corolles » (Christian Dior) 

Nous sommes vers la fin des années 40. A cette époque tout juste post-guerre, on éprouve le désir de marquer la féminité, et d’en finir avec le style « pratique » et masculin de Coco Chanel. L’oeil mâle est en manque de courbes, a t-il besoin de réconfort sensuel et maternel après le second trauma de WWII? A bas l’uniforme de travail, on redonne à la femme sa « féminité égarée ». L’euphorie regagne le pays, et on souhaite se démarquer de l’androgynie propre aux années 20 (robe tube, cheveux courts « bob »…). Les vêtements sont très cintrés, resserrés à la taille par une ceinture. Christian Dior lance le style « newlook » vers la fin des années 40. La taille doit être fine, les épaules petites et rondes, les hanches marquées par des jupes amples, fluides et juponnantes. La silhouette en vogue c’est le fameux sablier : seins/taille/hanche mis en avant. On sent ici un léger revival de l’époque 1900, où les courbes de la femme étaient flattées, amplifiées par le port de vêtements étriqués en haut (corset…) et volumineux en bas, que l’on retrouve avec les jupes « corolle » très à la mode dans les 50s.

Influences

Sue Lyon et sa paire de lunettes Coeur dans Lolita, roman de Nabokov adapté par Kubrick,
Marilyn Monroe et sa tenue rouge vibrante,
Lauren Bacall et sa robe corolle,
Sophia Loren et ses courbes incroyables,
Grace Kelly dans La main au collet de Hitchcock,
Le style newlook par Christian Dior,
Yves-Saint Laurent pour Christian Dior en 1950 (robe noire à fleurs rouges)

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Dangereuse Alliance

 

Anthropomorphon

A la lumière évanescente,
Je veux sur une tombe esquisser une envie indécente
Au crépuscule pourpre et sang,
M’enivrer des spectres dansants…

A l’ombre touffue,
Je veux être Lilith déchue
A la veillée écarlate,
Embrasser les doux yeux d’Hécate…

A l’orée d’un jardin de lune,
Je veux me parer des plus naturelles fortunes
A la lueur des étoiles dessinées,
De lierres, de roses, de lilas et de jasmin m’orner…

A l’aurore éclipsée,
Je veux ouïr les frêles étreintes des fées

A l’heure lycanthropique,
Que l’herbe de Circé pousse un ultime cri magique…

Au coeur de la nuit sauvage,
Je veux bleuir et m’éteindre au plus bel âge

A la chaleur d’un bois possédé,
Boire la sève éternelle des sorciers…unnamed (1)

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En 1996, le film « The Craft » (rebaptisé en français « Dangereuse Alliance ») réalisé par Andrew Fleming sort sur les écrans. Pour son 20ème anniversaire, nous nous sommes laissées tenter par un photoshoot Lire la suite de « Dangereuse Alliance »

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1990s

Ces photos ont été prises au château de Bressuire et près d’un chemin empli de digitales, plante toxique et magique par excellence, avoisinant les 2m de haut. Perdues au milieu des décombres urbains et naturels, nous avons improvisé une séance photo centrée autour d’éléments très simples :

– le portrait
– le noir et blanc
– les 90s
– l’urbex (urban exploration)

Rapide tour des basiques des 90s :

– le tie and dye (ici complètement monochrome)
– les doc martens Lire la suite de « 1990s »

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Le Château d’Oiron

S’il y a un endroit, et un seul endroit que je recommande en Deux-Sèvres c’est cet incroyable et insolite château. Situé à Oiron, village proche de Thouars, ce château du XVIè siècle abrite d’incroyables installations d’art contemporain jouxtant des trésors de faste.

C’est un cabinet de curiosités à lui seul, proposant des œuvres hybrides, étranges, des animaux imaginaires, si réalistes qu’en les voyant on recrée leur histoire comme s’ils avaient toujours été parmi nous ! (Les Misfits de Thomas Grünfeld)

Mais c’est aussi un magnifique écrin où l’art contemporain est roi ! Lire la suite de « Le Château d’Oiron »

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Masculin / Féminin, un approfondissement

Le style Masculin / Féminin est une énigme. Il a tantôt provoqué, tantôt été admiré. Le pantalon issu du dress code masculin, a suscité de nombreuses réactions lorsque réapproprié par la gent féminine. Pratique, élégant, synonyme de pouvoir… Combiné au blazer ou encore à la chemise blanche, il fait partie de l’ensemble « powersuit », ensemble destiné à renverser le pouvoir et à l’injecter via la tenue notamment mis en exergue chez les working girls. Je dresse ici une brève rétrospective des noms marquants liés à l’émergence du style masculin adopté par les femmes, et des contextes et codes qu’il sous-tendait.

A l’origine : guerres et ascension de Coco Chanel

Dés la première guerre mondiale, les femmes ont été réquisitionnées en tant que nouvelle main d’oeuvre. Il fallait des tenues pratiques, des tenues d’hommes. Le pantalon adopté par les femmes est apparu à ce moment là, mais n’a réellement été démocratisé que quelques années plus tard avec Coco Chanel. Cette avant-gardiste du style piochait allègrement dans les armoires de ses amants, Lire la suite de « Masculin / Féminin, un approfondissement »

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Masculin / Féminin

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« Pour une femme, le smoking est un vêtement indispensable avec lequel elle se sentira continuellement à la mode car c’est un vêtement de style et non un vêtement de mode »
Yves Saint Laurent  

Rien que des basiques

Pour réussir un look masculin / féminin, il faut se munir de basiques. Du monochrome. Du pantalon de tailleur. Des escarpins. De la chemise blanche.

Tout l’effet désiré du chic androgyne réside dans le décalage des styles et dans le contraste monochromatique.

Personnellement, je trouve qu’un crop top en dentelle allié à un pantalon de tailleur a quelque chose d’immensément féminin, Lire la suite de « Masculin / Féminin »

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Perpignan, Ville Art Déco / Romane / Régionaliste

A l’occasion de ce shooting, nous avons été inspirés par le superbe patrimoine architectural de Perpignan. Jim et moi sommes tous les deux originaires du 66, et re-découvrons maintenant à l’âge adulte, les superbes maisons et hôtels particuliers de la ville. Il n’y a rien de « tape à l’oeil » ici, aucune réelle cohérence, mais c’est ce qui rend la découverte de pépites encore plus excitante ! La maison devant laquelle nous avons pris ces photos est située avenue de la gare et n’est pas sans rappeler plusieurs influences : à la fois art déco aux formes épurées, art roman avec ses baies et ses balcons de brique rouge, et typiquement sudiste, avec ce côté légèrement hacienda bordée de palmiers. On sait aussi que l’utilisation de la brique et de la tuile est ici typiquement régionaliste et fait partie d’un imaginaire méditerranéen.

La tenue associée à la superbe villa Paynard est celle de la robe foulard, aux teintes noires, rouges, beiges, à motifs. Je souhaitais rester dans l’esprit hispanisant, Lire la suite de « Perpignan, Ville Art Déco / Romane / Régionaliste »

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Rêverie Solitaire

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« Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d’être habité »
Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloïse

J’ai toujours rêvé avec intensité et pendant de nombreuses années, je ne vivais pas, je rêvais.

Comment passer du statut de l’introvertie qui rêve en secret à la naïade qui se prélasse près de l’ondée, attire les satyres par son chant esseulé et fait de sa nature une force?

Pour cette photo près d’un petit étang où Jim me transforme en naïade ou encore en lymnade (nymphe des lacs), plusieurs idées me sont venues en tête. Tout d’abord, il s’agissait de représenter très naturellement les rêveries de la promeneuse solitaire, celle qui se recueille près d’un petit lac d’hiver pour s’abîmer dans ses pensées, fuir l’urbanisme, la modernité, et les rapports sociaux. Le paysage reflète ses pensées, et dans la nature elle trouve le chemin vers son propre plaisir. Lire la suite de « Rêverie Solitaire »

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Senteurs d’Orient

Deux choses me transportent intensément dans la vie : le parfum envoûtant d’un mystérieux inconnu et la contemplation d’un ciel en feu.

Pour moi ces deux expériences sont assez proches sensoriellement, elles revêtent toutes deux cette qualité exceptionnelle, quasi-miraculeuse. Cet instant est si précieux, si fugace, notamment car le souvenir ne sait jamais parfaitement le raviver, et de fait il l’embellit comme pour revivre l’instant de grâce.

Les sens déglingués, les sens hypertrophiés : un accès direct à l’imaginaire

Mes sens sont comme hypertrophiés, je n’ai pas vraiment une vision, une ouïe ou un goût particulièrement affutés, j’ai plutôt tendance à laisser ce genre de choses évoluer naturellement sans trop essayer d’intervenir, mais plutôt d’observer les évolutions diverses et de créer à partir de ces « défauts ». Lire la suite de « Senteurs d’Orient »

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From Misfit to Fatale

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“Si la littérature n’est pas pour le lecteur un répertoire de femmes fatales et de créatures de perdition, elle ne vaut pas qu’on s’en occupe.”
Julien Gracq 

De l’antiquité jusqu’à American Horror Story, les misfits, les exclus, les rejets de la société ont toujours été représentés. Qu’il s’agisse de Lilith, de Médée, de Médusa dans la Bible ou la mythologie, ces personnages couvaient un secret, ne pouvaient entrer dans le moule et refusèrent d’être inféodés aux hommes. Mais aujourd’hui ces personnages si controversés sont devenus de véritables antihéroïnes admirées et adulées par le plus grand nombre.

Tim Burton a consacré son œuvre aux outcasts, représentant sans cesse leur différence par l’utilisation d’un locus précis (le Château gothique d’Edward aux mains d’argent surplombant la ville bariolée de Suburbia), d’outils de contraste (couleurs vives versus noir), de tropes et d’archétypes (la demoiselle en détresse, la tentatrice, le savant fou…) qui ont réellement contribué à glorifier la « différence » en devenant un référent populaire aimé par les masses. Autre exemple de l’évolution très positive du Misfit : American Horror Story encense les exclus dans chacune de ses saisons un peu plus (Freak Show incarnant une forme d’apogée laudative du rebut de la société), on assiste vraisemblablement à la démocratisation des icônes marginalisées, en passant par la production de masse d’objets ou de vêtements qui il y a 30 ans symbolisaient un réel choix politique, une marginalisation qui à présent est devenue ‘mainstream’ !

La Femme Fatale, l’icône du misfit

Si l’on croise l’archétype du Misfit avec celui de la Femme Fatale, on peut trouver de nombreuses ressemblances. La Femme Fatale pourrait être une sirène, une vampiresse, une veuve noire, une fée… Elle est mue par des motifs qui lui sont propres, qu’elle ne révélera sous aucun prétexte. Elle attire les proies dans sa toile d’ araignée venimeuse et enchaîne les victimes, étant elle-même victime de son insatiabilité. Lire la suite de « From Misfit to Fatale »

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A propos

Avez-vous déjà vu les souterrains du glamour ? Exploré les catacombes de l’élégance ?

Déchirez le tissu qui recouvre pudiquement les corps qui voyagent entre les époques, les styles et les idées. Plongez vous dans l’Envers des Corps.

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Notre blog est né de l’alliance de trois sensibilités complémentaires : l’une photographique, journalistique et architecturale de Jim Lefeuvre, l’autre plus graphique, design, et d’inspiration vintage de Pierre, puis la mienne puisée dans la littérature, la peinture, et bien sûr la mode. Nous sommes tous les trois connectés d’un point de vue artistique et visuel et avons voulu transmettre le fruit de nos réflexions communes. L’idée du blog est partie d’une discussion au bar avec Jim. On voulait travailler ensemble sur un projet libre et créatif. On venait tout juste de faire nos premières photos Misfit/Fatale pour le fun et on s’est dit : « pourquoi ne pas renouveler plus souvent le fun ? »

Plusieurs tapas et bières plus tard, les idées fusaient et mon carnet était déjà noirci et constellé de références délirantes. On voulait parler de mode, d’inspirations littéraires, artistiques, en faisant de très belles photos dans des lieux marquants qui portent à eux seuls le message qu’on s’évertuerait à transmettre à travers les poses et les tenues. On voulait vivre la théorie de la réalité interne de Steinbeck à fond : le paysage externe représente notre paysage interne, d’où l’importance d’une belle photo. Mais ce n’est pas tout. On ne veut pas faire d’exposé, de catalogue des styles et des époques. On a sincèrement envie de mordre dans le lard des représentations. De déconstruire la vision papier glacée des époques qu’on admire, de montrer les paillettes et la colle dégoulinante derrière. Nous nous attaquons aux archétypes ancrés dans la mode et la littérature, aux courants de pensée dominants et aux failles de chaque archétype, aussi glorieux et magique soit-il. On veut voir des corps oui, mais aussi l’envers des corps.