Au croisement des éléments

A l’occasion des vacances s’approchant à grand pas et par grand besoin de décompresser pour certains, nous sommes partis une journée à Noirmoutier entre amis. Au-delà de la torride torpeur qui nous fit explorer avec d’autant plus d’ardeur la fraîche vasteté océanique pour ne faire qu’un avec TOUS les éléments, nous avons pu vadrouiller comme des touristos et expérimenter la marée montante. Un paysage et des sensations uniques (bien que moins épiques que ce que l’on peut se représenter puisque nous ne nous sommes pas frottés à la possibilité de se laisser emporter comme des méduses échouées).

Le blog a fêté il y a peu son premier anniversaire (such a baby), et c’est sans préméditation aucune que la boucle a été bouclée : je porte aujourd’hui la même tenue que lors des premiers shootings réalisés avec Jim à Perpignan. La synchronicité est au rendez-vous pour ceux qui la cherchent!

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Il s’agit ici de la robe foulard de chez Asos, toute en légèreté et en sophistication aux accents 70s. Coiffée d’une capeline noire, tartinée de crème indice 70, et me promenant avec mon immense parapluie, mes amis m’appellent « la Japonaise » ou « Claire-Mary Poppins »!! La diaphanéité est à la fois une bénédiction et une malédiction. Venant d’une contrée chaude et méditerranéenne, c’est un pur comble de craindre autant le soleil, mais il en a toujours été ainsi, et je ne tiens pas à partir en lambeaux dés les premiers jours d’été. Ceci dit, j’aime cultiver ma pâleur aussi, et sais que cela prendrait bien trop de temps pour moi de choper ce petit hâle doré qui sied si bien aux blonds ou aux yeux clairs. Alors je préfère rester sur des valeurs sûres! Pale & Proud!

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Pour ces photos, nous nous sommes aventurés là où la marée monte ostensiblement (jusqu’au niveau de ma tête) en prenant des airs de déesse du vent : Eole au féminin (Aura par exemple, la déesse de la brise). Il y a autre chose qui me fascine dans ce paysage :  c’est la verticalité de cette échelle qui pourrait évoquer le pole dance de la mer!

Face à la légèreté de la brise, l’aspect vaporeux du tissu qui flotte dans les airs et la chaleur intense du soleil qui darde ses rayons, j’ai eu envie de revenir sur les éléments naturels dont nous nous sentons les plus proches. Le feu et l’air sont deux éléments qui m’ont toujours portée. Le feu pour l’énergie, la flamme de la connaissance et de l’enthousiasme. L’air pour le désir d’expansion, la communication, la curiosité et l’attrait pour l’intellect et l’art. Le feu aussi pour le tempérament sanguin, colérique, impatient, trop intense, peu discret, sans compromis. L’air aussi pour la haute tendance à la dispersion, à la difficulté de finir les choses, au désir de rester à la surface et de simplement goûter à tout.

A l’orée de cette période estivale qui se profile mouvementée, je réserve quelques journées pour des shootings dans des lieux graphiques, sculpturaux et épiques. Je brainstorme actuellement sur les symboliques des endroits sélectionnés, les images qu’ils m’évoquent, et je réfléchis aux tenues les plus adéquates pour véhiculer au mieux les idées et les visions qui me traversent. Je me rends compte que la dimension poétique, psychanalytique et mystique est souvent présente, même si elle ne se perçoit parfois qu’en toile de fond. Tout ce que je fais aujourd’hui semble tendre vers l’équation parfaite de tout ce que j’ai appris et aimé les 25 premières années de ma vie. Depuis quelques temps, je brainstorme, mets en forme et accouche des concepts qui m’ont portée jusqu’ici. Autrefois ma faim pour le mystique était vive et dévorante. Depuis 5 ans, elle s’est comme amenuisée, je pense en partie car la mise en action des rêves et des concepts s’est inéluctablement produite au moment fatidique du passage à la vie active. Mais ces aspirations passées refont surface comme la marée ne cesse de regagner la rive : notre passé, depuis les premiers âges, est une source incommensurable d’inspiration qui forge les adultes que nous sommes. Même en panne d’inspiration, on peut toujours compter sur ce trésor inestimable qu’est l’enfance pour y trouver des pépites à exploiter, à développer, à magnifier. On grandit en pensant que les mondes ne se rencontrent jamais, que si l’on est scientifique, on ne sera jamais littéraire et vice-versa. On grandit en pensant que l’on ne peut être mystique et rationnel, poète et manuel, sensible et abrupt. Pourtant, ces univers se rejoignent en tout point et ne devraient jamais être séparés. La mise en mots initie implacablement la séparation des intentions et des émotions. La verbalisation est une étape qui prononce la fin de l’égocentrisme, du moi-noyau de la terre. Elle est vitale. Mais il est nécessaire que chacun s’évertue à reconquérir ce sentiment d’unité entre les choses et les idées, et cela passe souvent (me semble-t-il) par cette période de premier bilan de vie que font les hommes et femmes à l’approche de la trentaine. Où veux-je vivre? Quel style de vie me correspond le mieux? Est-ce que je veux fonder une famille ou continuer à explorer? Se poser ou être nomade dans sa tête? Quelles personnes m’influencent positivement? Quelles personnes doivent dégager? La trentaine est cash. La vingtaine est placée sous le signe de la découverte, de la recherche personnelle. Mais la trentaine c’est le premier vrai couperet qui tombe. C’est aussi la confiance gagnée avec les foirades cumulées de la vingtaine. Les premières « grandes » leçons de vie tirées. A 20 ans on croit, à 30 ans on sait. (On pense savoir!) En tout cas, à 30 ans, on ouvre sa gueule, on trace son territoire. Le premier voile des illusions a été levé. Les rides commencent à apparaître, à se creuser, mais on se sent délesté. Délesté du regard d’autrui, de son jugement, on n’y accorde presque plus d’importance. Notre flèche de feu se réveille, et on la pointe dans la direction souhaitée. Ce n’est plus de l’ordre catégorique et naïf de « je veux être écrivain, je veux être docteur ». L’identité n’est pas préalable à la construction, elle s’acquiert graduellement. A 30 ans on se demande davantage de quoi on a envie : « la mer? trois gosses? la campagne? un gosse? la ville? l’ovarectomie? » et on compose sur le tas, sachant que ce sont nos envies si particulières, si précises, qui vont faire de nos vies des vies uniques et originales.

Photos
Shems & Cassandra

Classy Kimono

It’s been a while! Enfin, l’été est là et je peux ressortir les robes légères, me jucher sur des talons vertigineux, et cultiver ma diaphanéité au vu et au su de tous! En effet, je ne bronze pas et ne préfère pas bronzer tant il y aurait du travail et tant bronzer me fait juste royalement chier. (Cela suppose des phases cramoisies, carmin, rubicond… sans façon! le rouge je l’aime dans mon verre!)

Voici un look efficace, élégant, mais pas guindé, autant pour se promener que pour sortir


Une robe volantée noire, fluide et légère, simple et chic, qui descend au niveau du genou, assortie d’un kimono vaporeux noir transparent aux imprimés floraux. J’ai chaussé mes sandales à bride motif serpent que j’adore. Le talon de 8 cm est absolument pratiquable partout (il est légèrement carré), et élance la silhouette.
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Côté bijoux, j’ai opté pour le gros bangle végétal de chez Artisans du monde que je trouve original et délicat! Jolie trouvaille!

Cette saison c’est l’occasion d’expérimenter des associations de tenue estivale à des hauts fluides et vaporeux mais qui sauront apporter toute l’originalité et le x factor du look.

Mon amour des kimonos remonte à plusieurs années, et je dois avouer que cette forme s’adapte à énormément de tenues : le combo kimono + jean est efficace et canon, mais robe fluide + kimono en jette tout autant et apporte ce côté chic décontracté qui fait si bien l’affaire en période estivale!

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Pour finir la tenue, un beau sac en cuir noir accompagné d’un pompom bordeaux. Le fourre-tout classe et pratique!

Niveau make-up, il est juste crucial de préciser que mon vernis rouge est le sublime rouge de Dior qui pète et qui transcende tout. J’ai remarqué que lorsque l’on porte du vernis rouge vif comme ça, les regards se portent sur les zones localisées (orteils et mains) et on se sent comme investie d’un pouvoir surnaturel! On pointe quelque chose du doigt et tout prend sens, tout prend feu! On se surprend à adopter des airs de diva plus souvent, y a pas à dire, le rouge possède vraiment un pouvoir à lui seul. Il augmente le taux d’excitation présent dans l’air. Il donne chaud, il cristallise l’attention et attise le désir.

Tenue

Robe, Pimkie
Kimono, H&M
Sandales, H&M
Sac, Asos
Bracelet Bangle, Artisans du Monde
Montre, Pierre Lannier
Bague, Claire’s
Vernis, Dior
Rouge à lèvres, Revlon

Bye Bye Childhood

J’aime me laisser gouverner par mes envies. Parfois mes meilleures décisions sont celles que je prends à l’instinct, sur l’instant. On a l’impression qu’elles découlent d’une incroyable spontanéité, mais c’est juste que le moteur se met en marche, après avoir longtemps macéré dans un liquide amniotique composé d’inspirations, de délices visuels et de désirs d’agir. Un jour, sans crier garde, le désir vous prend et il n’y a qu’une chose à faire : le matérialiser!

Cette après-midi de mai, je repensais à Irina Ionesco, et je me suis replongée dans les livres que je chéris tellement (parmi mes plus grands précieux) et qui sont très difficilement trouvables aujourd’hui ou excessivement chers. Je n’avais qu’à prendre exemple sur elle et construire mon petit temple façon studio décadent!

Le décor

J’ai rassemblé tous les tissus que je possédais : tulle blanc, satin noir, velours violet, coton de velours à brocarts… Et je les ai accrochés de façon négligée au mur. J’ai viré ma table, mes chaises, j’ai recouvert le canapé de velours et de satin, et j’ai disposé au centre mon petit fauteuil crapaud chéri.  Quelques lampes pour la lumière. Une lumière supplémentaire pour éclairer davantage le visage aurait été parfaite, mais techniquement ça allait être compliqué… Next time!

L’histoire

Une jeune Alice guidée par le lapin en peluche de son enfance quitte les doux rivages de l’âge tendre pour s’aventurer vers les contrées plus escarpées de l’âge adulte. Une poupée comme réplique miniature de son moi, et un rappel du Petit Poucet en arrière plan, elle se transforme en femme vénéneuse, pétrie de vanité, et d’érotisme mystique.
Plus bas, je développe les influences artistiques qui m’ont bercée ici.

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Tenue 

Robe, Crazyinlove
Escarpins, True Decadence, Asos
Perruque + Couronne, Amazon

Inspirations

Irina Ionesco
Gustave Doré, Le petit poucet
Blanche Neige et le Chasseur, Evil Queen
Vanités
Mylène Farmer, Plus Grandir
Alice aux Pays des Merveilles, le lapin blanc

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Renan Pollès, Vanité dans le style ancien

Anecdotes backstage 

Ne possédant pas de trépied adaptable à mon petit hybride, j’ai posé l’appareil photo… sur la litière du chat ! Parfaite car légèrement basse et me permettant  ainsi une petite contre-plongée qui agrandit le sujet, lui donne plus d’importance. Ensuite, c’est avec mon portable et la commande à distance que je prenais les photos! Bien pratique!
C’est aussi extrêmement pénible de faire une séance photo qui implique des couches de tissus accrochées de manière négligée et incertaine et… avoir un chat! Avant de pouvoir shooter dans de bonnes conditions, elle a détruit le décor 4 fois… puis a fini par se calmer, et on peut même l’apercevoir sur une photo… oops!

Red velvet

YAY un nouvel ootd! Avant de commencer la lecture détaillée des vêtements et accessoires, il faut évoquer la pièce-maîtresse, la source, le moteur du look!
Le point de départ de cette tenue c’était les bottines en velours bordeaux (une vraie obsession).

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A partir de là, on construit le look en remontant. J’avais envie d’une vague impression de continuité au niveau de la jambe, quelque chose d’un peu couture, et le seul élément que j’avais dans les tons bordeaux, c’était ces collants qu’on m’a donnés il y a des années de ça! Ca peut paraître étrange, mais ça fonctionne! Et puis, j’aime assez le mix de motifs, entre les losanges en bas et les pois en haut, let’s go! Lire la suite de « Red velvet »

Before the Party / 2017 L’Année Magique

A l’approche du réveillon, situé dans l’espace entre la préparation et le passage à 2017 se trouvent le rêve, l’attente, et introspection et bilans mis à part, les fantasmes projetés sur la nouvelle année.

J’aime l’idée des bilans pour sonner le glas d’une année écoulée et en entamer une autre, mais avant toute chose, je crois que je préfère la projection de rêves tous plus fous et réalistes les uns que les autres pour l’année à venir. Je crois en une forme de pensée magique, que plus on projette des choses belles et positives sur un lieu, une situation, une personne, plus ces choses sont à même de se réaliser. D’où la multiplication de synchronicités ou « d’actes magiques ». Lire la suite de « Before the Party / 2017 L’Année Magique »

Les Remparts Rouges

“Faire rêver les hommes est souvent le moyen le plus sûr de les tenir endormis – précisément parce que le rêve leur donne l’illusion d’être éveillés.” Gustave Thibon

Un lieu, une symbolique conformiste

Pour cette série de photos intitulée « Les Remparts Rouges » prise par Jim, je voulais trouver une belle maison du sud qui puisse avoir quelque chose d’hollywoodien dans le style (blanc, minimaliste, rappelant le désir conformiste du « white picket fence », symbole de réussite sociale aux USA). Ces photos ont été prises non loin des remparts de Perpignan, et pour moi les « Remparts Rouges » évoquent toute une symbolique très spéciale, faite de l’agrégat de plusieurs éléments esthétiques, cinématographiques et psychologiques.

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Le costume, un reflet des fantasmes
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Masculin / Féminin

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« Pour une femme, le smoking est un vêtement indispensable avec lequel elle se sentira continuellement à la mode car c’est un vêtement de style et non un vêtement de mode »
Yves Saint Laurent  

Rien que des basiques

Pour réussir un look masculin / féminin, il faut se munir de basiques. Du monochrome. Du pantalon de tailleur. Des escarpins. De la chemise blanche.

Tout l’effet désiré du chic androgyne réside dans le décalage des styles et dans le contraste monochromatique.

Personnellement, je trouve qu’un crop top en dentelle allié à un pantalon de tailleur a quelque chose d’immensément féminin, Lire la suite de « Masculin / Féminin »

Perpignan, Ville Art Déco / Romane / Régionaliste

A l’occasion de ce shooting, nous avons été inspirés par le superbe patrimoine architectural de Perpignan. Jim et moi sommes tous les deux originaires du 66, et re-découvrons maintenant à l’âge adulte, les superbes maisons et hôtels particuliers de la ville. Il n’y a rien de « tape à l’oeil » ici, aucune réelle cohérence, mais c’est ce qui rend la découverte de pépites encore plus excitante ! La maison devant laquelle nous avons pris ces photos est située avenue de la gare et n’est pas sans rappeler plusieurs influences : à la fois art déco aux formes épurées, art roman avec ses baies et ses balcons de brique rouge, et typiquement sudiste, avec ce côté légèrement hacienda bordée de palmiers. On sait aussi que l’utilisation de la brique et de la tuile est ici typiquement régionaliste et fait partie d’un imaginaire méditerranéen.

La tenue associée à la superbe villa Paynard est celle de la robe foulard, aux teintes noires, rouges, beiges, à motifs. Je souhaitais rester dans l’esprit hispanisant, Lire la suite de « Perpignan, Ville Art Déco / Romane / Régionaliste »