Quatre artistes qui mêlent désir, angoisses, mort & au-delà, quatre inspirations fondatrices

Au quotidien, une myriade d’images et de visions nous hantent, provoquent de réguliers cauchemars, stimulent notre imaginaire et forgent notre prisme de perception. Mon attrait pour les arts visuels a toujours été présent, même si je creuse cet intérêt seulement depuis que j’enseigne en filière artistique, comme si une retenue voire presque un tabou avait été levé par le devoir professionnel. A présent, j’ai l’impression de passer le plus clair de mon temps en quête d’inspirations visuelles, conceptuelles, à imaginer des compositions, à repérer les lumières, les ombres, les atmosphères, et tout ce qui évoque le monstrueux. J’ai décidé de faire une petite sélection, une tétralogie totalement subjective de ce qui a pu conditionner mon univers intérieur, même si nombre de mes articles aujourd’hui se veulent plus frivoles et consensuels peut-être, je n’oublie pas l’essence du blog qui est d’aller farfouiller au-delà du miroir… Lire la suite de « Quatre artistes qui mêlent désir, angoisses, mort & au-delà, quatre inspirations fondatrices »

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Visions of Fashion, Karl Lagerfeld

Cet été, je fus littéralement charmée par mon voyage en Italie. Et pour moi la surprise et le clou du séjour fut la visite du Palazzo Pitti et de l’exposition « Visions of Fashion » de Karl Lagerfeld. Cette expo fut un réel enchantement.

Tout d’abord, il y a cette grande salle blanche de style Renaissance, où flottent d’immenses photos de mannequins éclairées par un sublime lustre. Face à ces silhouettes longilignes qui se balancent au gré de la brise Lire la suite de « Visions of Fashion, Karl Lagerfeld »

Devenir Fantôme

////(les textes sans auteur identifié proviennent de mes carnets personnels)

« There’s a ghost of a dream that you don’t even try to shake free off because you’re too in love with the way she haunts you. » Kamila Shamsie, Kartography

L’absence de l’être aimé : rêve de fusion, distanciation du regard

« Mais c’est mon unique aspiration, m’acheminer jusqu’à la boîte de Pandore que tu gardes comme un îlot de solitude, et boire toute l’eau qui nous sépare, divulguer nos secrets à la lune, faire d’Hécate notre maîtresse, nager dans les bras d’une mer oubliée vêtus de désirs, fumer le doux opium de ton âme ancienne, dormir au creux d’une épaisse canopée, communiquer par tirades sibyllines, nous observer à travers des toiles adamantines, y percer nos peurs ancestrales, faire pousser de nouveaux sens nés du partage absolu, et recréer un univers à partir de nos fusions lunaires. »

La rêverie débute toujours par une absence. Lire la suite de « Devenir Fantôme »

Masculin / Féminin, un approfondissement

Le style Masculin / Féminin est une énigme. Il a tantôt provoqué, tantôt été admiré. Le pantalon issu du dress code masculin, a suscité de nombreuses réactions lorsque réapproprié par la gent féminine. Pratique, élégant, synonyme de pouvoir… Combiné au blazer ou encore à la chemise blanche, il fait partie de l’ensemble « powersuit », ensemble destiné à renverser le pouvoir et à l’injecter via la tenue notamment mis en exergue chez les working girls. Je dresse ici une brève rétrospective des noms marquants liés à l’émergence du style masculin adopté par les femmes, et des contextes et codes qu’il sous-tendait.

A l’origine : guerres et ascension de Coco Chanel

Dés la première guerre mondiale, les femmes ont été réquisitionnées en tant que nouvelle main d’oeuvre. Il fallait des tenues pratiques, des tenues d’hommes. Le pantalon adopté par les femmes est apparu à ce moment là, mais n’a réellement été démocratisé que quelques années plus tard avec Coco Chanel. Cette avant-gardiste du style piochait allègrement dans les armoires de ses amants, Lire la suite de « Masculin / Féminin, un approfondissement »

From Misfit to Fatale

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“Si la littérature n’est pas pour le lecteur un répertoire de femmes fatales et de créatures de perdition, elle ne vaut pas qu’on s’en occupe.”
Julien Gracq 

De l’antiquité jusqu’à American Horror Story, les misfits, les exclus, les rejets de la société ont toujours été représentés. Qu’il s’agisse de Lilith, de Médée, de Médusa dans la Bible ou la mythologie, ces personnages couvaient un secret, ne pouvaient entrer dans le moule et refusèrent d’être inféodés aux hommes. Mais aujourd’hui ces personnages si controversés sont devenus de véritables antihéroïnes admirées et adulées par le plus grand nombre.

Tim Burton a consacré son œuvre aux outcasts, représentant sans cesse leur différence par l’utilisation d’un locus précis (le Château gothique d’Edward aux mains d’argent surplombant la ville bariolée de Suburbia), d’outils de contraste (couleurs vives versus noir), de tropes et d’archétypes (la demoiselle en détresse, la tentatrice, le savant fou…) qui ont réellement contribué à glorifier la « différence » en devenant un référent populaire aimé par les masses. Autre exemple de l’évolution très positive du Misfit : American Horror Story encense les exclus dans chacune de ses saisons un peu plus (Freak Show incarnant une forme d’apogée laudative du rebut de la société), on assiste vraisemblablement à la démocratisation des icônes marginalisées, en passant par la production de masse d’objets ou de vêtements qui il y a 30 ans symbolisaient un réel choix politique, une marginalisation qui à présent est devenue ‘mainstream’ !

La Femme Fatale, l’icône du misfit

Si l’on croise l’archétype du Misfit avec celui de la Femme Fatale, on peut trouver de nombreuses ressemblances. La Femme Fatale pourrait être une sirène, une vampiresse, une veuve noire, une fée… Elle est mue par des motifs qui lui sont propres, qu’elle ne révélera sous aucun prétexte. Elle attire les proies dans sa toile d’ araignée venimeuse et enchaîne les victimes, étant elle-même victime de son insatiabilité. Lire la suite de « From Misfit to Fatale »