Architecture + Fashion = SELF CONFIDENCE

Quels sont les liens entre la mode et l’architecture? Ces deux entités sont intimement liées, constamment entrelacées, empruntant à l’une comme à l’autre, véhiculant avant tout une émotion, un sentiment, un désir fort : identitaire, social, communautaire, idéique.

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La mode et l’architecture ont pour premier point commun évident d’abriter l’humain et de le protéger. Toutes deux sont le reflet d’une pensée, d’un souhait conscient.

La première différence sautant aux yeux est que l’architecture oeuvre pour le collectif alors que la mode met au centre de son intérêt l’individu.

Ce que j’aime dans l’étude de ces deux sujets, c’est à quel point tous deux sont une métaphore de notre moi secret, un amplificateur de nos désirs les plus profonds, un miroir tourné vers l’intérieur qui reflète à l’univers tout entier ce qui nous anime sincèrement. Le vêtement peut être considéré comme une deuxième peau, absolument au même titre que l’architecture, juste une deuxième peau plus globale, plus collective, abritant encore plus d’individualités distinctes.

La mode est un outil de sociabilisation, et l’architecture est un outil de séparation, où des espaces privés sont crées et permettent de délimiter le monde tel qu’il est. La mode est un cycle qui se répète, les tendances sont éphémères, alors que les bâtiments sont là pour rester et s’ancrent dans la terre, dans le paysage physique, social et émotionnel qui nous entoure.

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Mais la plus belle contradiction de la mode et de l’architecture est que bien qu’elles bâtissent des murs, des fossés voire entre les individus (fossés culturels, sociaux), elles contribuent aussi à faire tomber les barrières. A travers le choix artistique, conscient de ses vêtements ou le choix de l’architecte choisi pour la construction d’un nouveau bâtiment, l’on projète nos sentiments et émotions qui peuvent toucher d’autres individus ou groupes d’individus. On détruit ainsi la distance instaurée entre soi-même et le spectateur, et crée une nouvelle connexion avec ce dernier.

Un de mes monuments préférés à Bressuire est le théâtre avec son choix de couleurs puissantes, tranchantes, fortes, et ses formes oscillant entre minimalisme et sensualisme. Le contraste avec le ciel bleu d’été est d’autant plus vif!

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Ce lieu incarne l’élévation culturelle et spirituelle tout en restant très central, très ancré dans la ville, présent, imposant.

A travers ma tenue, j’ai voulu jouer avec ces deux notions : minimalisme et sensualisme. Pour moi la tenue typique de la working girl se situe à mi-chemin entre ces deux mondes. Elle évoque le pouvoir mais aussi la féminité, la sensualité. Le similicuir flatte les courbes, colle à la peau, reflète le soleil puissant, et la chemise tel un voilage fin permet un contraste dynamique avec le tissu lourd de la jupe crayon. Les escarpins rose gold « tout terrain » font partie d’un mythe érotique assez présent dans le domaine du travail. Le talon, symbole de pouvoir, de puissance phallique porté par la femme active, fait monstration de la capacité féminine à dominer le monde masculin, à s’engager dans une danse périlleuse avec l’attribut mâle, mais toujours à le maîtriser. Il la met en valeur, il flatte sa silhouette, mais c’est elle qui garde le pouvoir sur la situation.

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Le cuir est évidemment intimement lié au monde du SM, à cette idée omniprésente de la domination, tout en douceur (voilage rosé de la chemise), subtilité (bijoux fins, discrets), féminité (rouge?).

Et si l’on fait la somme de ce que je porte ici, cela se résume à trois pièces (+ accessoires), dont deux plutôt fortes, mais tellement adoptées par le monde du travail qu’elles en sont devenues presque simples, voire minimalistes.

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Même si nous ne sommes pas experts, qu’on ne nous a pas encore décernés des prix, que l’on n’est pas « officiellement » reconnus par nos pairs et nos supérieurs, j’aime l’adage américain qui dit « Fake it until you make it ». C’est totalement le propos du film Working Girl d’ailleurs! C’est en résumé la loi de l’attraction. Et on attire à soi ce que l’on projète. Si je projète confiance, respect, élégance, richesse, j’attirerai à moi tout ceci. Et c’est bien le but des vêtements! Nous permettre d’endosser des rôles, entrer dans des personnages et nous apporter la confiance nécessaire pour faire ce que nous souhaitons faire dans la vie. J’aime le rapprochement avec l’architecture, car le bâtiment reste là, fier, planté, implacable et irrévocablement présent. Oui il abrite, oui il reflète. Mais surtout, il EST là. Et on ne pourra pas l’ignorer, l’éviter, nos yeux se poseront sur lui, et tous nos autres sens se frotteront à cette nouvelle présence. L’architecture en ce sens m’inspire à oser davantage, à assumer mes choix, et à attirer à moi les gens qui se reconnaîtront dans ma vision, dans mes goûts. Car la mode reflète notre vision la plus intime, la plus secrète et personnelle du monde. Et tant mieux! Qu’elle la reflète! Je ne demande que ça!

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J’ai souvent pensé que parce que je n’avais pas une assez grande expérience accompagnée d’une reconnaissance réelle, j’étais indigne de l’intérêt d’autrui. C’est terrible le censeur que nous couvons tous en nous. J’ai lu cette phrase géniale d’Austin Kleon qui disait « wear your amateurism on your sleeve, amateurism is passion ». Même si ne nous sommes pas des experts, que nous n’avons pas la dernière formation en vogue, ce qui compte c’est terriblement cliché, mais terriblement vrai de le re-préciser :  c’est la passion, le désir de se diversifier, de faire les myriades de choses que l’on aime faire, même si elles ne sont pas étiquettables, casables, identifiables. Cette idée qui règne surtout en France que si on n’a pas les titres on n’est rien, on ne mérite pas de s’exprimer, ni d’être entendu, est infiniment stérile et frustrante. C’est de l’avortement créatif, du suicide de rêves. Je suis heureuse de voir des personnalités émerger « out of the blue » à présent, des personnalités qui proposent une vision, des penseurs, des esprits uniques qui finissent par exprimer leur voix, et pouvoir même en vivre.

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Photos
Pierre

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Balenciaga, l’oeuvre au noir

Le lieu

Le choix du Musée Bourdelle provoque un vrai dialogue entre les créations de Balenciaga et les statues de Bourdelle, offrant des contrastes dramatiques et toute la dimension épique et tragique que méritent les robes du créateur. Lire la suite de « Balenciaga, l’oeuvre au noir »

Soldier Freak [Street Style]

Pour l’intitulé de ce look, je n’arrivais pas à choisir entre l’évocation du petit soldat en bois et le performer de cirque au temps des Freaks (rappelons le, et Diane Arbus le disait si bien « Most people go through life dreading they’ll have a traumatic experience. Freaks were born with their trauma. They’ve already passed their test in life. They’re aristocrats. ») alors j’ai tout simplement choisi les deux! Lire la suite de « Soldier Freak [Street Style] »

Collioure, berceau artistique

Inspiration pour Matisse, Picasso, Dali, Maillol ou encore Mucha et certaines théories fantasques et intéressantes (le clocher de Collioure serait hermaphrodite), Collioure est un puissant vivier esthétique et artistique.

 

 

 


Ce qui interpelle ici, ce sont les couleurs chatoyantes des maisons, des portes et des volets qui se mêlent harmonieusement au bleu de la mer allée avec le soleil, définition rimbaldienne de l’éternité. Il y a définitivement quelque chose de Lire la suite de « Collioure, berceau artistique »

MTP / MJ

Pour cet article, j’avais envie de rendre hommage à un de mes aliens préférés, Michael Jackson! Ces photos ont été prises cet été à la nouvelle mairie d’Antigone à Montpellier par mon amie Elsa. (cette nouvelle mairie est assez dingue, vertigineuse, pleine de lumière et permet les jeux optiques! j’adore!)

(je ne sais pas comment j’ai fait pour bondir aussi haut sur la première!)

Inspirations 

Ce look est vraiment simple, mais la pièce maîtresse, ce sont ici les chaussures! J’ai déniché ces derbies à Milan, ce sont des cult shoes, très résistantes et ultra originales. Lire la suite de « MTP / MJ »

Le Contre-article Beauté avec 3 mois de retard

Bon déjà bronzer ça me fait chier. Faire du sport pour perdre du poids, me faire un fessier callipyge instagramable sur fond de voilier, j’ai la flemme.

Au delà de tout ça, -et je ne remets pas en cause la valeur de ces raisons- j’en ai marre que tous les étés on me lobotomise avec les squats, le bronzage, les crèmes contre le lard, le mou, les vergetures.

Qui est ce on? Oui, les magazines, oui les publicités.
Mais en fait, je les regarde quasi jamais. C’est plus mon feed instagram, facebook qui finit par me fatiguer. Pas les gens. Mais les photos de leurs activités. De leurs bouts de corps qui seraient potentiellement photographiables (cf les cuisses saucisses / les fesses abricot / les boobs et les bouches cerise). Je suis comme tout le monde, ça me fait rêver jusqu’à ce que ça me fasse sincèrement profondément chier. Pour plusieurs raisons. Lire la suite de « Le Contre-article Beauté avec 3 mois de retard »

Devenir Fantôme

////(les textes sans auteur identifié proviennent de mes carnets personnels)

« There’s a ghost of a dream that you don’t even try to shake free off because you’re too in love with the way she haunts you. » Kamila Shamsie, Kartography

L’absence de l’être aimé : rêve de fusion, distanciation du regard

« Mais c’est mon unique aspiration, m’acheminer jusqu’à la boîte de Pandore que tu gardes comme un îlot de solitude, et boire toute l’eau qui nous sépare, divulguer nos secrets à la lune, faire d’Hécate notre maîtresse, nager dans les bras d’une mer oubliée vêtus de désirs, fumer le doux opium de ton âme ancienne, dormir au creux d’une épaisse canopée, communiquer par tirades sibyllines, nous observer à travers des toiles adamantines, y percer nos peurs ancestrales, faire pousser de nouveaux sens nés du partage absolu, et recréer un univers à partir de nos fusions lunaires. »

La rêverie débute toujours par une absence. Lire la suite de « Devenir Fantôme »

Soieries florales

Pour ce shooting avec ma talentueuse amie Elsa, nous sommes allées au Grand Travers faire virevolter nos jupes légères!

WOOP

Cette jupe a une histoire, je l’ai trouvée lors de mon voyage à Florence en Italie dans une petite boutique vintage absolument merveilleuse : Lady Jane B! Je recommande absolument cette pépite, et sa propriétaire est tout aussi délicieuse que les pièces originales et sublimes qu’elle vend!

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C’est simple, Florence n’a été qu’une succession d’évidences : tout, absolument tout, y était parfait, sublime, raffiné… Qu’il s’agisse d’art, de sculpture, de mode, de cosmétique, de gastronomie et de bons vins… J’ai été séduite par la ville, et je remporte avec moi quelques parfums floraux et cette merveilleuse jupe qui ressemble à une tapisserie florentine à la coupe des jupes corolles des années 50… Lorsque je l’ai vue dans la vitrine, c’était comme une évidence, le « colpo di fulmine » 😉

Merci à Elsa pour les photos, la créativité et les gifs!

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 Rapide histoire du motif floral en Europe

Importé depuis la Chine, le motif floral s’est réellement imposé en Europe comme un signe de richesse autour du XIV et XVè siècles. Les villes italiennes raffolaient des pans floraux de velours tout droit venus de l’Empire Ottoman.

Avec la révolution industrielle, le motif floral a réellement « explosé » outre manche, l’Angleterre connut l’apogée du tissu liberty autour du XIXè siècle.

Cette jupe pour moi correspondrait davantage au design de William Morris, célèbre penseur préraphaëlite :

Et au design de certaines fleurs de natures mortes du XVIIè, avec ce fond noir comminatoire et ces gros pétales flamboyants ouverts perdant progressivement de leur superbe…

Détail d’un tableau de Jan van Huysum
Natures mortes de Willem van Aelst

Ouverture

J’aimerais faire une ouverture artistique vers celle qui photographie à mon sens le mieux les femmes et les fleurs : Kirsty Mitchell. Ses photos sont inspirées d’atmosphères de contes de fées, regorgent de brumes mystérieuses et reprennent le code préraphaëlite du langage des fleurs. Chaque fleur a une signification bien précise, et permet de faire passer des messages subtils sans les verbaliser…

Les Remparts Rouges

“Faire rêver les hommes est souvent le moyen le plus sûr de les tenir endormis – précisément parce que le rêve leur donne l’illusion d’être éveillés.” Gustave Thibon

Un lieu, une symbolique conformiste

Pour cette série de photos intitulée « Les Remparts Rouges » prise par Jim, je voulais trouver une belle maison du sud qui puisse avoir quelque chose d’hollywoodien dans le style (blanc, minimaliste, rappelant le désir conformiste du « white picket fence », symbole de réussite sociale aux USA). Ces photos ont été prises non loin des remparts de Perpignan, et pour moi les « Remparts Rouges » évoquent toute une symbolique très spéciale, faite de l’agrégat de plusieurs éléments esthétiques, cinématographiques et psychologiques.

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Le costume, un reflet des fantasmes
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La Femme des 50s : l’incomplète silencieuse

Si en tant qu’épouse, elle n’est pas un individu complet, elle le devient en tant que mère : l’enfant est sa joie et sa justification.
Le Deuxième Sexe (1949), Simone de Beauvoir

Un malaise passé sous silence

On assiste dans les 50s à l’émergence de la seconde vague féministe. En France, Simone de Beauvoir ouvre la voie aux multiples combats de la femme, aux USA c’est Betty Friedan qui crève l’abcès en 1963 avec The Feminine Mystique, la femme et son « problem that has no name », ou la mystification du malaise féminin dans la société. Soumise à la très forte injonction sociale de se marier et de procréer pour devenir un individu complet, de plus en plus de femmes ressentent un mal-être que personne n’avait encore jamais vraiment démystifié.

Friedan ose mettre des mots sur cette crise profonde que vit la ménagère des 50s. Sa comparaison est extrême, mais peut-être contribue-t-elle à éveiller enfin les consciences :

« Il n’est que temps de comprendre que l’état de ménagère à lui seul crée chez les femmes un sentiment de vide, de non-existence, de néant. (…) Il n’est pas exagéré d »affirmer que la femme qui s’adapte au rôle de ménagère, qui grandit dans la seule ambition de n’être « qu’une ménagère », court le même danger que ceux qui par millions entrèrent dans les camps de concentration pour y trouver la mort – et que ceux qui, par millions, refusèrent de croire à l’existence de ces mêmes camps. » Lire la suite de « La Femme des 50s : l’incomplète silencieuse »