Balenciaga, l’oeuvre au noir

Le lieu

Le choix du Musée Bourdelle provoque un vrai dialogue entre les créations de Balenciaga et les statues de Bourdelle, offrant des contrastes dramatiques et toute la dimension épique et tragique que méritent les robes du créateur.

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Le style Balenciaga

Rappelant l’Espagne traditionnelle et son folklore, l’utilisation du noir chez Balenciaga explore toutes les nuances et les lumières de cette couleur mystique. Couturier acharné, il n’a jamais cédé au chant des sirènes américaines et de leurs machines. Adepte des coupes dramatiques, il accompagne, structure et accentue la carrure et la silhouette féminine. Laissant souvent un pan de crêpe voguer au vent, l’effet obtenu sur un corps en mouvement en est cinématographique. Les manches melons, le taffetas chiffonné et boursouflé donnent un résultat plein de volume et confèrent au modèle un charisme unique, digne d’une Cruella d’Enfer.

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Lumières et Transparences

Plis et déchiquetures permettent de créer des jeux d’ombre et de lumière et d’accentuer encore davantage le caractère graphique des tenues. La profondeur du velours, la brillance du satin et du taffetas provoquent de saisissants contrastes qui font du noir une couleur si intense, plurielle et riche qui frise parfois la coruscation : le ruissellement des sequins noirs sur les robes droites éblouissent et font oublier l’existence d’autres couleurs sur le spectre. Le noir se fait charme puissant et implacable envoûtement des sens. L’oeuvre au noir, la dernière étape alchimique, est alors un succès…

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La scénographie

Instaurer un dialogue entre les sculptures et les robes permet de mettre en lumière tout ce qu’il y a de plus graphique, architectural, dramatique et majestueux dans les créations de Balenciaga. Les robes sont tantôt mêlées aux gigantesques statues, tantôt dissimulées dans la discrétion d’isoloirs les protégeant du soleil. Soulever le rideau pour apercevoir la ligne de la robe, les plis et les contours tient de l’expérience esthétique, sensorielle et même érotique. Ce charme du voilé-dévoilé opère à merveille, et enflamme l’imagination en la pimentant d’un goût de revenez-y.

Le clou du spectacle est à découvrir au sous-sol du musée, dans une immense pièce où les ombres semblent danser, et les robes parler entre elles ou faire monstration de leur charme infini dans des one-dress-shows! Sous un éclairage théâtral, la magnificence des étoffes se déploie sous nos yeux, nous invitant à pénétrer dans un royaume pétri de mystères, aux lignes rigoureuses, comme découpées par la lumière…

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Soldier Freak [Street Style]

Pour l’intitulé de ce look, je n’arrivais pas à choisir entre l’évocation du petit soldat en bois et le performer de cirque au temps des Freaks (rappelons le, et Diane Arbus le disait si bien « Most people go through life dreading they’ll have a traumatic experience. Freaks were born with their trauma. They’ve already passed their test in life. They’re aristocrats. ») alors j’ai tout simplement choisi les deux! Lire la suite de « Soldier Freak [Street Style] »

Collioure, berceau artistique

Inspiration pour Matisse, Picasso, Dali, Maillol ou encore Mucha et certaines théories fantasques et intéressantes (le clocher de Collioure serait hermaphrodite), Collioure est un puissant vivier esthétique et artistique.


Ce qui interpelle ici, ce sont les couleurs chatoyantes des maisons, des portes et des volets qui se mêlent harmonieusement au bleu de la mer allée avec le soleil, définition rimbaldienne de l’éternité. Il y a définitivement quelque chose de Lire la suite de « Collioure, berceau artistique »

MTP / MJ

Pour cet article, j’avais envie de rendre hommage à un de mes aliens préférés, Michael Jackson! Ces photos ont été prises cet été à la nouvelle mairie d’Antigone à Montpellier par mon amie Elsa. (cette nouvelle mairie est assez dingue, vertigineuse, pleine de lumière et permet les jeux optiques! j’adore!)

(je ne sais pas comment j’ai fait pour bondir aussi haut sur la première!)

Inspirations 

Ce look est vraiment simple, mais la pièce maîtresse, ce sont ici les chaussures! J’ai déniché ces derbies à Milan, ce sont des cult shoes, très résistantes et ultra originales. Lire la suite de « MTP / MJ »

Le Contre-article Beauté avec 3 mois de retard

Bon déjà bronzer ça me fait chier. Faire du sport pour perdre du poids, me faire un fessier callipyge instagramable sur fond de voilier, j’ai la flemme.

Au delà de tout ça, -et je ne remets pas en cause la valeur de ces raisons- j’en ai marre que tous les étés on me lobotomise avec les squats, le bronzage, les crèmes contre le lard, le mou, les vergetures.

Qui est ce on? Oui, les magazines, oui les publicités.
Mais en fait, je les regarde quasi jamais. C’est plus mon feed instagram, facebook qui finit par me fatiguer. Pas les gens. Mais les photos de leurs activités. De leurs bouts de corps qui seraient potentiellement photographiables (cf les cuisses saucisses / les fesses abricot / les boobs et les bouches cerise). Je suis comme tout le monde, ça me fait rêver jusqu’à ce que ça me fasse sincèrement profondément chier. Pour plusieurs raisons. Lire la suite de « Le Contre-article Beauté avec 3 mois de retard »

Devenir Fantôme

////(les textes sans auteur identifié proviennent de mes carnets personnels)

« There’s a ghost of a dream that you don’t even try to shake free off because you’re too in love with the way she haunts you. » Kamila Shamsie, Kartography

L’absence de l’être aimé : rêve de fusion, distanciation du regard

« Mais c’est mon unique aspiration, m’acheminer jusqu’à la boîte de Pandore que tu gardes comme un îlot de solitude, et boire toute l’eau qui nous sépare, divulguer nos secrets à la lune, faire d’Hécate notre maîtresse, nager dans les bras d’une mer oubliée vêtus de désirs, fumer le doux opium de ton âme ancienne, dormir au creux d’une épaisse canopée, communiquer par tirades sibyllines, nous observer à travers des toiles adamantines, y percer nos peurs ancestrales, faire pousser de nouveaux sens nés du partage absolu, et recréer un univers à partir de nos fusions lunaires. »

La rêverie débute toujours par une absence. Lire la suite de « Devenir Fantôme »

Soieries florales

Pour ce shooting avec ma talentueuse amie Elsa, nous sommes allées au Grand Travers faire virevolter nos jupes légères!

WOOP

Cette jupe a une histoire, je l’ai trouvée lors de mon voyage à Florence en Italie dans une petite boutique vintage absolument merveilleuse : Lady Jane B! Je recommande absolument cette pépite, et sa propriétaire est tout aussi délicieuse que les pièces originales et sublimes qu’elle vend!

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C’est simple, Florence n’a été qu’une succession d’évidences : tout, absolument tout, y était parfait, sublime, raffiné… Qu’il s’agisse d’art, de sculpture, de mode, de cosmétique, de gastronomie et de bons vins… J’ai été séduite par la ville, et je remporte avec moi quelques parfums floraux et cette merveilleuse jupe qui ressemble à une tapisserie florentine à la coupe des jupes corolles des années 50… Lorsque je l’ai vue dans la vitrine, c’était comme une évidence, le « colpo di fulmine » 😉

Merci à Elsa pour les photos, la créativité et les gifs!

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 Rapide histoire du motif floral en Europe

Importé depuis la Chine, le motif floral s’est réellement imposé en Europe comme un signe de richesse autour du XIV et XVè siècles. Les villes italiennes raffolaient des pans floraux de velours tout droit venus de l’Empire Ottoman.

Avec la révolution industrielle, le motif floral a réellement « explosé » outre manche, l’Angleterre connut l’apogée du tissu liberty autour du XIXè siècle.

Cette jupe pour moi correspondrait davantage au design de William Morris, célèbre penseur préraphaëlite :

Et au design de certaines fleurs de natures mortes du XVIIè, avec ce fond noir comminatoire et ces gros pétales flamboyants ouverts perdant progressivement de leur superbe…

Détail d’un tableau de Jan van Huysum
Natures mortes de Willem van Aelst

Ouverture

J’aimerais faire une ouverture artistique vers celle qui photographie à mon sens le mieux les femmes et les fleurs : Kirsty Mitchell. Ses photos sont inspirées d’atmosphères de contes de fées, regorgent de brumes mystérieuses et reprennent le code préraphaëlite du langage des fleurs. Chaque fleur a une signification bien précise, et permet de faire passer des messages subtils sans les verbaliser…

Les Remparts Rouges

“Faire rêver les hommes est souvent le moyen le plus sûr de les tenir endormis – précisément parce que le rêve leur donne l’illusion d’être éveillés.” Gustave Thibon

Un lieu, une symbolique conformiste

Pour cette série de photos intitulée « Les Remparts Rouges » prise par Jim, je voulais trouver une belle maison du sud qui puisse avoir quelque chose d’hollywoodien dans le style (blanc, minimaliste, rappelant le désir conformiste du « white picket fence », symbole de réussite sociale aux USA). Ces photos ont été prises non loin des remparts de Perpignan, et pour moi les « Remparts Rouges » évoquent toute une symbolique très spéciale, faite de l’agrégat de plusieurs éléments esthétiques, cinématographiques et psychologiques.

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Le costume, un reflet des fantasmes
Lire la suite de « Les Remparts Rouges »

La Femme des 50s : l’incomplète silencieuse

Si en tant qu’épouse, elle n’est pas un individu complet, elle le devient en tant que mère : l’enfant est sa joie et sa justification.
Le Deuxième Sexe (1949), Simone de Beauvoir

Un malaise passé sous silence

On assiste dans les 50s à l’émergence de la seconde vague féministe. En France, Simone de Beauvoir ouvre la voie aux multiples combats de la femme, aux USA c’est Betty Friedan qui crève l’abcès en 1963 avec The Feminine Mystique, la femme et son « problem that has no name », ou la mystification du malaise féminin dans la société. Soumise à la très forte injonction sociale de se marier et de procréer pour devenir un individu complet, de plus en plus de femmes ressentent un mal-être que personne n’avait encore jamais vraiment démystifié.

Friedan ose mettre des mots sur cette crise profonde que vit la ménagère des 50s. Sa comparaison est extrême, mais peut-être contribue-t-elle à éveiller enfin les consciences :

« Il n’est que temps de comprendre que l’état de ménagère à lui seul crée chez les femmes un sentiment de vide, de non-existence, de néant. (…) Il n’est pas exagéré d »affirmer que la femme qui s’adapte au rôle de ménagère, qui grandit dans la seule ambition de n’être « qu’une ménagère », court le même danger que ceux qui par millions entrèrent dans les camps de concentration pour y trouver la mort – et que ceux qui, par millions, refusèrent de croire à l’existence de ces mêmes camps. » Lire la suite de « La Femme des 50s : l’incomplète silencieuse »

Garage Art Déco / Pinup Rétro

Pour commencer cette série sur les 50s, Jim et moi avons choisi une localisation quelque peu étonnante dans un quartier proche (Vernet) de Perpignan. Cette première série est consacrée purement à la mode, aux couleurs, aux superbes compositions graphiques de Jim, mais il n’y aura pas de commentaire social ou satirique… pas encore ! Une deuxième série va suivre et je ferai un point sur les auteurs importantes (pour moi) des 50s ainsi que sur quelques poétesses que je chéris particulièrement aux parcours de vie assez complexes…

En attendant, voici les premières images de notre remontée dans le temps !

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Le lieu : à l’image des 50s

Le garage art déco un peu vieillot et le rose cuisse de nymphe de la porte alliés à la lumière de fin d’après-midi nous ont permis de jouer avec l’ombre et le soleil et de donner un rendu très doux, dans l’esprit pastel et tout simplement Fifties !

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La pièce maîtresse

J’aime composer mes looks en partant d’une pièce maîtresse, dont le reste de la tenue découlera tout naturellement. Il peut s’agir d’un vêtement ou même d’un simple accessoire, mais à partir de cette pièce, le reste n’est que composition d’un tableau dont on se veut le maître ! La pièce maîtresse et moi avons une histoire bien particulière : il s’agit de la jupe, qui n’est autre que la jupe de ma grand-mère née au début des années 20. Jupe qu’elle portait donc dans les années 40/50… Elle est en excellent état, s’attache avec des sortes d’agrafes, et le tissu est doublé, un peu lourd mais fluide. A partir de la jupe, qui a été pour moi comme un cadeau précieux hérité de ma famille paternelle, j’y ai ajouté un tout simple chemisier rouge pour rappeler le rouge ardent des roses, une paire de chaussures à talon vertigineux et puis la paire de lunettes « Lolita » qui me rappelle tellement l’époque d’American Graffiti, avec ce petit clin d’oeil Nabokovien… Quant à la coiffure, simple mais efficace, chignon/bun et petit nœud dans les cheveux.

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Tenue

Jupe des années 50 Riechers & Fils – Chemise Pimkie – Sandales Mango – Lunettes Amazon

« Des femmes-fleurs, aux épaules douces, aux bustes épanouis, aux tailles fines comme des lianes et aux jupes larges comme des corolles » (Christian Dior) 

Nous sommes vers la fin des années 40. A cette époque tout juste post-guerre, on éprouve le désir de marquer la féminité, et d’en finir avec le style « pratique » et masculin de Coco Chanel. L’oeil mâle est en manque de courbes, a t-il besoin de réconfort sensuel et maternel après le second trauma de WWII? A bas l’uniforme de travail, on redonne à la femme sa « féminité égarée ». L’euphorie regagne le pays, et on souhaite se démarquer de l’androgynie propre aux années 20 (robe tube, cheveux courts « bob »…). Les vêtements sont très cintrés, resserrés à la taille par une ceinture. Christian Dior lance le style « newlook » vers la fin des années 40. La taille doit être fine, les épaules petites et rondes, les hanches marquées par des jupes amples, fluides et juponnantes. La silhouette en vogue c’est le fameux sablier : seins/taille/hanche mis en avant. On sent ici un léger revival de l’époque 1900, où les courbes de la femme étaient flattées, amplifiées par le port de vêtements étriqués en haut (corset…) et volumineux en bas, que l’on retrouve avec les jupes « corolle » très à la mode dans les 50s.

Influences

Sue Lyon et sa paire de lunettes Coeur dans Lolita, roman de Nabokov adapté par Kubrick,
Marilyn Monroe et sa tenue rouge vibrante,
Lauren Bacall et sa robe corolle,
Sophia Loren et ses courbes incroyables,
Grace Kelly dans La main au collet de Hitchcock,
Le style newlook par Christian Dior,
Yves-Saint Laurent pour Christian Dior en 1950 (robe noire à fleurs rouges)